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22/11/2010

Quand le Professeur se lâche

joe.jpgJoe Satriani revient à l’essentiel dans Black Swans And Wormhole Wizards, son nouvel album. Joe Satriani, Satch pour les intimes, est un guitariste hors du commun. Après avoir été choisi pour réaliser la tournée tribute à Jimi Hendrix, il était de passage à Bruxelles pour la promotion de son nouvel album solo. Il nous a accordé quelques minutes de son précieux temps pour une interview exclusive…


Tu explores de nouvelles variétés de sons de guitare dans Black Swans And Wormhole Wizards. Comment expliques-tu ces changements ?
“De différentes manières. Je dois bien avouer que mes concerts avec Chickenfoot (le supergroupe qu’il forme avec Sammy Hagar, Marc Anthony de Van Halen et Chad Smith, le batteur des Red Hot Chili Peppers, NdlR) et ma tournée avec le tribute band pour Hendrix m’ont ouvert d’autres perspectives. J’ai partagé beaucoup de choses avec de supermusiciens et j’ai redécouvert les conditions de jouer avec un groupe en live. J’ai aussi terminé la réalisation de mon studio personnel et cela m’a permis d’essayer de nouvelles choses. En outre, j’ai aussi perdu ma mère en décembre dernier. Voilà ce qui peut expliquer mon état d’esprit au moment d’enregistrer cet album.”

Tu n’as d’ailleurs pas hésité à apporter une touche bluesy" sur deux de tes titres. C’est aussi assez neuf ça, non ?
“En fait, les gens savent ce que j’ai l’habitude de jouer mais peut-être pas ce que je joue quand je suis seul. Or, j’adore prendre ma gratte et aligner quelques accords de blues. C’est quelque chose de très particulier pour moi. C’est la raison pour laquelle je me suis dit que j’allais proposer ces deux titres.”

Et avec The Golden Room, tu apportes même une coloration indienne à ta guitare. Pourquoi n’as-tu pas utilisé un sitar pour ce titre ?
“Je me suis toujours intéressé aux musiques du monde et, plus particulièrement, aux musiques des pays que j’ai visités. Sur mon précédent album, il y avait Andalusia, un titre inspiré des sonorités latines. Cette fois, je me suis tourné vers l’Inde. Je n’ai pas joué du sitar car j’en suis tout simplement incapable (rires). C’est trop difficile et je ne me suis pas assez investi dans la pratique de cet instrument pour en faire un titre…”

Ta musique n’a jamais été aussi organique. Tu te dévoiles beaucoup à travers cet album qui s’éloigne des démonstrations techniques auxquelles tu nous avais habitués…
“Effectivement. Ceci dit, je n’ai jamais composé un seul titre avec l’envie d’étaler tout mon savoir-faire. Je n’ai jamais poursuivi un tel objectif. Néanmoins, j’ai toujours voulu dépasser mes propres limites et donner le meilleur de moi-même. Cette fois, j’ai laissé parler mon cœur et j’ai joué à l’instinct en plaçant çà et là des effets que je n’avais pas ou peu utilisés jusque-là. Ainsi, sur Wind In The Trees, j’ai ajouté Auto-Tune, un effet qui modélise la voix et que la plupart des groupes actuels emploient. Plus je jouais faux et plus j’obtenais l’effet escompté. Je me suis bien marré en retirant ce titre de mon placard.”

Tu l’as écrit il y a longtemps ? Et pourquoi décides-tu de le ressortir maintenant ?
“Je l’ai composé quand j’étais encore adolescent ! Je jouais de la guitare dans ma chambre et je me suis arrêté pour regarder le vent souffler sur les branches. Je ne sais pas pourquoi mais cette image m’a marqué. La raison pour laquelle elle fait sa réapparition aujourd’hui ? Eh bien, j’aurais bien du mal à te l’expliquer. En tout cas, elle est là et j’ai pris beaucoup de plaisir à la rejouer de cette façon, comme si j’étais saoul…”

J’ai lu que ton groupe Chickenfoot s’apprêtait à sortir son deuxième album ?
“Oui, sa sortie est prévue au début de l’été. Nous avons déjà écrit 14 chansons. Nous entrerons dans la phase de leur finalisation en janvier. Car nous avons aussi nos occupations. Chad (Smith, le batteur, NdlR) est occupé à enregistrer un nouvel album avec les Red Hot Chili Peppers. En ce qui me concerne, je prends énormément de plaisir à jouer avec Chickenfoot. Nous sommes de superpotes et nous éprouvons beaucoup de plaisir à nous retrouver.”

Frédéric Lerouge
Joe Satriani, Black Swans And Wormhole Wizards (Sony)

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