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08/10/2010

Aaron: “Depuis le début, on a un truc à prouver”

aaron.jpgAaRON est de retour après le succès de Lili et d’Artificial Animals Riding On Neverland. Cela aurait pu se résumer à une rencontre que l’on fait un soir, une de ces rencontres qui débouchent sur une belle et solide amitié mais qui ne bouleversent pas pour autant des vies. Depuis qu’ils ont décidé de bidouiller de la musique ensemble, Simon Buret a quelque peu mis ses ambitions cinématographiques au placard alors qu’Olivier Coursier a rangé sa guitare de Mass Hysteria au même endroit. Birds in The Storm , le deuxième et très réussi album d’AaRON, démontre que le duo français n’est pas un one-shot . Les deux Parisiens, en tout cas, ont gardé enthousiasme et simplicité.


Vous avez ressenti de la pression en faisant ce deuxième album. Une pression d’autant plus importante que le premier album était inattendu et que l’un de vous deux devait se lancer dans un nouveau métier ?
Simon Buret : “Je pense qu’on a la chance d’avoir une inconscience un peu des choses. Le deuxième album, on ne voulait pas le faire juste parce que le premier avait été entendu, avait eu du succès. Juste surfer sur cette vague comme cela peut arriver parfois. On voulait à nouveau composer de la musique et refaire des titres quand on se sentirait inspirés et qu’on aurait des choses à dire. Cela s’est passé naturellement. Quand on a clos le chapitre du premier album en juillet 2009 avec un concert en Allemagne. Cela a dû libérer des trucs, en tout cas dans ma tête, pour me rendre disponible à la liberté qui allait venir après. Cette liberté-là, je crois qu’on l’a mise dans la musique que l’on a composée. Il n’y avait pas une espèce de cahier des charges. Quand on a commencé en septembre, la seule idée était que l’on soit libre, que les textes et la musique soient fusionnels bien sûr et d’expérimenter des trucs.”

Vous avez dû bénéficier de plus de possibilités pour faire cet album. Avoir plus d’argent, disposer d’un vrai studio…
S.B. : “Non, on a fait tout pareil.”
Olivier Coursier : “On l’a fait dans les mêmes conditions, mis à part un peu plus de matériel. Dans ma chambre, à deux de A à Z.”

 

 

Une condition sine qua non ?
O.C. : “C’est venu naturellement. On a vécu des moments énormes, tout le temps entouré. On avait besoin de se retrouver au centre de la création tous les deux. C’était hyper-important pour nous.”
S.B. : “On devait retrouver la base.”
O.C. : “On a retrouvé de cette façon l’atmosphère du premier album. La pression dont vous parliez, on ne l’a pas ressentie. On s’est amusés. On avait des choses à dire, à faire, on enchaînait les choses naturellement sans penser à un album, même si au fond de nous on savait ce qu’on faisait mais on ne réfléchissait pas comme ça.”
S.B. : “Moi je voulais qu’Olivier me rejoigne aux États-Unis où j’étais pour qu’on soit dans cette bulle, loin de tout. On a commencé à composer à Paris et il m’a convaincu de le rejoindre, à me convaincre que la bulle ce n’était pas seulement physique, que c’était aussi une intimité que l’on pouvait créer là où on voulait. Du coup, on est restés au home studio où c’était assez kiffant de refaire de la musique dans les mêmes conditions que le premier album. Du coup, tout redevenait assez fluide, assez limpide. On était juste à deux, on n’avait de compte à rendre à personne. On avait reçu un coup de fil de la maison de disques qui disait faites ce que vous voulez, prenez le temps que vous voulez. On a pu faire ce qu’on voulait, expérimenter avec cette idée de laboratoire, à chercher, à bidouiller des sons. Et on a présenté le projet à la maison de disques le jour où c’était terminé. Pas d’intervenants superstars ou de producteurs de Miami. On voulait rester à deux.”

 

 

Il n’y avait pas une petite pression à l’idée d’être écouté ?
O.C. : “Avant, peut-être, mais une fois qu’on est lancés. À la rigueur, on se les pose maintenant : est-ce que ça va plaire ? Mais en même temps ce n’est pas grave. De une, c’est fait. De deux, c’est exactement ce qu’on avait en tête, ce qu’on voulait dire.”
S.B. : “De trois, on a de bons échos. Si on s’en prenait plein la gueule.”
O.C. : “Oui, mais on ne voulait pas faire un single pour que ça marche.”
S.B. : “Si tu fais ça t’es foutu.”
O.C. : “Oui mais il y en a qui le font. En tout cas, même si c’est dur, car c’est ton bébé, c’est moins dur quand tu l’assumes complètement.” S.B. : “Ah moi, je ne vois pas ça comme ça. Peut-être parce qu’on est deux. Je ne te dis pas que ce n’est pas dur.”
S.B. : “0ui oui, mais ça, c’est l’état d’esprit à la base. T’as besoin d’être satisfait au début, sinon tu le sors pas. Ou alors tu te trompes de chemin. T’as baissé ton froc.”
O.C. : “T’as donné la bonne réponse.”
S.B. : “Ça ne pouvait pas nous arriver, c’est tout un style d’industrie différente. Ça ne nous arrivera pas, du moins je le crois.”

Vous n’aviez pas envie de montrer à tout le monde que vous n’êtes pas un one-shot…
S.B. : “Ça, on le verra maintenant. Depuis le début on a un truc à prouver. Quand on est arrivés sur le film : Ah voilà vous avez fait une chanson, faut voir si le film marchera bien. Quand il est sorti : On vous attend au tournant, faut faire un album. Puis : Vous allez devoir faire une tournée. Chaque fois on nous a dit ça. C’est un truc un peu français d’être attendu au tournant. Ah ah, on t’avait dit que t’étais de la merde. Peut-être qu’effectivement le fait de faire un album, mais j’ai jamais ressenti quelque chose de négatif.”

Interview > Basile Vellut

AaRON, Birds in the Storm

En concert le 1er avril 2011 à Forest National

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