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20/07/2008

Zouk et reggae après le rap

Seconde soirée bien chargée à Couleur Café


BRUXELLES Entre 20.000 et 25.000 personnes vendredi, malgré des températures très basses pour la saison. Samedi, les organisateurs estimaient l’affluence à plus de 25.000. Quoi qu’on en dise et en attendant les concerts de ce dimanche soir, l’édition 2008 de Couleur Café est déjà un grand cru.

Les choses ont démarré gentiment vers 16 h 30 avec, sous le plus petit des trois chapiteaux, Osman Martins suivi une demi-heure plus tard et quelques mètres plus loin par Omar Perry, l’une des premières têtes d’affiche.

Omar Perry est le fils de Lee Scratch Perry, le pape du reggae jamaïcain. Grâce à papa, qui connaissait bien Bob Marley, Omar grandit tout naturellement dans ce courant musical et dans les volutes hallucinogènes. Après avoir mixé, le rejeton ne s’est décidé à sortir un premier disque qu’en 2008, qu’il a bien évidemment mis en valeur hier soir. Coiffé de dreadlocks interminables, il a ouvert le bal d’une soirée dédiée aux artistes reggae, après un vendredi soir davantage tournée vers le hip-hop avec MCSolaar, Kery James et Orishas.

Du reggae, à l’image d’un Bernard Lavilliers qui puise dans les rythmes des îles pour poser ses textes contestataires. Vêtu de noir et tenant à afficher sa boucle d’oreille de rebelle, le séducteur Bernard a montré, entre 18 h et 19 h 15, qu’il aimait provoquer. “Je vais vous dire tout le bien que je pense de M. Sarkozy”, a-t-il lâché en guise d’un introduction à son morceau Bosse. Le petit Bernard a aussi bien grandi et ses prières d’enfant ont quelque peu évolué lorsqu’il demande à “notre père qui êtes aux cieux, restez-y”.

Entre les messages anticonformistes et tâchés de rouge communiste – il a pris la carte du parti en 1963 –, il y a le répertoire de l’artiste. Stand the ghetto (Si tu danses reggae), Noir et Blanc ou encore Melody Tempo Harmony sont autant de tubes qui rameutent la foule sous la scène Titan.

Tiken Jah Fakoly, le Bob Marley ivoirien, a connu un vrai triomphe lors de son passage en octobre dernier à l’Ancienne Belgique. Ceux qui y étaient ont encore en mémoire sa version toute belge de Mon pays va mal devenu la Belgique va mal. Rebelote hier soir lorsque l’artiste, dont le t-shirt laissait apparaître le symbole du lion rasta, fit prendre conscience que les choses ne peuvent évoluer positivement que lorsqu’on prend ses responsabilités.

Avec six albums, Tiken Jah a du matériel en stock pour mettre les festivaliers à ses pieds. Son dernier opus, L’Africain, est d’ailleurs le plus vendu de tous. Il faut dire que pour séduire la francophonie, il a proposé des featurings à Soprano et Akon, rappeur US d’origine sénégalaise.

Le reggae de Tiken Jah fut un régal et arriva sans contestation aucune à la hauteur du zouk du groupe Kassav, qui le précéda deux heures auparavant. En digne ambassadeur des Antilles, Kassav s’est offert l’opportunité de démontrer que le zouk n’est pas mort. Les visages de Jocelyne Beroard et Jacob Desvarieux sont à jamais liés à ce style musical chaud et sensuel, même si les textes de Kassav sont plus sociaux. Sous le chapiteau, on danse malgré tout et on transpire. Les rafales se multiplient. Où donner de la tête lorsque Tombé leta cotoie Wep, Sye Baw, Eva et les titres de leur dernier album sorti en 2007.

La soirée ne fit pourtant que commencer puisqu’après le feu d’artifice, tiré à partir des toits de Tour et Taxis, Arsenal et Los Van Van furent appelés sur scène. Le premier groupe – des gars de chez nous – n’est désormais plus confiné dans l’underground puisqu’il a même un public aux USA. Leur live fut un des temps forts de la 19e édition de Couleur Café. Tout comme celui de Los Van Van, un groupe cubain née il y a 40 ans, à l’époque des Rolling Stones.

Karim Fadoul

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