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04/10/2010

Philippe Katerine, tout simplement

katerine.jpgLe matin même, Alice, presque 5 ans, après avoir entendu à la radio le single La banan e, nous demandait ce qu’il faisait ensuite, le monsieur, après l’avoir mangée son fruit pas si défendu. Question qui fait sourire l’intéressé. “Mon petit filleul de trois ans est également très intrigu é”, dit-il. “À mon avis, après, il se baigne. Vous pouvez le dire à votre fille. ” Et à tous les enfants (et les grands) qui pourraient se poser la même question existentielle.


 

C’est marrant comme les mômes aiment votre album !
“C’est rigolo, oui, on me le dit tout le temps. Mais ce n’est pas étudié pour, je vous assure. Heureusement qu’ils ne comprennent pas les paroles, notez…”

A posteriori, quel a été l’effet du succès de l’album Robots après tout ?
“Jusque-là, je faisais des concerts, j’ai toujours vécu de ma musique, je n’ai jamais demandé plus. Quand c’est arrivé, ça n’a pas changé grand-chose, sauf qu’on m’a demandé de jouer dans des festivals et j’ai trouvé ça pénible. Jouer devant 30.000 personnes, j’ai trouvé ça ridicule au bout d’un moment. J’avais envie de voir ce que c’était plutôt que de dire non comme un con. Mais je n’y ai pas trouvé mon compte.”

Vous pouvez vous permettre de dire qu’on ne vous y reprendra plus ?
“Bien sûr, on peut tout se permettre. Il y a beau y avoir une maison de disque derrière, il y a surtout un être humain qui décide, non ?”

Si. Ce succès n’a rien changé à votre manière de travailler sur cet album ?
“Ah non, rien du tout. J’ai commencé à écrire quand j’en ressentais le besoin et je me suis arrêté quand j’étais tout vide.”

Comment on le ressent ce besoin ?
“C’est dans le corps… Il y a comme quelque chose qui vous irrite, vous vous sentez gros, lourd, suant : il faut que les chansons sortent. Chez moi, c’est comme ça depuis… tout le temps.”

Parmi les choses qu’on adore chez vous – ou que l’on n’aime pas du tout – c’est le côté épuré à l’extrême, dans le texte comme dans la musique…
“C’est ce dont j’avais envie. J’avais des chansons classiques, avec une idée qui se développe… Mais je me suis rendu compte que moins j’en disais et plus ça m’intéressait, plus c’était riche. Enfin, c’est ce que j’ai pensé.”

Votre album est court mais long… ou l’inverse.
“Oui. Les morceaux sont courts, mais au final, il fait 50 minutes, ce qui doit être mon disque le plus long.”

Étonnamment, on se pose beaucoup de questions à votre sujet, comme si tout était à mettre en doute…
“C’est vrai, il peut y avoir comme une sorte de paranoïa qui s’installe chez l’auditeur. Comme si on avait peur que je mente, que je mène les gens en bateau. Ce qui est la dernière chose que j’ai envie de faire. Mais allez savoir, j’ai peut-être mérité ça.”

 

 

Philippe Katerine, Philippe Katerine , Universal

Interview > Isabelle Monnart

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