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01/02/2011

Le deuxième travail d’Hercule

hercule.jpgAndy Butler compose des Blue Songs pour donner une suite à Blind. Andy Butler n’a pas tout fait à l’envers. Le dj américain, avec un Blind sur lequel Antony Hegarty posait sa voix aérienne, a fait figure d’ovni en 2008 aux quatre coins du monde. Avec une fusion de dance et de pop synthétique, flirtant parfois à la limite du kitsch, le New-Yorkais d’adoption aurait pu essayer de faire un copier-coller pour alimenter Blue Songs, son deuxième album.


Mais le rouquin, pris dans le tourbillon médiatique, a aussi été confronté à quelques difficultés.
“J’ai dû me séparer de DFA, mon label, explique-t-il. Et j’ai donc dû recommencer à l’arrache. Pour le premier album, j’étais serveur et je devais épargner assez d’argent pour aller en studio et louer les services des musiciens. Tout mon budget y passait. J’épargnais pendant un mois puis j’y retournais avec d’autres musiciens. Cette fois-ci, comme je n’avais plus de label, je n’avais plus d’argent en caisse. C’est tout l’argent que je gagnais comme dj qui y est passé à louer des musiciens. J’ai dû financer tout l’album moi-même. J’avais plus d’argent mais j’ai tout dépensé très vite.”

Exit Antony Hegarty (guest amical sur l’album éponyme) et Nomi Ruiz, place à Shaun Wright et Aerea Negrot, deux débutantes qui entourent désormais Kim Ann Foxman.
“Elles sont arrivées naturellement dans ma vie, ce qui est magnifique. J’en ai rencontrée une à un concert et l’autre à une fiesta.”
On pourrait supputer qu’Andy Butler allait surfer sur un succès aussi fulgurant qu’inattendu et qu’il allait se reposer sur ses lauriers mais c’est mal connaître le bonhomme.

“C’est album ne fut pas facile à composer. Pour différentes raisons. Parce que je devais écrire des chansons quand j’étais sur la route. Ce n'est jamais facile. Surtout que sur le premier album, j’ai passé quelque chose comme cinq ans à simplement écrire de la musique. Sans être sûr de la sortir en disque. Ici, on me disait que je ne devais pas trop attendre, on me demandait où j’en étais. Pour le premier, je n’avais pas de deadline, pas cette sorte de pression. Avec le premier album, j’ai tourné pendant deux ans et dès que je le pouvais je me rendais dans un studio. Si j’étais à Londres et que j’avais une journée de congé, je louais un studio et j’allais y travailler pour écrire de la musique. Si j’étais à LA, je me rendais dans un studio avec Kim Ann pour enregistrer des voix. Si j’avais un day off à Sidney, j’allais dans un studio. C’était très différent comme manière de travailler mais pas pour autant moins amusant. J’aime être dans un studio. Plus que tout. Je ne me disais pas que j’aurais été mieux à la plage. Mais ça change, ce n’est pas comme quand vous êtes dans votre studio à la maison. Isolé. Pour moi, un jour de congé signifie travailler.”

Tout ça pour atteindre certains rêves…
“Il y a des moments où vous vous croyez dans un rêve. Quand vous jouez devant des milliers de spectateurs. La semaine dernière, le rêve est devenu réalité quand j’ai vu un film dont j’avais fait la musique. Pour moi, c’était quelque chose de vraiment important. J’ai fait la musique pour un petit film espagnol avec un orchestre. Un magnifique film. J’ai travaillé en studio, avec un véritable orchestre avec qui je devais essayer de communiquer. Ce fut la semaine la plus difficile de ma vie ou au moins de l’année mais c’était aussi la plus belle récompense. J’en avais toujours rêvé. Le film est magnifique et la musique aussi.
Le mois passé nous avons joué avec les Gossip et ce fut très chouette. Nous avons joué devant des milliers de personnes. C’était un rêve qui devenait réalité Gossip et les spectateurs étaient trop cool. Libres d’esprit tous deux. Il y a des moments où je me sens tellement bien sur terre. Et je suis entouré de tellement de bons musiciens. J’ai un nouveau producteur, des nouvelles chanteuses. Et ils sont tellement talentueux.”

La preuve avec ces Blue Songs et des titres aussi aboutis et dansants que Painted Eyes, My House, Answers Come in Dreams.
“Un second album te met toujours dans une situation un peu ambiguë, entre deux. Certains vont trouver que cet album ressemble trop au premier et que c’est donc ennuyant. D’autres qu’il s’en éloigne trop et qu’ils ne le comprennent pas.”
Savourez-le, sans arrière-pensée…

Basile Vellut

Hercules and Love Affair, Blue Songs (Moshi Moshi Records)

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