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13/11/2010

2010, l’année Barât

CB approved1 low.jpgLa période Libertines derrière lui, c’est un nouveau Carl qui se dévoile dans son premier album solo éponyme. Des blessures, des rancœurs, il a décidé d’en faire un album. Un album personnel qui ne porte en aucun cas la marque Libertines. Quand il évoque ce passé, on sent un être blessé, les dix années écoulées ont été source de douleur pour Carl Barât. Et si, aujourd’hui, tout va pour le mieux entre Peter Doherty et lui, Carl a pris du recul et ne fait plus des Libertines sa priorité. Évoquant son ancien groupe dans The Magus , à l’ouverture de l’album, en une phrase “Don’t forget the good old days” (The Good Old Days étant une des premières chansons écrites par The Libertines, NdlR), Carl boucle la boucle et regarde vers l’avenir. C’est un Carl Barât émancipé, qui a décidé de prendre des risques en délaissant guitares électriques et rock indie pour se pencher vers un rock cabaret où violons et violoncelles priment. Un nouveau genre qui lui va bien et donne un opus surprenant.


Votre album évoque quelques ruptures mais à la fin, il y a un peu d’espoir…
"Oui c’est vrai qu’il y a beaucoup d’optimisme à la fin de l’album. Mais l’ordre des chansons m’est venu naturellement. Ce n’est qu’un heureux accident si ces morceaux là se retrouvent en fin d’album. Je me suis beaucoup ouvert pour écrire, et quand on s’ouvre, des sentiments actuels finissent par passer. Ce sont ces sentiments positifs qui sont présents ça et là dans les textes."

De quoi parle Run with the boys ?
“D’amitiés vieilles de 10 ans, de la vie dans un groupe, de l’excitation des débuts. C’est le fait de choisir ou non la vie de rock star, la vie que j’avais avant, la drogue, l’alcool,… Ou de changer pour une fille.”

Vous avez choisi de changer donc ?
"J’essaie ! (Rires) j’essaie d’être plus posé, de changer."

Le fait d’être bientôt papa vous change ?
"Oui je pense, j’essaie d’être moins saoul sur cette tournée ! D’être moins égoïste et de penser au futur. Ça fait partie du voyage, de la route que j’ai prise."

Considérez-vous cet album comme une ode à toutes les filles ?
"Peut-être. Je ne l’ai pas écrit en pensant comme ça, j’ai écrit cet album en pensant à une fille bien précise…ma copine en fait. Mais ça pourrait être adressé à toutes les filles, ça parle du fait de recommencer un nouveau départ, de mettre le passé derrière soi et d’ouvrir un nouveau chapitre, c’est pour ça que l’album est dans un sens assez optimiste."

Sur les photos de l’album, il y a toujours une fille à l’arrière plan…
"Je ne pouvais pas être seul sur la pochette, ça aurait donné une image trop égoïste. Et comme la même fille existe dans chaque chanson, ça avait du sens de mettre cette fille en fond de chacun de mes autoportraits."

Pourquoi avoir délaissé les guitares électriques?
"La difficulté de cet album c’est qu’il est beaucoup plus personnel, j’y ai mis un tas d’émotions dedans. C’est un album plein de couleurs et le retrait des guitares se sont fait naturellement."

L’album a un côté très théâtral…
"C’est un autre point positif au fait de laisser de côté les guitares, on a plus de possibilités dans les sons, on peut mettre plus de choses dans un morceau."

Vous pensez enfin avoir trouvé votre propre son, votre identité ?

"C’est un long voyage depuis les Libertines. Ce soir, on va jouer quelques morceaux des Libertines. Donc ce n’est pas un changement radical : on passe à autre chose et on oublie tout. Et je ne voulais pas faire un album d’indie rock comme on en trouve partout en Angleterre. Je continue mon voyage tout simplement."

En parlant des Libertines, comment ce sont passés vos concerts retrouvailles au Reading et Leeds festival ?
"C’était génial ! C’était deux très bons concerts et l’émotion y était très forte."

Vous voyez un futur pour les Libertines ?

"Oui! Peut-être un album. On verra. C’est dur. On ne peut jamais s’assurer de rien avec Peter. Et pour le moment je suis pas mal occupé avec ma tournée, mon album solo. Pas avant l’année prochaine quoi qu’il en soit..."

Pourquoi avoir choisi exclusivement de petites salles ?
"J’ai besoin de trouver mes marques. Et puis, je n’étais pas sûr qu’on vendrait assez de tickets pour faire des plus grandes salles. La partie anglaise de la tournée était assez difficile car le public venait exclusivement pour écouter des morceaux des Libertines. Mais généralement les concerts se déroulent super bien, c’est chouette. En Europe ça se passe autrement, les gens viennent plus pour découvrir."

En Angleterre, les tabloïds comparent sans cesse votre travail aux Libertines et à Doherty. Vous ressentez une frustration par rapport à ça ?

"Oui, la presse anglaise ne sait faire que ça. Ça commence à être fatigant. Ça ne me fait pas plaisir du tout d’être comparé tout le temps à Peter. Mais je fais en sorte de ne plus être touché par ça sinon tu es tout le temps fâché et ça t’obsède."

Tout ça vous a angoissé pour la sortie de l’album ?
"Non pas vraiment. Avant j’écrivais et je jouais des chansons pour plaire au public, je voulais être reconnu. Mais cet album-ci est beaucoup plus égoïste."

Une enfance difficile, des moments terribles avec les Libertines et une période Dirty Pretty Things pas vraiment calme. Aujourd’hui, vous pouvez dire que votre vie a trouvé un certain équilibre ?
"J’aimerais bien... mais ma vie n’est pas aussi calme que ça. Je ne suis pas ce genre de personne. Tout n’est pas rose…pas encore. Même si les choses deviennent tout doucement plus calmes. J’y travaille en tout cas ! Mais ce n’est pas autant le bordel que pendant la période Libertines. C’était vraiment merdique cette période-là."

Est-ce que ça vous a inspiré dans cet album ?

"Oui je pense bien. So long my lover découle de ça. Il s’est passé beaucoup de choses dans ma vie, beaucoup d’événements, pas toujours très glorieux. Et je m’inspire de tout ce passé."

Pensez-vous déjà à un deuxième album?
"Je ne sais pas. J’ai commencé à écrire de nouveau morceaux après la sortie de l’album mais je ne suis pas capable d’écrire en tournée. J’ai besoin de me poser, d’être seul pour écrire. De rentrer à la maison, d’éteindre la télévision et de m’y mettre."

Maïlys Charlier

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