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15/03/2011

Yelle : trio international

yelle.jpgLes Français connaissent un grand succès aux USALa trajectoire de Yelle est étonnante. Sortie de son bois breton en 2005, avec Je veux te voir (vous connaissez sûrement la suite), réponse directe aux propos machistes de rappeur aux paroles carrées, Julie Budet se fait un nom sur la toile. Battant le fer tant qu’il est chaud, elle s’associe alors à Michaël Youn pour la chanson Parle à ma main. Avec Jean-François Perrier (alias GrandMarnier) et le nouveau venu Tanguy Destable (alias Tepr ), Yelle sort Pop-Up, un premier album acidulé, très sexué, sorte de croisement entre la fausse candeur de Lio, les ritournelles de Jacno, le tout mâtiné d’électro et d’un zeste de hip hop.


De phénomène, jugé amusant ou agaçant selon les sensibilités mais très souvent promis à une gloire éphémère, Yelle déjoue les pronostics et s’installe dans la durée. Et le plus étonnant, peut-être, c’est que c’est Outre-Atlantique que le groupe cartonne. Bien sûr, assurer les premières parties de Katy Perry aide à se forger une notoriété mais cela n’explique pas tout. Julie Budet et Jean-François Perrier essaient de décortiquer les raisons de ce succès. “On essaie mais plus on réfléchit, plus on voit qu’il n’y a rien de logique”, s’amuse la chanteuse.

“Les États-Unis sont devenus un peu notre premier pays , admet son acolyte. C’est là qu’on a le plus de demandes de concert, même hors album. Il y a une base de fans assez étonnante. Pourtant, les Américains n’ont pas une grande culture musicale francophone. Ce dont ils se rappellent c’est Ça plane pour moi. Qui est belge… C’est super étonnant et du coup très excitant pour les Américains. On est assez unique, et du coup très bien accueilli.”

Une façon d’exporter sa culture. “C’est vraiment l’ambiance générale qu’ils apprécient , soutient Jean-François. Ils essaient de chanter les paroles ou de les traduire avec google trad pour savoir de quoi on parle mais, finalement, ils laissent un peu tomber car c’est assez insensé quand tu traduis. Des métaphores, des trucs comme ça. Du coup, ils se mettent à chanter comme quand nous on chantait en anglais et qu’on ne savait pas parler anglais sur du Nirvana ou n’importe quoi. Ce qu’ils aiment c’est le son et beaucoup les visuels développés autour de notre musique. Il y a aussi le charisme de Julie sur scène qui a beaucoup fonctionné sur les premières tournées, puisqu’on a commencé à faire trois dates aux États-Unis, puis huit, puis vingt-cinq,… ce sont des étapes. En plus des clips, du net, il y a vraiment quelque chose qui est passé à travers les live, dont notre passage à Coachella qui a fort marché, qui a résonné chez les programmateurs et le public. Ce sont des gens qui viennent de partout. Et cela a créé des microgroupes de fans qui ont passé le mot. Comme une toile d’arraignée, pas juste sur le net mais des gens qui se parlent.”

Yelle forge désormais sa notoriété à l’ancienne, en allant chercher son public sur scène. “Les gens découvrent, en parlent à leurs amis… C’est vraiment à l’ancienne, un bouche à oreille qui fonctionne vraiment bien. Parce qu’on n’est pas très médiatisés. Aux États-Unis, pour continuer là-bas, on a eu par exemple le soutien de MTV pendant une semaine mais ça s’est presque arrêté là. Plus des blogs,… Mais peut-être que les Américains sont plus curieux qu’avant, qu’ils sont plus ouverts aux langues étrangères.”

Julie a sa petite idée là-dessus : “Il y a beaucoup de Mexicains aux States. Dont la langue est proche du français. Ça joue peut-être. D’ailleurs, la deuxième ou troisième ville qui nous suit le plus, c’est Mexico. On a fait une date là-bas, y avait 2.600 personnes. Ils sont très intenses, des fans hardcore, d’une gentillesse et d’une générosité incroyables.”

Basile Vellut

Yelle, Safari Disco Club (Coop)

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