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01/02/2011

Claire Keim: “Ça fait peur, ça fait mal, ça fait du bien…”

claire.jpgClaire Keim n’est pas que jolie, actrice et compagne de Lizarazu. C’est aussi une redoutable chanteuse, qui sort un premier album qui a su se faire attendre. Elle est là, grande, belle, éminemment classe. La voix est douce, posée, mais fatiguée. Les larmes jamais très loin, comme lorsqu’on évoquera Jean-Louis Aubert, “le genre de personne qui me fait aimer la vie”.


Pour autant, Claire Keim peut aussi se montrer drôle, plus accrocheuse, forte. Une petite fleur, mais qui sait sortir les épines, quoi. Une femme complexe, et donc intéressante. Une artiste multiple, aussi : si pour le grand public son nom est intimement lié à la télé (elle a encore cartonné récemment sur TF1 avec Bienvenue aux Edelweiss, pour lequel une suite est déjà en chantier), via Zodiaque ou Les Enfoirés, c’est aussi une redoutable chanteuse, qui sort, “enfin”, son premier album. Rencontre autour d’un mojito (bienvenu) de fin de journée de promo.

Le tout premier album… Ça fait quoi ?
“Ça fait peur, ça fait plaisir, ça fait mal, ça fait… longtemps, ça fait des ronds dans l’eau… Mais au-delà de tout, ça fait du bien !”

Tous ne le savent pas, mais vous avez toujours baigné dans l’univers musical. Pourquoi avoir attendu aujourd’hui pour le faire savoir avec ce disque ?
“Parce qu’il m’a fallu attendre le cran nécessaire d’y aller. À 14 ans, je chantais dans un cabaret. À 16 ans, j’ai enchaîné avec une comédie musicale. En fait, la musique m’a happée ! Tous mes amis en faisaient, et j’ai eu l’occasion de chanter dans des petits concerts, ce genre de choses… Bref : je ne sortais pas d’album, mais j’ai toujours fait de la musique. Puis, il y a eu le duo avec Marc (Lavoine, NdlR) qui m’a permis de patienter. Vous savez, présenter son travail, ses textes, sa personnalité, c’est quelque chose qui se mûrit…”

Les premiers mots du single Ça dépend (écrit par Ours, fils bourré de talent d’Alain Souchon, NdlR) sont J’aimais penser que ça n’arriverait jamais… Un hasard ? Ou vous parlez de ce premier album et de tout ce qu’il y a de tétanisant là-dedans ?
“Ah c’est marrant, je n’avais pas du tout fait gaffe à ça… C’est la première fois qu’on me le dit ! Eh bien… Peut-être inconsciemment. Parce qu’il est certain qu’au fond de moi, même si j’avais peur, j’aurais surtout aimé que ça arrive, enfin ! Juste après le duo avec Marc, on m’a proposé un album. Je ne sais pas comment j’ai eu la force de refuser, mais j’ai refusé. Une petite voix en moi me disait d’aller au bout de mes compos, de mes pianos voix, de moi-même. De mon univers. En tant que comédienne, on se met sans cesse au service des univers des autres. Je voulais enfin laisser parler le mien…”

On vous a proposé d’être quelqu’un que vous n’êtes pas ?
“Il y avait de très belles chansons, mais que n’importe qui aurait pu chanter. Or, je voulais un truc que seule moi pouvait sortir. Avec mes travers, mes défauts, mes coups de cœur, toutes ces petites choses qui sont sur l’album.”

On parlait de Marc Lavoine. Tiens voilà un invité qur votre album qu’on attendait et qu’on n’a pas…
“Marc a vraiment changé ma vie. Je n’en serais pas là, s’il n’était pas devant sa télé avec sa femme, le soir où j’ai poussé la chansonnette chez Ardisson… Il cherchait une voix féminine et Sara, à côté de lui sur le canapé, lui a dit : Je crois que t’as trouvé. Il m’a donc appelé pour ce joli duo, Je ne veux qu’elle. C’est Marc qui m’a emmenée aux Enfoirés, et il a été le premier à m’encourager à sortir mon propre album. Je crois que c’est pour ça qu’il n’est pas là. Il est un peu à la base de tout, il ne pouvait pas, aussi se trouver en finalité du projet… Il m’a toujours encouragé à exister par moi-même.”

Il nous a semblé, à l’écoute des dix pistes de la galette, que les textes les plus graves collaient aux mélodies les plus légères, et inversement… Est-ce que vous êtes une femme de paradoxes ?
“Ça fait plaisir, vous avez bien écouté l’album… Je suis tout à fait d’accord avec vous. J’aime quand la légèreté n’est qu’apparente. Dans Ça dépend, une chanson un peu ritournelle et entêtante, aux apparences très frivoles, comme ça, je parle en fait d’un moment très précis, violent : celui où on commence à tomber amoureux et que ça fait peur. Dans cette manière de chantonner, de susurrer, il y a en fait quelque chose de très violent qui me plaît beaucoup.”

 

Est-ce qu’en écrivant, vous vous êtes surprise vous-même ?
“Y a des chansons qui s’écrivent presque toutes seules, en écriture automatique, et qui peuvent surprendre. Au final, on relit, on chante, et on se demande si on pense ce qu’on a écrit. Je ne sais pas si on le pense, mais en tout cas on le ressent vachement fort… Tel que tu es, je l’ai écrite en sept minutes.”

 

Pour votre compagnon, l’ex-Bleu champion du monde de foot Bixente Lizarazu ?
“En tout cas, je ne me suis pas dit : Je vais lui écrire une chanson, une déclaration. Pas du tout. C’est juste sorti. Si ce n’est pas pour lui, je me demande bien pour qui c’est… Mais il l’a pris pour lui. Je crois qu’il a eu raison. (rire)”

 

La chanson Pommes flashées, parle aussi un peu de votre histoire d’amour, et de l’intérêt qu’elle suscite auprès de certains médias…
“On a la chance de ne pas vivre à Paris, d’avoir une vie privée plutôt calme et, en fait, pas très intéressante pour les tabloïds. Mais cette chanson, j’ai commencé à l’écrire il y a à peu près six ans, quand c’était le début et qu’il a fallu, sans que je ne comprenne trop pourquoi, que tout le monde soit au courant pour nous. Nos vies ont changé, à ce moment-là. Évidemment, des photos sont sorties dans la presse. Le genre de clichés où l’on est toujours très moche, dans des situations improbables. Ça m’avait énervé. Et comme souvent, quand je suis énervée, je prends du papier, un crayon et je commence à écrire… Puis, en regardant sur le coin de mon bureau, je vois deux magazines people, trôner fièrement sur ma table… Sacré pied de nez. C’est comme ça que Pommes flashées est née. Et c’est pour ça qu’elle parle de cette pipolisation que je trouve un peu nulle, mais que je suis en même temps la première à lire. Vous me demandiez si j’étais une femme de paradoxes ? Probablement…”

 

Claire Keim lit donc les magazines people…
“Lisait ! Aujourd’hui, ils ne parlent plus que de gens que je ne connais pas. D’obscurs candidats à des téléréalités que je n’ai absolument pas le temps de regarder… Il y a quelques années, je n’en suis pas très fière, mais je connaissais tous ceux dont on parlait…”

 

Demain, vous serez plus chanteuse ou plus actrice ?
“Et vous, vous n’êtes que journaliste ? Vous n’écrivez que pour votre média ? Il ne vous arrive pas, aussi, d’écrire une lettre d’amour à votre chérie ? Eh bien moi, c’est pareil. Je veux faire ce que j’aime, c’est-à-dire plusieurs choses, de front. regardez Marc, c’est un superchanteur, et un superacteur ! Je ne veux pas être une actrice chanteuse de plus. Même si certains, surtout en France, ont tendance à faire croire qu’on n’a pas le droit…”

 

Interview > Alexis Carantonis
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