Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Avertir le modérateur

17/07/2010

L’accent belge de Dour

am.jpgQuelques locaux se produisaient hier soir. De l’énergie, des découvertes et de l’émotion... le Dance Hall portait bien son nom. En s’appelant Dan Le Sac, mieux vaut ne pas être francophone. Surtout si on n’a pas spécialement un physique avantageux. Mais face à Scroobius Pip, l’Anglais s’en contrefiche. Lui, il est là pour balancer ses beats derrière ses machines alors que son comparse le tance avec son flow.


Un spoken words qui fait penser à Mike Skinner et surtout d’une redoutable efficacité. Il n’a pas fallu grand-chose pour que ce duo fasse bouger un Dance Hall déjà prêt à rugir en fin d’après-midi. Face à eux, notamment (rappelons que le Dour Festival, c’est six scènes...), il y avait The Futurheads. Avec un son ancré post-punk (une appellation, pour une fois, pas trop galvaudée), le quatuor de Sunderland a réussi, toutes guitares dehors, à convaincre sans pour autant faire quelque chose de trop carré ni de trop évident.

Avant cela, à l’aube presque pour de nombreux festivaliers, The Dancing Naked Ladies ouvraient le bal à 12h40. Avec naturel. Sans fioritures pour ces régionaux (des vrais car ils viennent de Baudour) qui ont l’authenticité pour devise. Direct mais avec des touches de poésie, ils ont ce petit quelque chose qui fait de "Fauves" un des excellents albums belges de l’année. Absynthe Minded lui aussi devait se croire à la maison si l’on en juge par le déplacement massif de la communauté néerlandophone devant la Last Arena. Les Gantois, qui auraient écrit, selon certains, la chanson belge de la décennie, séduisent toujours autant.

Autres belges, autre ambiance dans le Club-Circuit Marquee où les Liégeois de My Little Cheap Dictaphone (sorry MLCD) se produisaient. Avec un Tragic Tale of a Genius dans la besace, pas de bouleversement dans la set-list, Redboy et Cie, aidés de quatre cordes, jouent leur album-concept dans le bon ordre. Juste une petite surprise, mais elle est vraiment minime vu la programmation, Pall Jenkins, le chanteur de Black Heart Procession, déjà présent sur l’album est venu chanter son couplet. En montrant assez ostensiblement un pense-bête. Pas cool pour les Principautaires dont l’album compte certainement en 2010 sur la scène nationale.

Celui des Subways a probablement moins d’impact sur la scène anglaise mais le duo (certes, il y a un batteur) se démène pour remuer son public. Charlotte Cooper et Billy Lunn, qui ne s’est pas cassé une cote ou l’autre comme cela lui arrive parfois quand il se jette dans le public, n’ont pas ces mélodies qui font tout le charme d’une écoute tranquille à la maison, mais communiquent une énergie de tous les instants.

Eté 67, dans un style bien différent, est également capable de susciter une émotion dans le public. Dans le Dance Hall [?], les Liégeois ont réussi à sublimer des titres que l’on aurait davantage vu aux Francofolies. "Qui dort au camping ce soir? demande le chanteur. Moi, j’y vais. Enfin, si on me laisse passer les différents contrôles avec tous les stupéfiants que j’ai dans la poche. C’est comme quand on tournait en Suisse ou en France et qu’on nous arrêtait aux douanes. Notre album s’appelle "Passer les Frontières"." De l’à-propos, du culot.

A l’heure de boucler ces lignes, Gwar (groupe américain clownesque - allez découvrir leur look sur leur site - dont les membres refusent qu’on ne s’arrête qu’à cela alors que c’est quasiment la seule chose intéressante chez eux), Chromeo, Dave Clark, Atari Teenage Rio et Fun Lovin’ Criminals devaient encore se produire... la nuit risquait d’être longue.

Basile Vellut

13:25 Publié dans Dour | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.