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24/01/2011

Nolwenn Leroy: Une fille convaincante et convaincue

nolwenn.jpg“On l’a perdue pour de bon avec cet album !” a-t-elle entendu dire perfidement  . Ouf, ceux-là avaient grandement tort… On ne se l’imagine pas forcément comme ça. Elle, toujours très distinguée, parfois toute en retenue. Pourtant, Nolwenn parle franchement. Ses yeux  clairs brillent...Elle s’anime quand elle met le doigt sur ces trucs marketing qui gravitent autour d’elle et qu’elle a du mal à appréhender. Elle se révolte, un peu. Une honnêteté qu’on adore !


On imagine que ce n’est pas facile de mettre sur le marché un album traditionnel…
“J’ai eu de la chance quand je suis arrivée avec mon projet d’être soutenue par mon directeur artistique qui est Breton. J’étais convaincue de mon idée… et très convaincante ! Mais au niveau des médias, j’ai rencontré un gros point d’interrogation. On disait,  après mon album pop-folk scandinave ( Le Cheshire Cat et moi , NdlR) : elle s’enterre, elle part définitivement dans ses délires musicaux et là, on l’a perdue pour de bon !”

Vous l’avez en travers de la gorge ?
“Oui, quand même. Le Cheshire Cat, c’est un album que je revendique, encore plus aujourd’hui, parce que je me dis qu’avec lui, j’ai installé des choses et l’accueil de Bretonne n’aurait pas été le même. Le problème que j’ai rencontré avec l’album précédent, c’est qu’il ne correspondait pas à ce qu’on attendait de moi.”

Vous ressentez qu’on attend quelque chose précis de vous ?
“Les gens qui avaient émis des réserves sur l’album précédent l’ont redécouvert sur scène, peut-être parce que ma voix était plus mise en avant. Je ne sais pas très bien à quoi ça tient…”

Vous vous sentez handicapée par votre nom ou votre voix ?
“Pas par ma voix. Mais je suis handicapée par mon nom qui est associé jusqu’à présent à une marque. Il y a quelque chose de très politique là-dedans, et au sens premier du terme. Au moins, avec Bretonne, mon nom est associé à mes vraies origines, plus qu’à mes origines médiatiques à la base. C’est ça qui fait du bien !”

Mais vous ne reniez rien de vos débuts ?
“Non, bien au contraire. Mais je trouve ça aberrant qu’en France, un même chanteur qui va changer d’apparence, de nom, du jour au lendemain, mais qui continue à faire la même musique, soudainement, ça devienne fabuleux ! On en a eu la preuve l’année dernière. Sincèrement, je trouve ça ridicule et abject. Pour moi, la seule chose qui compte et s’inscrit dans le temps, c’est la musique et pas l’image. Mais sur l’album précédent, on m’a démontré que c’était faux, que la musique ne suffisait pas. Et c’est ça qui m’a frustrée…”

Le succès commercial ne vous préoccupe pas ?
“C’est sûr que le Cheshire Cat a eu un succès commercial moindre que mes albums précédents mais, en même temps, ce n’est pas non plus la catastrophe !”

Exister en musique, c’est une bataille perpétuelle ?
“Oui ! Il y a tellement de nouveaux artistes tout le temps, avec de moins en moins de disques vendus. On remarque que le public s’attache moins aux artistes, aux personnalités… C’est une force et en même temps une faiblesse. Tout peut marcher et on peut s’éteindre du jour au lendemain. Parfois, des projets qui sur papier ne fonctionneraient pas, explosent tout à coup.”

C’est difficile ?
“Oui. J’assiste à ça. Tout le monde a besoin d’une histoire pour présenter ses chansons. Arriver avec son album, avec de jolies chansons, ça ne suffit plus. Ça ne porte pas assez. Il faut une histoire derrière. Quand on dit qu’un album n’est pas commercial, c’est faux ! À partir du moment où il y a une histoire derrière… Ce n’est plus l’air de la chanson qui va rester dans la tête des gens, mais l’histoire de l’album. C’est difficile à exprimer. C’est plus compliqué qu’un truc de tops ou de flops…”

Charlotte Vanbever

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