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03/05/2010

MLCD: “C’est plus qu’un disque”

mlcd.jpgVendredi, les Nuits du Bota commencent. Le lendemain, le concert de MLCD est incontournable. Ne le cachons pas, s’il est un concert que nous ne voulons pas rater pendant ces Nuits du Bota dont on vous détaille le programme à droite, c’est le concert de My Little Cheap Dictaphone, pardon, de MLCD. Le groupe de Redboy, avec The Tragic Tale of a Genius , a sorti ce qui restera certainement un des albums de l’année. Et pas un des albums belges de l’année. Non, ces treize titres des Liégeois, d’une superbe cohérence, sont aussi exceptionnels qu’ambitieux. À plus d’un niveau.


D’abord, ils n’ont pas hésité à se lancer dans l’entreprise d’une sorte d’opéra rock – même s’ils détestent ce nom qui sonne probablement trop glam – tout en n’hésitant pas à frapper à certaines portes pour attirer les chanteurs de Mercury Rev, celui de Black Heart Procession ou d’Alamo Race Track. Ensuite, en orchestrant toutes leurs compositions. Et, last but not least , en créant un véritable spectacle autour de cet album. Si sur la page myspace du groupe, le groupe se décrit encore comme indie et bricolo, il a totalement perdu cet aspect-là. “On a longtemps pensé changer le nom du groupe car cela ne collait plus trop avec ce projet-ci” , explique Redboy , le chanteur. “C’est devenu MLCD. On a changé de son, de style, Little Cheap ne correspond plus vraiment.”

Passons ces différents points en revue avec Redboy (chant, guitare) et Xavier (basse, backing vocals ).

Ambition : “C’est un projet ambitieux mais on a juste envie qu’on dise que c’est bien, belge ou non. C’est sûr qu’on n’avait pas envie de se mettre dans la peau d’un petit groupe mais d’aller au bout de ce qu’on voulait faire. Et se donner les moyens de le faire. L’idée, née pendant les premières années de My Little Cheap, est d’avoir un truc scénographié, de plonger les gens dans un univers. Là, on avait envie de faire plus, de bosser avec des gens pour nous aider à faire ça plutôt que de tout faire avec des bouts de ficelle comme on le faisait, de travailler avec un arrangeur de musique de film, avec une metteuse en scène, une scénographe, de faire une grosse équipe. On voulait aller au bout du projet quel que soit le temps que cela prendrait. Il n’y avait pas de planning de sortie.”

 

Les guests : “Comme c’est un opéra rock et qu’il n’y a pas que le narrateur mais plusieurs intervenants, le diable, sa conscience, on s’est dit que ce serait bien d’avoir des chanteurs pour interpréter ces gens. On avait une liste de chanteurs qu’on voulait contacter, des chanteurs qu’on aimait vraiment bien. Sur l’album, c’est les trois qui étaient en tête de liste. On leur a envoyé un e-mail avec la chanson et un petit texte qui expliquait pourquoi on avait pensé à eux. Directement, ils ont répondu oui. Après on s’est envoyé des e-mails pour savoir comment faire. Donahue a répondu qu’il trouvait que les deux chansons qu’on lui avait envoyées étaient incroyables, qu’il était intéressé par les deux.”

Orchestration : “Souvent, quand des groupes travaillent avec un orchestre, c’est quand ils ont fait un album, ils font une nouvelle version. Nous, la démarche est différente. On voulait un album avec des hauts, des bas, des drames, des envolées. On a travaillé avec un arrangeur dès le début. Les arrangements ne sont pas un truc ajouté. On n’a pas fait à la base un truc avec les instruments classiques rock en se disant qu’on allait ajouter ça ou ça. Dès le début, on a travaillé les arrangements pour que les deux mondes coexistent. Avec l’arrangeur, ce fut beaucoup de dialogue. On lui a fait écouter beaucoup de morceaux dans l’esprit. Par exemple, les arrangements de Bernard Herman qui a fait ceux des films d’Hitchcock. Il nous a fait quelque chose de meilleur qu’attendu. On lui a donné une deuxième chanson, puis une troisième et finalement il a fait tout l’album. Les chansons ont évolué pendant un an en même temps que les arrangements, les compositions. On a encore changé des arrangements pendant le mixage.”

Les moyens : “Le temps on l’a, on n’a fait que ça pendant deux ans et demi. Quasi tous les jours. Pour l’argent, ce n’était pas évident. On a investi tout ce qu’on avait, on a même revendu des trucs pour investir dans le projet, on a été frapper à des portes pour monter le projet. Les gens – arrangeurs, ingénieurs du son, scénographes, vidéastes,… – qui bossent avec nous, on leur a dit qu’on pouvait peut-être les payer un cinquième de leur cachet habituel. Au début, personne ne pensait qu’on arriverait au bout mais, au fur et à mesure, les choses se sont mises en place. Ce n’est pas qu’un disque, c’est un visuel, un spectacle.”

L’histoire : “J’ai lu pas mal d’autobiographies de Johnny Cash, de Brian Wilson, de Tom Waits et je remarquais dans leurs histoires, leurs parcours, beaucoup de similitudes, une enfance un peu spéciale qui fait qu’ils s’isolent, qu’ils créent leur propre univers. Toutes leurs carrières, il y aura des fêlures et ils devront combattre leurs démons intérieurs. Mais je ne raconte pas la vie d’un personnage : il fait ça ou ça ou ça. C’est davantage comment il a évolué dans sa tête, comment il a vécu le succès, la traversée du désert, comment il a combattu le diable. Ce n’est pas la vie de Brian Wilson, c’est une interprétation de comment il aurait pu vivre ces étapes-là. Ce n’est pas l’histoire de Brian Wilson mêlée à celle de Tom Waits, c’est l’histoire d’un artiste, son évolution personnelle.”

Basile Vellut

Le 8 mai au Cirque Royal

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