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20/07/2008

La bataille a bien eu lieu

Vendredi soir, au Festival de Dour, les Ricains de Battles ont livré une prestation cinq étoiles

DOUR Tout le monde attendait la prestation de Battles sur la Red Frequency et le moins que l’on puisse écrire, c’est que personne n’a été déçu. Les quatre Ricains ont empoigné leur public pour ne plus le lâcher pendant toute la durée du set. Guitares torturées, batteur déjanté et bassiste virtuose, les New-Yorkais et leur math rock explosif ont été à la hauteur de leur réputation de groupe de scène. Parfois un peu difficile d’approche sur disque, leur prestation scénique a, comme d’habitude, convaincu les plus sceptiques.

Tous les morceaux choisis pour cette deuxième sortie dourienne n’ont pas laissé la moindre minute de répit à la très nombreuse assistance. Il y eut bien quelques moments un peu plus doux mais à chaque fois, cela se terminait en feu d’artifice. Et que dire de leur emblématique single Atlas qui fit bouger toute la plaine comme un seul homme ? Du grand art.

De l’autre côté du site, c’est un tout autre style qui attendait les festivaliers. Après une après-midi placée sous le signe du hardcore, c’est le hip-hop qui prenait possession des lieux avec Ice Cube et le Wu-Tang Clan. Le pape du Gangsta Rap faisait honneur à la réputation qui le précède avant chacune de ses sorties. Devant un public venu en masse pour assister au set d’un des membres fondateurs, avec Dr Dre et Eazy-E, du légendaire NWA (Nigga With Attitude), le Californien a tout déchiré. Avec son flow inimitable et ce son typiquement West Coast, il a réussi à faire bouger les milliers de festivaliers grâce à un set Old-School au cours duquel les amateurs de la première heure auront pu reconnaître des samples de groupes qui ont forgé l’histoire du rap comme Afrika Bambaataa ou du Grand Master Flash. Du très lourd, on vous avait prévenu : tant pis pour ceux qui ont manqué ça.

Ce n’était pas tout car les programmateurs du Dour Festival ne font jamais rien à moitié. Une heure plus tard, toujours sur la scène principale, le combo le plus sulfureux de la scène hip-hop new-yorkaise était attendu. Comme toutes les stars américaines, Method Man et sa bande de joyeux déjantés ont fait patienter le public une petite demi-heure de plus, avant de faire leur apparition pour un set en forme de best-of. Wu-tang Clan ain’t nuthin that fu ck with, Shame on a nigga, C.R.E.A.M, tous les morceaux emblématiques du groupe y sont passés pour le plus grand bonheur des amateurs du genre.
Par contre pour les autres, cela frisait parfois la caricature.

Grégory Delreux

15:43 Publié dans Dour | Lien permanent | Commentaires (0)

Discothèque à ciel ouvert

Jeudi soir, le festival de Dour s'est transformé en gigantesque dance floor

DOUR Lors de la première journée du festival de Dour, les bonnes surprises ont été nombreuses. On retiendra la prestation époustouflante de Foals, ce groupe qui nous vient tout droit d'Oxford, de l'autre côté du Channel . Puissant, énergique et juste, le combo prouve une fois de plus que les british restent les maîtres de la pop.

En tout cas, le public de connaisseurs de Dour ne s'y est pas trompé en leur réservant l'accueil chaleureux qu'ils méritaient pour leur premier passage sur le site de la Machine à Feu.

Mais cette année, si les programmateurs ont fait la part belle au rock, ils n'ont pas oublié les amateurs d'électro. La preuve avec The Whitest Boy Alive dans la Eastpak. TWBA c'est le nouveau projet d'Erlend Oye, la voix du célèbre morceau de Röyksopp, Remind me. Avec son groupe formé de trois musiciens berlinois, le Norvégien a fait bouger tout le chapiteau. Des mélodies entraînantes, un soupçon de folk et une bonne humeur communicative, les TWBA ont visé juste et resteront comme la belle surprise de ce premier jour de festival.

À l'opposé, on oubliera (volontairement) de parler de Goldfrapp, un peu trop calme et doux pour coller à l'ambiance du festival et de The Teenagers. Les Frenchies n'ont pas été à la hauteur des attentes que l'on aurait pu placer en eux et c'est un doux euphémisme.

Heureusement, d'autres groupes ont relevé le niveau. On soulignera les sets de Birdy Nam Nam, les quatre turntablists français et de Modeselektor, deux Allemands complètement barrés qui ont distillé un mélange de sons pour le plus grand bonheur des spectateurs qui ont rapidement pris fait et cause pour eux.

Cette intro électro n'était que le début d'une (très) longue soirée au cours de laquelle la plaine du festival de Dour a été transformée en véritable discothèque à ciel ouvert. Il faut dire qu'avec Ellen Alien, Tiga, Alter Ego ou encore Birdy Harders VS Partyharders, il y avait du lourd.

Vendredi midi, les jambes étaient donc pesantes et on ne parlera pas des crânes douloureux... Pourtant un peu après 13 heures, Poulycroc abreuvait déjà le public de son cocktail surprenant à base de reprises déjantées et de rythmes entraînants qui vous font bouger les pieds sans le moindre effort. Le ton était donné.

Comme à Dour il y en a pour tous les goûts les amateurs de noise rock ont pu découvrir Future of The Left, un peu plus tard dans l'après-midi. Du bon son gallois avec Falco et Jack deux anciens de Mac Lusky et Kelson de Jarcrew. Brutal.

Grégory Delreux

15:42 Publié dans Dour | Lien permanent | Commentaires (0)

Les Ardentes iront au paradis

La dernière journée du festival liégeois affichait sold out grâce à une sélection de qualité

LIÈGE "On ira tous au paradis."

Ouaip, et si c'est Daniel Darc qui le chante, on s'en réjouit. "En fait, c'est assez flippant, on va se retrouver avec les mêmes enc... qu'ici ?"

Sous cet angle, O.K. Mais si on restreint le monde aux Ardentes d'hier, on signe, nous. Jugez plutôt : avec Daniel Darc, Arno, Yoav, Nada Surf, Dionysos, Bashung et les Dandy Warhols, il doit y avoir moyen de faire une sacrée fiesta. Et tout ce beau monde, entre autres, était réuni hier dans une ambiance que l'on dit à nulle autre pareille. Ce serait lié à la principauté, paraît-il.

Et les organisateurs sont également au paradis malgré une météo qui aurait pu les déstabiliser. Finalement, boues et pluies n'auront pas forcé les candidats festivaliers à faire demi-tour sur l'autoroute. Au contraire, en devant étendre le camping dont la capacité est passée de 2.000 à 3.000 places, en envisageant d'agrandir les scènes l'année prochaine, ils sont ravis. Sold out dimanche (et vendredi, c'était Soldout, le groupe), les Ardentes peuvent se prévaloir d'une fréquentation qui aura frôlé les 15.000 spectateurs chaque jour.

Le summun, c'était donc hier avec les entrées en scène sympathiques et festives de Puggy, Saint-André et Monsoon, les petits régionaux de l'étape du jour (les gros, ce sont les Girls in Hawaii et Arno qui étaient programmés bien après).

C'est armé de sa seule guitare et d'une pédale à effets que Yoav, cet artiste sud-africain qui cartonne avec Adore Adore ou Club Thing au point de susciter un engouement très international, a investi l'HF6, la scène couverte. Après un soundcheck où il se présentait tout aussi seul sans vraiment qu'on sache si le show avait vraiment commencé, le gaillard a réussi à accueillir un public de plus en plus large au fil des chansons avec ce son éclatant, cette façon de frapper sa guitare pour l'utiliser comme une caisse de résonance et en faire des loops . Brillant. Et comme la voix et le physique suivent, il devrait faire fondre quelques coeurs...

Comme Nicole Willis et ses Soul Investigators qui ont ce son Motown qu'Amy Winehouse ne renierait certainement pas. Mais comme l'Américaine est en meilleure forme que la tox la plus connue de l'industrie musicale, le show en valait forcément la peine.

Celui de Nada Surf, également, avec évidemment I'm Popular exécuté en fin de set. Le trio, dont les deux frontmen maîtrisent parfaitement le français, sait communiquer pour faire bouger une scène.

Tout autre genre avec Daniel Darc. Si c'est son guitariste qui s'est cassé le premier la gueule sur scène, on ne peut que se réjouir que l'état de l'ex-Taxi Girl lui ait permis d'assurer un show, certes un peu titubant mais l'oeil aussi vif que rouge. Et pendant ce temps-là, Bashung prenait un Coca Light . Si l'on en croit son pote... Talent, charisme.

Comme l'ami Arno qui avec Oh La La La ou Putain Putain et les Filles du Bord de Mer a configuré parfaitement la fin de son set pour qu'il se prête au lieu où il était joué. On ne se lasse pas... En do uceur et profondeur...

Les Girls in Hawaii, de leur côté, ont été égaux à eux-mêmes. On ne se lassera pas non plus rapidement de Plan your Escape .

Et dire qu'il restait encore Dionysos et The Dandy Warhols pour clore ce qui restera un excellent cru.

Basile Vellut

15:40 Publié dans Ardentes | Lien permanent | Commentaires (0)

Des rayons de soleil dans la boue

Les Ardentes ont vécu leur troisième journée hier 

LIÈGE Il était près de 22 h 30 hier quand Mike Skinner, après avoir bien chauffé la foule, l'avoir testée pour savoir si elle serait docile et participative se lança : il demanda aux spectateurs placés devant lui de s'écarter, de se séparer pour qu'il puisse avoir un chemin par lequel courir pour arriver à la console son. Et, après mille excuses pour son français bafouillant, de bien vouloir le ramener sur scène sans que ses pieds ne touchent le sol. Mission accomplie pour le public qui a réservé un bel accueil à cet entertainer très en forme.

Dans le même temps, mais dans un registre bien différent, Cédric Bixler et Omar Rodriguez Lopez et six de leurs potes - dont un batteur époustouflant, brisant ses baguettes en tapant comme un sourd - ont joué un set de plus de deux heures, portant leurs chansons jusqu'à la frénésie, ne les lâchant qu'au dernier moment, comme si leur temps de vie - de minimum dix minutes - était trop court. Psyché, funk, jazz, hardcore : le registre des Américains est confondant mais quelle puissance et quelle virtuosité !

Avant eux, on pouvait se demander si Alison VV Mosshart et Jamie Hotel Hince, alias The Kills, étaient devenus moins vénéneux que précédemment, s'ils étaient moins sulfureux que quand le monde les a véritablement découverts avec Now Wow un troisième album tripant. Ou est-ce simplement le fait que le duo se lasse un peu de son show qui suinte le sexe et le rock and roll ?

Même cette omniprésente boîte à rythme lasse un peu. Elle est parfois tranchante et décapante, basique et incontournable tant elle donne le ton mais elle est également parfois lassante, sans ingéniosité.

Mais qu'on ne s'y trompe pas, c'était la première grosse affluence de la journée hier aux Ardentes. Et U.R.A Fever, Get Down, Night Train tirés de Midnight Boom font toujours mouche. Comme l'incroyable The Good Ones . Cinquante minutes et c'était pesé, emballé.

Liars, juste avant, avec le dégingandé Angus Andrew aura été hypnotique, strident, puissant. Sans concession même les New-Yorkais émigrés à Berlin ont déjà été bien plus expérimentaux. Quarante minutes pour convaincre. Pari réussi.

Le même laps de temps était imparti à Spiritualized. Jason Pierce, puisqu'il est la véritable identité, de ce groupe s'était entouré d'un bassiste, un guitariste, un claviériste, un batteur et de deux chanteuses au choeur.

Tirant, notamment, Soul on Fire et Sweet Talk , il aura, sans forcer, essayé de ranimer un public encore enroué. Espérons que Songs in A&E , son dernier album, obtiendra un meilleur accueil. Il le mérite, en tout cas.

Basile Vellut

15:40 Publié dans Ardentes | Lien permanent | Commentaires (0)

Comme des oiseaux fous

1c07dc4bcf071dc11e58f2f40e4c815f.jpgMichel Fugain a, une fois encore, emballé un public acquis à sa cause

SPA La grande salle du Casino n'affichait pas complet, hier soir, pour le concert de Michel Fugain (qui jouait en même temps que Machiavel), mais le public dans la salle avait de l'énergie en suffisance pour y faire face. Et le chanteur aussi, ça tombe bien. Certes, Fugain a pris quelques années, et les mauvaises passes par lesquelles il est passé - et sur lesquelles il ne tient pas à s'étendre - l'ont marqué physiquement. Mais n'empêche : sa voix, elle, n'a pas bougé d'une note, comme il le prouvera tout au long d'un concert très généreux.

Intitulée Bravo et merci , tout comme son dernier album, sa tournée dose savamment les titres écrits récemment par ses amis, "les cadors ", comme il les appelle, ceux qui ont rendu ses lettres de noblesse à la chanson française, et les titres anciens. Ne lui déplaise, ce sont d'ailleurs toujours ceux-là qui ravissent le plus le public. Et il a beau offrir La vie ou Derrière une chanson , la salle leur préférera toujours C'est la fête, On laisse tous un jour, La grande ville et Jusqu'à demain peut-être .

Badin, manifestement heureux d'être là "pour la millième fois ", dit-il, Fugain s'amuse sur scène, lance des vannes à destination de ses collègues chanteurs - "une chanson que j'ai écrite avec Sardou en 1964. C'était avant. Quand il ne chantait pas encore Le France..." , enfile bonnet ridicule et grosse écharpe avant de se lancer dans un dialogue imaginaire avec ses parents et entonne Partir comme on respire.

Mais c'est peut-être Fais comme l'oiseau qui a le don de provoquer le plus d'enthousiasme. La salle chante, se lève et offre à Fugain ce qu'il est venu chercher : un grand bain de jouvence. Il arpente la scène, de droite à gauche, les bras à l'horizontale, s'improvisant des ailes et volant tout droit vers le mur. "Comme ces oiseaux fous ", dit-il. "Les fous de Bassan. Mais ce soir, ce sont les fous de Spa" .

Normal, après tout, nous sommes aux Francofolies. Et Michel Fugain n'est pas près de l'oublier...

I.M.

Soldout fait son retour aux Ardentes

73e745a6c78e93b45f02c99b0ced1fab.jpgL'électro était à l'honneur pour cette deuxième journée


LIEGE Pour le deuxième jour du festival liégeois, le soleil était de la partie. Les jeunes adeptes de la techtonik se sont rués aux Ardentes ce vendredi pour venir danser au son de Yelle. La révélation électro-pop 2007 était particulièrement en forme. Après avoir mis le feu à l'orangerie dans le cadre des Nuits Botanique, la chanteuse a enflammé la foule liégeoise. Débordante d'énergie, Yelle a captivé son audience, ravi les fans et amusés les autres.

Mais le moment le plus attendu de la journée était le grand retour de Soldout. Absent des scènes depuis 3 ans, le duo belge présentait des morceaux du prochain album « qui devrait sortir dans le courant de l'année 2009 » d'après Charlotte, la jolie brune. Commençant d'emblée avec leur tube « We are soldout », David et sa comparse ont su garder l'attention du public tout au long du concert, livrant un show électronique de qualité. Aux premières notes de « I don't want to have sex with you », le public se lâche, impossible de ne pas hurler, danser, sauter. Les nouveaux morceaux sont le présage d'un deuxième album réussi. « I wan't wait » et « You're different » clôturaient le set, laissant un public radieux et prêt à danser toute la soirée.

Mailys Charlier

15:35 Publié dans Ardentes | Lien permanent | Commentaires (0)

Moby, une image à contre-courant

96c6874bb3055ba8d5ac43a25cbd50fd.jpgLa perception que le public a de l'artiste américain est-elle vraiment la bonne ?

WERCHTER Quand on tend son micro sous la bouche de Richard Melville Hall, alias Moby, le geste se fait rapidement plus lâche tant le tour que prend l'interview vire à la conversation. Et la première question, d'habitude usuelle, influence toute la suite. Rencontre avec le New-Yorkais qui tient à casser son image.

Bonjour, comment allez-vous ?

"Je souffre des pires insomnies. Cela arrive quand je voyage trop. Les quatre derniers jours, je n'ai pas trouvé le sommeil, j'ai dû dormir cinq heures. J'essaie quelques médicaments. Je me sens un peu comme Martin Sheen dans Apocalypse Now. Vous voyez quand il devient dingue dans sa chambre d'hôtel... C'est un peu comme être sous l'influence de drogue sans prendre de drogue."

Ces insomnies sont une des raisons qui font que vous essayez de davantage jouer à New York ?

"J'ai commencé un groupe de rock avec quelques amis à New York, j'en retire beaucoup d'amusement. Tu peux jouer avec lui, faire le dj, te bourrer la gueule et dormir dans ton propre lit. À New York, je ne souffre pas d'insomnies mais quand je voyage je ne dors pas."

Vous ne faites pas le pire job du monde, non plus ?

"Non, j'en connais des pires. Mais je ne me plains pas. Mais bon, mon cerveau est en miettes. Particulièrement pendant les interviews où on me pose des questions intéressantes et je n'ai rien à dire."

Ce genre d'expérience peut vous inspirer musicalement ?

"Cela se pourrait. Il y a quelques années mon album Hotel à quelque part été influencé par mes pérégrinations."

Last Night, votre dernier album, est inspiré par la vie en boîte.

"Oui, c'est une nuit à New York - ou plutôt dans mon quartier de South Side - condensé en 65 minutes."

Une bonne soirée, manifestement. Il en existe aussi des mauvaises.

"Oui, je déteste dire ça, mais quand tu bois assez toutes les soirées seront bonnes. Spécialement à New York où les choses sont si proches. Si tu es à une soirée nulle, tu tournes le coin et tu vas à une autre."

Jamais de blackout ?

"C'est pour ça que c'est amusant d'avoir des amis."

Ils peuvent mentir et raconter n'importe quoi.

"Je suis de toute façon gêné. Même quand je rentre à la maison par mes propres moyens, je suis honteux."

Vous vous souvenez de votre première expérience dans un nightclub ?

"Ma mère quand elle m'élevait sortait avec un guitariste d'un groupe de country si bien que la première fois que j'ai été dans un nightclub, j'avais neuf ans. Mais je me suis senti fatigué après un moment et j'ai été dormir dans la voiture. Ma première expérience nightclub comme adulte, c'était quand j'avais quatorze ou quinze ans, il y avait un groupe de punk de Los Angeles Fear qui jouait à New York. C'était si bien."

Vous vous souvenez quand vous avez commencé à boire ?

"J'ai commencé à boire et à prendre des drogues à dix ans, puis j'ai arrêté à quatorze jusqu'à mes vingt-et-un avant de recommencer. Et maintenant, comme tout le monde, je bois trop."

Cette image est loin de l'impression que vous donnez au public. Celui-ci se tromperait-il sur vous ?

"Le public ne se trompe jamais. Mais la perception que les gens ont de moi, c'est celle d'une personne sérieuse, qui ne boit pas. Ce n'est pas vraiment moi."

Comment expliquez-vous cette différence ?

"Quand j'ai commencé à faire des disques, je ne buvais pas, je ne sortais pas, j'étais une personne très sérieuse. Avec le temps qui est passé, je me suis détendu."

Basile Vellut

15:35 Publié dans Werchter | Lien permanent | Commentaires (0)

Werchter : sauve qui pleut

2318578aa4dcc88d90308b3d3dfcb0f0.jpgKravitz et Mika : plus que des amuse-bouches

WERCHTER La météo incertaine n'a certainement pas refroidi les ardeurs des festivaliers venus assister à la 34e édition de Rock Werchter. Les amateurs de clichés, malgré les fortes pluies tombées dans la nuit de mercredi à jeudi, n'ont tout d'abord pas davantage été gâtés : aucune grande flaque de boue dans laquelle se jeter à t-shirt perdu, aucune averse apte à coller les tops au corps, style soirée blaireau à la Costa Brava,...

Enfin, rien par temps clair, en tout cas. Car Mika, sans qu'il soit soupçonnable, a fait ouvrir les grandes vannes, déchaînant les cieux alors que la nuit s'approchait. Et comme là, il commençait à faire caillasse, plus question de bains de boue volontaires...

Non, si deux membres de Vampire Weekend avaient chaussé prémonitoirement leurs bottes en plastique pour arpenter la scène (couverte !) du Marquee, les cieux sont restés cléments jusque 19h35. Tout profit pour les précités Américains qui lancèrent véritablement le festival même si Air Traffic et Modern Skirts avaient initié dans les faits et les horaires les agapes. Avec leur pop mitonnée d'influences afros , les quatre jeunots ont fait entonner Blake's Got a New Face ou Cap Cod Kwassa Kwassa par une foule qui n'attendait que ça pour s'enflammer, voire pogotter. Loin de l'ambiance proposée par les Counting Crows sur la grande scène malgré un Mr Jones chanté en quatrième proposition. Un troisième passage pour les Américains pour qui le poids des ans se fait malheureusement sentir.

Mika, lui, a encore toute la vie devant lui et un sacré personnel derrière lui. Pêle-mêle citons un lapin, un coq, deux filles en tutu fuschia, trois cordes, trois vents , un clavier, une batteuse (et un batteur par intermittence), un bassiste et deux choeurs et deux filles, disons enveloppées (et toujours dans un seyant tutu) pour souligner les vertueux avantages de Big Girl, You're Beautiful . Une belle entrée en matière, très colorée, qui prenait la suite du tubesque Relax qui mettait d'emblée son public dans sa poche. Mika faisait malgré tout retomber la sauce avant de la remonter avec Grace Kelly et Lolipop pour remercier les fidèles qui n'avaient pas été s'abriter (où, du reste ?).

Lenny Kravitz, devant un parterre de jeunes filles toujours aussi trempées, a réchauffé les coeurs avec sa Love Revolution qui lui tient tant à son cuir et à ses santiags.

De quoi attendre patiemment REM...

Basile Vellut

15:35 Publié dans Werchter | Lien permanent | Commentaires (0)

Zouk et reggae après le rap

Seconde soirée bien chargée à Couleur Café


BRUXELLES Entre 20.000 et 25.000 personnes vendredi, malgré des températures très basses pour la saison. Samedi, les organisateurs estimaient l’affluence à plus de 25.000. Quoi qu’on en dise et en attendant les concerts de ce dimanche soir, l’édition 2008 de Couleur Café est déjà un grand cru.

Les choses ont démarré gentiment vers 16 h 30 avec, sous le plus petit des trois chapiteaux, Osman Martins suivi une demi-heure plus tard et quelques mètres plus loin par Omar Perry, l’une des premières têtes d’affiche.

Omar Perry est le fils de Lee Scratch Perry, le pape du reggae jamaïcain. Grâce à papa, qui connaissait bien Bob Marley, Omar grandit tout naturellement dans ce courant musical et dans les volutes hallucinogènes. Après avoir mixé, le rejeton ne s’est décidé à sortir un premier disque qu’en 2008, qu’il a bien évidemment mis en valeur hier soir. Coiffé de dreadlocks interminables, il a ouvert le bal d’une soirée dédiée aux artistes reggae, après un vendredi soir davantage tournée vers le hip-hop avec MCSolaar, Kery James et Orishas.

Du reggae, à l’image d’un Bernard Lavilliers qui puise dans les rythmes des îles pour poser ses textes contestataires. Vêtu de noir et tenant à afficher sa boucle d’oreille de rebelle, le séducteur Bernard a montré, entre 18 h et 19 h 15, qu’il aimait provoquer. “Je vais vous dire tout le bien que je pense de M. Sarkozy”, a-t-il lâché en guise d’un introduction à son morceau Bosse. Le petit Bernard a aussi bien grandi et ses prières d’enfant ont quelque peu évolué lorsqu’il demande à “notre père qui êtes aux cieux, restez-y”.

Entre les messages anticonformistes et tâchés de rouge communiste – il a pris la carte du parti en 1963 –, il y a le répertoire de l’artiste. Stand the ghetto (Si tu danses reggae), Noir et Blanc ou encore Melody Tempo Harmony sont autant de tubes qui rameutent la foule sous la scène Titan.

Tiken Jah Fakoly, le Bob Marley ivoirien, a connu un vrai triomphe lors de son passage en octobre dernier à l’Ancienne Belgique. Ceux qui y étaient ont encore en mémoire sa version toute belge de Mon pays va mal devenu la Belgique va mal. Rebelote hier soir lorsque l’artiste, dont le t-shirt laissait apparaître le symbole du lion rasta, fit prendre conscience que les choses ne peuvent évoluer positivement que lorsqu’on prend ses responsabilités.

Avec six albums, Tiken Jah a du matériel en stock pour mettre les festivaliers à ses pieds. Son dernier opus, L’Africain, est d’ailleurs le plus vendu de tous. Il faut dire que pour séduire la francophonie, il a proposé des featurings à Soprano et Akon, rappeur US d’origine sénégalaise.

Le reggae de Tiken Jah fut un régal et arriva sans contestation aucune à la hauteur du zouk du groupe Kassav, qui le précéda deux heures auparavant. En digne ambassadeur des Antilles, Kassav s’est offert l’opportunité de démontrer que le zouk n’est pas mort. Les visages de Jocelyne Beroard et Jacob Desvarieux sont à jamais liés à ce style musical chaud et sensuel, même si les textes de Kassav sont plus sociaux. Sous le chapiteau, on danse malgré tout et on transpire. Les rafales se multiplient. Où donner de la tête lorsque Tombé leta cotoie Wep, Sye Baw, Eva et les titres de leur dernier album sorti en 2007.

La soirée ne fit pourtant que commencer puisqu’après le feu d’artifice, tiré à partir des toits de Tour et Taxis, Arsenal et Los Van Van furent appelés sur scène. Le premier groupe – des gars de chez nous – n’est désormais plus confiné dans l’underground puisqu’il a même un public aux USA. Leur live fut un des temps forts de la 19e édition de Couleur Café. Tout comme celui de Los Van Van, un groupe cubain née il y a 40 ans, à l’époque des Rolling Stones.

Karim Fadoul

Premières charges à Couleur Café

44dbd1121b56f31d840fd7a937b99912.jpgLe festival a démarré en force hier avec MCSolaar, Kery James, Erikah Badu et Orishas

BRUXELLES Les scènes rap d'hier et d'aujourd'hui ont conquis le public de la 19e édition de Couleur Café. Le festival, qui se tient jusqu'à dimanche sur le site de Tour et Taxis à Bruxelles, a démarré en force, hier, sur les coups de 18 h 30, avec les premières charges musicales venues de Kery James. Le rappeur n'a pas mis longtemps avant de faire sauter les centaines de personnes venues l'acclamer. Une prestation détonante qui a mis tout le monde d'accord.

Kery James a d'abord fait partie du groupe Ideal J avant de se lancer en solo. Dans le monde du hip-hop hexagonal, celui-ci, qui revendique sa confession musulmane, fait un peu office de grand frère de par ses textes durs qui décrivent la condition des habitants des cités et conseillent à s'élever. Sur scène, ses paroles sont applaudies.

Exemple avec L'Impasse , tiré de son dernier album, qui conte de façon abrupte les risques que courent les ados qui souhaitent arrêter l'école pour dealer. Ou encore Pleure en silence qui s'adresse à tous ceux qui souffrent "car il n'y a pas que dans les ghettos qu'on souffre".

Avec Kery James, l'atmosphère est sombre. Cependant, sur plusieurs morceaux, il parvient à faire jumper la foule. Beaucoup se souviendront de la puissance de Foolek (Dingue dans l'argot des cités), de Hardcore, de C'est la guerre. Reste que le morceau le plus attendu fut Thug Life, sa carte de visite, qui passe de l'amertume à l'espoir.

Kery James représentait en quelque sorte la scène rap d'aujourd'hui. Sur une autre scène, MC Solaar faisait figure d'icône. De retour en 2007 avec l'album Chapitre 7, Claude M'Barali a rapidement plongé les festivaliers dans les premières heures de gloire du rap. Caroline, Bouge de là, Victime de la mode, Nouveau Western... Une époque au cours de laquelle le bling-bling restait une notion inconnue. Depuis, les choses ont changé. MCSolaar aborde ces mutations dans ses dernières compositions telles Clic clic, Ben oui et Da Vinci Claude. Respect !

Après ces entrées en matière, concerts et animations ont véritablement battu leur plein aux quatre coins de Tour et Taxis, entre les cuivres de l'Orchestre National de Barbes et la douceur d'Asa. En attendant la suave Américaine Erikah Badu et les Cubains d'Orishas.

Karim Fadoul