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12/05/2009

On pensait avoir tout vu, on avait tout faux

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Cali, Nu, a repoussé un peu plus loin encore les limites de l'abandon et du plaisir scénique

BRUXELLES Et pourtant si ! La preuve, dimanche soir au Cirque Royal - dans le cadre des Nuits Botanique - où il a montré que non seulement, se renouveler après tout ce temps était possible, mais aussi ludique, émouvant, bouleversant, surprenant.

Sur scène, l'essentiel : un pianiste et deux cuivres (qui jouent d'un peu de tout). Et la voix de Cali, qui revisite ses chansons. Mais avant, juste avant, celle de Jeanne Moreau qui lit une lettre envoyée par Paula Albouz au ministre français de l'Immigration, Brice Hortefeux. Une lettre qui dit la honte de vivre dans un pays qui a oublié ce que le mot bienvenue voulait dire.


 

Un silence et puis L'espoir , martelé au piano. La transition est impeccable, comme le seront tous les choix opérés par l'artiste au long de ces plus de deux heures de spectacle. Bon camarade, Cali commence par présenter ses musiciens - et lesquels - d'entrée de jeu, avant d'aligner Tes désirs font désordre, Je me sens belle, Résistance ou Comme j'étais en vie . À la parole, soudain mise en avant, Cali joint le geste. Et, à plusieurs reprises - effet de lumière, de phrasé, de mise en scène ? - on se prend à penser à Brel...

Construit comme un triptyque, le concert bascule ensuite dans une techno-pop surprenante au premier abord. Inventive et géniale au second. Car elle lui permet d'aborder des standards comme Elle m'a dit, Qui se soucie de moi ou C'est quand le bonheur avec une oreille totalement neuve. L'aspect visuel n'étant pas en reste (ah, la tectonique revisitée, c'est quelque chose...).

Enfin, retour au calme, à la guitare, à la voix et au public dans un rappel sous-titré Le bordel . Eh oui, il n'a pas pu s'empêcher. Réalisant, cette fois, l'exploit d'être porté à bout de bras depuis la scène jusqu'aux derniers rangs, tout là-haut, du Cirque Royal. Un voyage hallucinant, qui a laissé le public pantelant.



L'an dernier, aux Francofolies de Spa, il avait donné tout son concert sous des trombes d'eau sans jamais laisser s'éteindre l'incendie qu'il avait allumé dans les cœurs. Après cet exploit, on s'était dit qu'en plaçant la barre aussi haut, Cali ne pourrait pas faire mieux.

Isabelle Monnart

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