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26/04/2010

Plus que de la plastique chez les Plasticines

plasticines.jpgLes quatre Françaises rêvent de Dave Grohl et de Nancy Sinatra. Pour avoir eu la même idée fausse avant de rencontrer les BB Brunes, on aurait dû avoir la puce à l’oreille. À l’heure de rencontrer les Plasticines – quatre jeunes et jolies Parisiennes portées au pinacle par un Rock&Folk très jeuniste et cocardier –, on s’attendait à rencontrer des nanas un brin pétasses, le ciboulot aussi vide qu’une bouteille de Jack qui serait passée entre les mains d’Amy Winehouse et à l’attitude rock aussi vraie que les seins de Pamela Anderson.

Et on avait tout faux. Si les miss ont bien enregistré leur deuxième album à Malibu dans le studio des stars (Stern House avec Butch Walker – qui a produit Pink ou Avril Lavigne – aux manettes), elles ont un franc-parler et des références qui donnent même envie de jeter un regard plus approbateur sur About Love qui contient bien quelques bonnes idées. Rencontre avec la chanteuse Katty Besnard et la batteuse Anaïs Vandevyvere.


Expliquez-nous un peu votre changement de maison de disques.
Anaïs Vandevyvere : “On a voulu la quitter parce qu’il n’y avait plus d’alchimie. Des deux côtés, on était d’accord. On n’avait plus de label. Nylon s’est créé, c’était tout nouveau. On est sa première signature. On est parties aux États-Unis. On a enregistré l’album là-bas. Cela s’est fait simplement, naturellement.”

 

Les causes à la rupture ?
AV : “Cela s’est fait à un moment où le music business en France a énormément dégringolé dû au téléchargement. Cela correspond à une période de six mois-un an où il y a eu des splits dans tous les labels, tout le monde partait, se faisait virer, il y avait des réductions de personnel. 50 %. Donc, forcément, il y avait moins de gens qui s’occupaient de nous. Nous, qui n’avions pas d’actualité avec un album sorti un an et demi avant et un deuxième qui n’était pas sorti, même pas fait. Vous ne travaillez plus, on ne travaille plus, pourquoi encore travailler ensemble ?”

C’est pour ça que vous êtes parties aux États-Unis ?
Katty Besnard : “À la base, on devait enregistrer quatre morceaux et il y a eu une tellement bonne entente avec le producteur Butch Walker qu’on a décidé de finir l’album ensemble. On est restées un mois et demi alors que nous ne partions que pour deux semaines normalement.”

C’était un rêve les States ?
KB : “Oui, complètement. Surtout dans les conditions dans lesquelles on l’a fait. On était sur les collines de Malibu, avec l’océan Pacifique en face de nous quand on se réveillait. On était dans une très très grande maison. Le studio était en dessous de l’endroit où on dormait. On y allait presque en pyjama. C’était des conditions idéales.”
AV : “Je pense qu’on avait peur aussi. Notre manager nous avait prévenues, nous disant qu’on allait travailler avec un gros producteur qui a fait des choses énormes, des choses très pop. Il nous avait dit, en gros, de ne pas s’étonner si en arrivant en studio il changeait tous nos textes, nos mélodies, mes parties de batterie. Qu’il allait jouer sur tel morceau si je n’y arrivais pas.”

 

 

On parle de la liberté de l’artiste, vous deviez être un peu paniquées ?
AV : “C’est pour ça qu’on partait pour simplement faire quatre morceaux. Et, en fait, c’était juste l’opposé. On était là comme une petite famille.
KB : “Il nous écoutait vraiment, ce qu’on aimait, ce qu’on n’aimait pas. Les peurs qu’on avait n’étaient pas du tout justifiées.”

 

 

Vous avez dû ressentir une certaine pression la première fois que vous avez joué devant lui ? Vous deviez lui montrer ce dont vous étiez capables…
AV : “On est arrivées pour faire une répet et lui jouer la vingtaine de morceaux qu’on avait. Et il a choisi ceux qu’il préférait. La première répet, je pense qu’on tremblait un peu, fallait pas qu’on rate, qu’on y arrive. Il a commencé à nous parler. On était soulagées que ce soit un mec cool.”

La direction un peu plus pop de l’album, c’est lui qui l’a donnée ?
AV : “Non, c’est nous. Les chœurs, mélodies de voix, on aimait bien tout ce qui est sixties, comme les Shangri-las. On avait vraiment envie d’intégrer ça dans l’album. Mais, en contrepartie, on voulait aussi un gros son de guitare. On voulait être plus agressives que sur le premier album. Il a pris ce qu’on voulait. On lui a fait écouter ce qu’on aimait. Par exemple, j’aimais bien le son de caisse claire de cet album. Et il a tout mis ensemble.”

Vous êtes sous influence.
AV : “Oui, mais ça fait comprendre ce que tu veux vraiment et ça te fait évoluer.”

Un moment, vous vous êtes dit que c’était votre dernière chance ?
AV : “Oui, ça passe ou ça casse. Les États-Unis, de toute façon, il n’y avait que ça…”
KB : “Mais en même temps, il n’y avait aucune pression. Il y en avait avec le premier album, quand tous les journalistes s’intéressaient à la petite scène parisienne. Pour ce deuxième album, tout le monde se disait que les Plasticines étaient mortes, qu’elles n’existaient plus. Alors que c’était faux. On n’a dit à personne qu’on partait aux États-Unis pour enregistrer l’album parce qu’on avait envie d’être tranquilles. Ça marche, ça ne marche pas, on verra.”

 

 

L’image que vous avez à l’extérieur ne semble pas correspondre à ce que vous êtes ?
KB : “Oui. On nous dit glamour, un peu people, riches.”
AV : “Pour rétablir la vérité, d’abord on n’est pas riches. On n’est pas belles tout le temps. On ne sent pas bon tout le temps.”
KB : “Oh, moi je sens bon tout le temps.”
AV : “Oui, c’est vrai. On est comme un groupe de mecs.”

Il y a beaucoup de contrevérités écrites sur vous, ça vous touche ?
KB : “Y en a tellement qu’on a l’habitude. Il y avait déjà des trucs qui circulaient sur nous lors de notre premier concert, on avait 17 ans.”
AV : “C’est bien, ça fait parler de nous. Les gens qui viennent nous voir sur scène sont d’autant plus étonnés après avoir lu un article disant qu’on est quatre petites minettes qui ont peur de se casser un ongle, qui viennent du 16e arrondissement et qui sont richissimes. Sur scène, on est complètement rock à la limite de casser nos guitares. Ils voient par eux-mêmes que c’est un tissu de mensonges.”

Vous ne jouez pas à un petit jeu ?
AV et KB : “Non, nous sommes nous-mêmes. Notre musique est très saine, très naturelle. On est le groupe le plus sain du monde. C’est vrai qu’on a cet engouement médiatique qui se fait sans nous. Toute publicité est bonne.”

Vous entretenez des rêves ?
AV et KB : “De pouvoir tourner, de rencontrer plein de monde, de jouer avec nos idoles.”

Qui sont ?
AV : “Moi, c’est Dave Grohl, le batteur de Nirvana. On l’a rencontré cet été. J’adore tout ce qu’il fait. Je suis folle de sa manière de penser. Le mec, c’est une énorme rock star, qui a tout réussi, qui a un énorme potentiel et il est juste là avec sa petite bière alors qu’on connaît des groupes qui ont fait un album et qui pètent plus haut que leur cul. Des groupes qui pensent : j’ai un tube, c’est génial. La vie, c’est pas ça. C’est toute la culture qu’il y a derrière, tout ce que tu peux apprendre. C’est pour ça que j’aime bien Dave Grohl ou Josh Homme. Et Katty, pas du tout, ses influences sont très différentes.”
KB : “Eh, j’ai pas dit que j’aimais pas Dave Grohl ! Moi, il y en a deux. Debbie Harry ou Nancy Sinatra, qui sont musicalement très différentes, mais je m’y réfère tout le temps. Musicalement, vestimentairement,…”

Dave Grohl a écouté ce que vous faites ?
AV : “On a rencontré les Eagles of Death Metal lors d’un festival à Paris. Le chanteur des Eagles a été voir Marine, disant que Dave Grohl lui avait dit de télécharger. C’est quoi ce délire ?”
KB : “Après on s’est dit que c’était via Butch Walker qu’il avait entendu parler de nous. Ils se connaissent tous. En même temps, on ne sait pas s’ils aiment.”
AV : “Oui, mais c’est fou. En plus, j’adore Jesse Hughes (NdlR : le déjanté et moustachu chanteur des Eagles of Death Metal). C’est tellement rock. Ce serait trop bien d’enregistrer le prochain album au rancho de la luna.”

Basile Vellut

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