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03/07/2010

Muse : “Nous ne sommes pas des célébrités”

mu2.jpgMuse, malgré son succès, reste les pieds sur terre. Quelques dizaines de minutes avant de monter sur scène, Christopher Wolstenholme, le bassiste de Muse, nous a accordé une entrevue. Tout en fumant une pipe sur laquelle il tirera tout au long des deux heures de show du groupe londonien.


Chris, les conditions semblent idéales pour donner un concert.
“Il fait beau, ça nous change. On vient de faire Glastonbury, il a fait superbe. Ce n’était plus arrivé depuis sept ans ! C’est la cinquième fois que l’on vient ici. Je pense qu’on a joué ici à chaque fois qu’on a sorti un album. C’est un chouette festival, l’un de mes favoris en Europe. C’est très bien organisé et la foule me semble à chaque fois très très bien. Chaque fois que nous avons l’opportunité de jouer ici, nous la saisissons.”

Depuis votre première apparition, vous avez gravi les échelons au point d’être l’incontestable tête d’affiche de la journée. Comment analysez-vous votre progression ?
“Je pense qu’elle est naturelle. Nous n’avons jamais effectué un saut gigantesque en une fois. De toute évidence, on a commencé en étant très petits, puis nous avons suivi une courbe assez linéaire. Après chaque album, nous avons joué dans des clubs un peu plus grands. Et ce fut encore le cas avec cet album-ci. Nous prenons vraiment beaucoup de plaisir cet été. Je pense que tous les festivals où nous nous produisons, nous sommes têtes d’affiche. On a aussi rempli des stades. C’est chouette. En plus, c’est une tournée assez décontractée, car quand on fait des stades ou des festivals, cela demande une telle mise en place que l’on ne joue pas tous les soirs. Cela permet d’avoir des jours de congé et de pouvoir rentrer à la maison. C’est vraiment une chouette façon de voyager. Pour la tournée plus classique, en Europe, par exemple, nous avons joué tous les soirs, pendant douze semaines. C’est crevant. Là, c’est une façon plus relaxante de tourner. En plus, en général, il y a moins de pression en festival. Bien sûr, il y a un bon nombre de tes fans mais la plupart des gens sont venus voir tout le monde. Quand tu fais tes propres shows, spécialement les stades, les gens ne sont venus que pour toi, la pression est différente.”

Cela doit vous réjouir d’être toujours tête d’affiche alors que vous avez pris pas mal de risques avec votre dernier album…
“Je pense qu’avec chaque album, nous avons essayé de prendre quelques risques. C’est difficile pour un groupe de progresser musicalement sans dégoûter ses fans. Nous sommes très chanceux car depuis le premier, non le deuxième album particulièrement, nous avons toujours essayé d’évoluer, d’incorporer différents styles de musique dans la nôtre. Je pense que maintenant notre public s’attend à ce que nous essayons différentes choses. Nos fans comprennent notre envie de changer. Mais c’est vrai, avec The Resistance, cela a pris encore un autre tour, surtout que l’on joue dans des stades maintenant. Nous sommes très contents de l’endroit où nous sommes. Cela continue de grandir et c’est bien.”

Vous n’avez pas peur de devenir aussi énorme que U2, par exemple. De devenir un phénomène médiatique tellement grand que cela vous empêche d’avoir une vie un peu normale ?
“C’est toujours un danger, mais je pense que cela dépend aussi de la façon dont tu interagis avec les médias. Certains aiment flirter avec les médias et avoir tout le temps leur photo dans les magazines. Ce n’est pas notre genre. Depuis le début, nous avons fait en sorte d’échapper à cela. Je pense que les gens ont compris que l’important avec nous, c’était la musique. Nous ne sommes pas des célébrités. Il n’y a rien dans nos vies que les gens trouveraient excitant. C’est toujours à propos de la musique. Mais il y a toujours un risque de devenir tellement gros au point que tu ne puisses plus traverser la rue sans être reconnu et que des photographes te pourchassent. Mais cela ne nous arrive heureusement pas.”

On dit que vous voulez faire une pause dans un an, à la fin de la tournée. Qu’en est-il ?
“Je pense que nous en avons besoin., mais je ne sais pas quand nous le ferons. Car à la fin de la tournée, il sera temps de se pencher sur un nouvel album. En faire un autre prend plus ou moins un an. Et nous n’avons pas envie de disparaître trop longtemps. Mais c’est important de prendre quand même quelques jours de congé.”

Matthew Bellamy a déjà annoncé qu’il aimerait explorer la musique japonaise et chinoise pour le sixième album…
“Je ne sais pas. Nous n’avons pas encore travaillé en groupe sur de nouvelles chansons, même si je suis sûr que Matt a plein de nouvelles idées. Nous tournons depuis septembre dernier et chaque fois que nous avons répété, c’était pour le live. Nous n’avons pas joué de nouvelles chansons même si Matt a toujours de nouvelles idées. Il écrit des chansons en permanence. En plus, nous n’avons pas envie que nos éventuelles nouvelles chansons soient influencées par le live. Et c’est devenu assez difficile. Il y a dix ou quinze ans, on pouvait jouer nos nouveaux morceaux en tournée, mais maintenant, si on le fait, elles se retrouvent le soir même sur Internet. Et cela casse l’impact du nouvel album. Quand j’étais gamin, t’attendais pendant des mois et des mois la sortie d’un album. Et quand j’avais enfin pu l’acheter, je l’écoutais pendant des jours entiers. Si tu joues tes nouvelles chansons en live, ça casse l’impact. C’est pour ça qu’on ne le fait pas.”

On vous aurait demandé d’écrire l’hymne pour les JO de 2012 qui se tiendront à Londres ?
“Oui. Je ne suis pas sûr qu’on le fera mais c’est vrai, on nous l’a demandé. Mais c’est quelque chose d’intéressant. Je ne sais pas quand nous le ferons car nous tournons encore longtemps.”

Interview > Basile Vellut

13:07 Publié dans Werchter | Lien permanent | Commentaires (0)

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