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06/12/2010

Roch Voisine: La nostalgie par la musique

roch.jpgLa nostalgie, c’est le désir d’on ne sait quoi... Il existe, l’objet du désir, mais il n’est point de mots pour le dire.” Non, ce ne sont pas les paroles d’un des titres de Roch Voisine, qui aurait, sans doute, aimé les écrire. Ces quelques mots, qu’il ne désapprouve pas, c’est à Saint-Exupéry qu’on les doit. Et s’il n’est point de mots pour la dire, la musique s’y entend, elle, à merveille… “Je n’avais pas de titre pour l’album mais je ne me suis pas dit Tiens, je vais faire un disque qui s’appelle Confidences. Non, je savais juste que je voulais réussir un certain métissage. Et puis, la nostalgie venant, les titres se sont imposés.


S’il y en a dans les chansons, c’est parce que vous en avez beaucoup en vous ?
“C’est une réaction à la musique, je pense. Je n’avais pas d’idées précises, je me suis laissé porter.”

Ce n’est pas pour autant que c’était mieux avant, donc ?
“Non. Ce n’était pas mieux avant. C’était. C’était comme ça.”

Dans un titre, vous évoquez vos 17 ans. Quel regard portez-vous sur celui que vous étiez alors ?
“J’avoue que je n’ai pas fait l’exercice. Remarquez, je devrais peut-être, maintenant que j’ai deux garçons (de 4 et 6 ans, NdlR) qui vont un jour avoir 17 ans ! Je pense qu’à 17 ans, on a plein de rêves, mais qu’on ne sait pas trop comment les réaliser. Et puis, la vie est beaucoup plus simple, et très égocentrique, parce qu’il faut se faire sa place. Il faut choisir ce que tu veux faire, ne perdant pas de vue ce que tu peux ! La société te met déjà dans une case…”

Les rêves que vous aviez à 17 ans, vous avez l’impression que vous les avez réalisés ?
“On change de rêve, en grandissant, en évoluant. Encore une fois, on a des limites… À cet âge, on entre dans un engrenage qui vous entraîne bien malgré vous.”

Dans la chanson Libre, vous évoquez pour vous ce qu’est la liberté, sur la route dans ce cas. Est-ce que sur scène, vous éprouvez cela aussi ? À quel moment vous dites-vous que là, il n’y a pas d’entraves ?
“Je pense que ça n’existe pas. Ou alors, sur la route, justement. Peut-être que si j’étais pilote d’avion… Mais sur la route, je prends le temps de penser librement à tout ce que je veux. Je n’écoute pas de musique en voiture. Je peux rouler cinq heures dans le silence. Je fais un break. C’est une sensation immédiate : tu mets ta clef de contact et c’est parti. C’est un truc physique, presque. J’aime les gros camions…”

Un vrai petit garçon, quoi !
“Tout à fait, j’assume ! Sur scène, pour revenir à ça, on ne se sent pas forcément libre. Parce qu’il y a beaucoup de demande, beaucoup d’attente. Les gens qui sont là, ils ont tous payé leur ticket… Et tu le sens. J’éprouve beaucoup de plaisir, mais de là à dire qu’on est libre, ce n’est pas vrai.”

En préparant cet album, vous pensiez déjà aux titres que vous alliez jouer sur scène ?
“Non, je n’ai pas pensé au concert par rapport à cet album mais par rapport… aux autres concerts. Je me suis demandé où j’étais, ce que j’avais déjà fait, pas fait. Revenir avec la même formation, les mêmes titres, ce n’est pas très intéressant. Les gens qui viennent – et ce sont quand même beaucoup les mêmes –, je n’ai pas envie de leur servir du réchauffé.”

Vous allez tourner quand avec Confidences ?
“Pas avant septembre prochain, à mon avis. Avant, je vais un peu me produire au Canada. Ça fait trop longtemps que je ne l’ai pas fait. Et Americana, qui est sorti il y a peu, marche bien là-bas.”

I. M.

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