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19/02/2011

PJ Harvey: un goût de trop peu

pj harvey.jpgCertainement l'un des concerts les plus attendus de cette année 2011: PJ Harvey se produisait deux soirs de suite au Cirque Royal. Et pour la première, on dénombrait beaucoup de musiciens belges venus écouter avec curiosité l'énigmatique chanteuse. C'est qu'à peine sorti, son nouvel opus fait déjà couler beaucoup d'encres. Enregistré dans une église du 19ème siècle avec John Parish, Flood et Paul McGuiness comme compagnons de route, Let England Shake porte la marque Harvey et possède un son bien particulier. C'est de ce son si spécial qu'était imprégné le Cirque Royal ce vendredi. Des effets et des réverbs qui donnent l'impression d'être au sein de cette église.


Accompagnée sur scène de John Parish (Eels, Tracy Chapman, Goldfrapp,...), Mick Harvey (Nick Cave), Jean-Marc Butty (Calexico, Jean-Louis Murat, Venus,...), Polly Jean Harvey a - tout le monde le sait - une voix incroyable, un physique loin d'être désagréable, un look étonnant et, surtout, un talent indéniable. Et pourtant, elle n'a pas réussi à contenter son public vendredi.

Si les morceaux étaient parfaitement interprétés, l’auditeur avait rarement l’occasion d’en profiter jusqu’au bout. PJ et ses musiciens coupant abruptement le morceau au bout de trois minutes. L'on aurait pourtant pu espérer de belles montées avec All and Everyone et The Glorious Land. Il n'en fut rien. De même que la présence de cuivres manquait cruellement à l'appel. PJ Harvey, à l'autoharpe, se tenant d'un côté de la scène, laisse ses musiciens dans un curieux cercle d'instruments. Une division scénique qui perturbe le regard et, peut-être, avec lui, une meilleure écoute des morceaux.

Du merveilleux Let England Shake, au groovy Written on the forehead, en passant par le glorieux The words that maketh murder, l’entièreté de l’album y passe. Ne laissant qu’une maigre place aux anciens titres de la belle anglaise. Après 1h20 de concert, PJ Harvey s’en va sur les airs de The Colour of the Earth. On s’attend à un rappel…qui se fait longuement attendre.

Le public, lui, ne perd pas espoir et réclame désespérément le retour du groupe. PJ Harvey et ses musiciens reviennent après un petit quart d’heure d’attente, nous expédie un Silence en deux minutes et s’en vont. Et là, on ne peut s’empêcher de penser aux 40 euros que l’on aura dépensé pour à peine 1h30 de concert. Laissé dans l’incompréhension, le public s’en ira totalement frustré.

Maïlys Charlier

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