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21/03/2011

Les Strokes arrondissent quelques angles, pas tous

strokes.jpgLes Inrocks sont clairs dans le titre d’un article écrit à l’occasion de la sortie d’un quatrième album : Interview d’un groupe malade. 2001 :Is This It; 2003: Room on Fire; 2006: First Impressions of Earth; 2011: Angles. Il a fallu, finalement, attendre six ans avant que les Strokes ne parviennent à sortir un nouvel album. Bien sûr, tous les membres du groupe américain n’ont pas chômé. Le chanteur Julian Casablancas (album solo Phrazes for The Young), les guitaristes Nick Valensi (collaborations avec Devandra Banhart, Fab Moretti,…) Albert Hammond Junior (albums solos Yours to Keep et ¿Cómo Te Llama ?), le bassiste Nikolai Fraiture (avec le side-project Nickel Eye) et le batteur Fabrizio Moretti (avec le side-project Little Joy), en plus de, dans la plupart des cas, fonder une famille, ont eu des occupations les éloignant des Strokes.


Mais celles-ci n’expliquent pas tout. Rumeurs, démentis ont bercé le quotidien des dernières années des New-Yorkais, beaucoup voyant dans le troisième album un point final à l’aventure d’un quintet multi-récompensé. “On a toujours du mal à tous se réunir au même endroit au même moment, on a du mal à se mettre d’accord sur les choses…”, admet Nikolai Fraiture dans les Inrocks. Dans cette interview , celui qui a fréquenté le Lycée français (la nationalité de sa maman) avec Julian Casablancas, marche sur des œufs. The Strokes, avec cet album, ont arrondi des angles mais il reste certainement encore des aspérités.

“Après First Impressions of Earth, la période était confuse pour tout le monde, ou pour moi du moins, poursuit-il. Tout le monde était épuisé par les tournées, on vivait en groupe depuis quelque chose comme sept ans. On en était à un point où il nous fallait faire un break, sinon… On était en quelque sorte au bout de quelque chose. C’était intense. Julian avait besoin d’un break, et toute la communication au sein du groupe a commencé à dysfonctionner, à se briser. On n’allait pas bien. Julian nous disait qu’on allait enregistrer un nouvel album, mais il ne précisait pas les choses, ça restait vague. Il a déménagé à L.A., ce qui a rendu les choses encore plus compliquées, puis il a sorti son album solo, il a enchaîné sur une longue tournée. Et on ne savait pas trop comment situer les Strokes dans tout ça.”

Du reste, pendant l’enregistrement d’Angles, le chanteur était en tournée, ses quatre compagnons composant. “Nous lui avons envoyé les morceaux, puis il a simplement posé ses voix dessus. C’était étrange pour nous, à l’évidence pas quelque chose que l’on espérait. Mais j’imagine que c’est une sorte de transition pour lui, pour nous tous, après la longue pause que nous avons eue. On a besoin de reprendre les choses petit à petit, on ne peut pas foncer la tête la première dans ce que nous imaginons être aujourd’hui la manière de fonctionner des Strokes. Comme quand de vieux amis se revoient, qu’ils ont beaucoup changé, ils doivent réapprendre pas mal de choses.”

Drogues et alcool n’ont pas aidé à la cohésion du groupe. Nikolai Fraiture le reconnaît. “C’est sans doute vrai. Mais, là encore, je ne peux parler que pour moi-même. Je ne buvais pas à l’époque de First Impressions of Earth, je m’éloignais des drogues. Mais chacun menait son style de vie propre, chacun le faisait pour ses propres raisons. Je crois que tout le monde a un peu réglé ses problèmes. Je crois que personne au sein du groupe ne s’attendait qu’on tombe à ce point dans les clichés, mais ça finit par arriver, ça vient de nulle part, et c’est là.”

La qualité d’Angles ne se ressent pas de toutes ces dissensions, de tous ces compromis. Sans avoir l’immédiateté de Is This It, cet album est enlevé, techniquement excellent. Une nouvelle étape, espérons-le.

Basile Vellut

The Strokes, Angles (Sony Music)

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