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20/07/2008

Moby, une image à contre-courant

96c6874bb3055ba8d5ac43a25cbd50fd.jpgLa perception que le public a de l'artiste américain est-elle vraiment la bonne ?

WERCHTER Quand on tend son micro sous la bouche de Richard Melville Hall, alias Moby, le geste se fait rapidement plus lâche tant le tour que prend l'interview vire à la conversation. Et la première question, d'habitude usuelle, influence toute la suite. Rencontre avec le New-Yorkais qui tient à casser son image.

Bonjour, comment allez-vous ?

"Je souffre des pires insomnies. Cela arrive quand je voyage trop. Les quatre derniers jours, je n'ai pas trouvé le sommeil, j'ai dû dormir cinq heures. J'essaie quelques médicaments. Je me sens un peu comme Martin Sheen dans Apocalypse Now. Vous voyez quand il devient dingue dans sa chambre d'hôtel... C'est un peu comme être sous l'influence de drogue sans prendre de drogue."

Ces insomnies sont une des raisons qui font que vous essayez de davantage jouer à New York ?

"J'ai commencé un groupe de rock avec quelques amis à New York, j'en retire beaucoup d'amusement. Tu peux jouer avec lui, faire le dj, te bourrer la gueule et dormir dans ton propre lit. À New York, je ne souffre pas d'insomnies mais quand je voyage je ne dors pas."

Vous ne faites pas le pire job du monde, non plus ?

"Non, j'en connais des pires. Mais je ne me plains pas. Mais bon, mon cerveau est en miettes. Particulièrement pendant les interviews où on me pose des questions intéressantes et je n'ai rien à dire."

Ce genre d'expérience peut vous inspirer musicalement ?

"Cela se pourrait. Il y a quelques années mon album Hotel à quelque part été influencé par mes pérégrinations."

Last Night, votre dernier album, est inspiré par la vie en boîte.

"Oui, c'est une nuit à New York - ou plutôt dans mon quartier de South Side - condensé en 65 minutes."

Une bonne soirée, manifestement. Il en existe aussi des mauvaises.

"Oui, je déteste dire ça, mais quand tu bois assez toutes les soirées seront bonnes. Spécialement à New York où les choses sont si proches. Si tu es à une soirée nulle, tu tournes le coin et tu vas à une autre."

Jamais de blackout ?

"C'est pour ça que c'est amusant d'avoir des amis."

Ils peuvent mentir et raconter n'importe quoi.

"Je suis de toute façon gêné. Même quand je rentre à la maison par mes propres moyens, je suis honteux."

Vous vous souvenez de votre première expérience dans un nightclub ?

"Ma mère quand elle m'élevait sortait avec un guitariste d'un groupe de country si bien que la première fois que j'ai été dans un nightclub, j'avais neuf ans. Mais je me suis senti fatigué après un moment et j'ai été dormir dans la voiture. Ma première expérience nightclub comme adulte, c'était quand j'avais quatorze ou quinze ans, il y avait un groupe de punk de Los Angeles Fear qui jouait à New York. C'était si bien."

Vous vous souvenez quand vous avez commencé à boire ?

"J'ai commencé à boire et à prendre des drogues à dix ans, puis j'ai arrêté à quatorze jusqu'à mes vingt-et-un avant de recommencer. Et maintenant, comme tout le monde, je bois trop."

Cette image est loin de l'impression que vous donnez au public. Celui-ci se tromperait-il sur vous ?

"Le public ne se trompe jamais. Mais la perception que les gens ont de moi, c'est celle d'une personne sérieuse, qui ne boit pas. Ce n'est pas vraiment moi."

Comment expliquez-vous cette différence ?

"Quand j'ai commencé à faire des disques, je ne buvais pas, je ne sortais pas, j'étais une personne très sérieuse. Avec le temps qui est passé, je me suis détendu."

Basile Vellut

15:35 Publié dans Werchter | Lien permanent | Commentaires (0)

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