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21/10/2010

Le temps du Troisième temps

grand.jpgGrand Corps Malade vise juste, émeut, se fâche et ça fait rudement de bien. Si son album s’appelle 3e temps, ce n’est pas tout simplement parce que c’est le troisième. Il y a un peu de ça, bien sûr, mais aussi quelques variantes autour d’un chiffre désormais important dans sa vie puisque depuis pas si longtemps, ils sont trois à la maison. Et puis, il y a L’heure d’été, troisième temps de l’année, d’après Fabien. Sans oublier, bien entendu, l’allusion musicale.


C’est plein de bonheur tout ça : l’été, un bébé. Et pourtant, l’album ne dit pas que des choses légères…
“Ben non, mais même dans les moments les plus lumineux, quand tu regardes autour de toi, il y a plein de choses qui sont graves, qui font mal et qui sont dures. Après, il y a beaucoup de textes plutôt souriants : celui sur mon enfant, le duo avec Aznavour, Roméo kiffe Juliette, ça finit bien…”

Ça veut dire que vous étiez plutôt heureux, pendant la gestation de cet album ?
“Oui. La période d’écriture correspond surtout à toute la période très agréable de la deuxième tournée. Et puis, point de vue personnel, il y a eu l’arrivée de cet enfant, tout ça.”

Vous avez l’impression que professionnellement, quelque chose a changé ?
“Je ne suis pas forcément plus épanoui, mais disons que le côté personnel va s’imbriquer totalement dans le professionnel. La tournée, par exemple, on va l’organiser pour que je ne sois pas parti trop longtemps. Bien sûr que ça devient une source de joie, d’épanouissement et d’inspiration…”

Vous vous êtes mis tout de suite à l’écriture de cet album, dès que la tournée a commencé ?
“Oui. La période où j’écris le moins, c’est pendant la promo, en fait. Un : je n’ai pas le temps. Et, deux : l’album est prêt mais il n’est pas sorti ! Dès que ce sera le cas, que les gens vont, je l’espère, s’approprier les textes, je vais pouvoir me remettre au travail.”

Vos titres sont des instantanés de vie, comme Rachid taxi, cet homme insensé…
“… et souvent, je trouve que ce sont les meilleurs textes. Ceux qui partent d’un petit détail. Un truc qu’on a vu, entendu, une anecdote. Un mec qu’on a rencontré et dont on a envie de parler. Après, ça devient un thème plus large, plus universel. Mais ça démarre souvent comme ça.”

Vous évoquez des mamies qui slament dans les maisons de retraite. Vous organisez toujours des ateliers d’écriture et ce genre de choses ?
“Bien sûr. Je fais des ateliers chaque semaine. Et il n’y a pas que des grands-mères, d’ailleurs. Il y a aussi des jeunes qui viennent dans les maisons de retraite. Ça permet, en plus du slam, de faire venir un peu de jeunesse dans ces lieux qui sont parfois un peu tristes. Le mot mamy et le mot slam sont parfaitement compatibles. Elles sont très inspirées.”

Le premier single, Roméo kiffe Juliette, évoque l’amour malgré les différences avec beaucoup d’élégance.
“Il y avait l’aspect ludique de moderniser l’histoire, je parle de texto, d’iPhone… Et puis, sur le fond, c’est un appel à plus d’ouverture d’esprit. Là, il s’agit de religion, mais Roméo aurait pu être noir et Juliette blanche. Ou arabe et chinois, ou riche et pauvre. Il y a malheureusement tellement de choses qui peuvent diviser des gens, aujourd’hui. Accentuées par nos élites, qui passent leur temps à montrer ces différences du doigt.”

Interview > Isabelle Monnart

 

Grand Corps Malade, 3e temps, Universal.
En concert au Cirque Royal de Bruxelles le 7 avril 2011

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