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28/03/2011

Cascadeur mais pas casse-gueule

cascadeur.jpgLe Messin, sorte de pieuvre humaine, joue masqué mais parle sans fard. Alexandre Longo a franchi le pas. Mais, artiste de paradoxe, c’est directement pour effectuer un grand écart. Le Messin, pianiste de talent, est sorti des Beaux-Arts. A bossé. Beaucoup. Puis a tout plaqué pour se construire un personnage : Cascadeur est né. A essayé de se révéler avec des albums autoproduits avant de s’inventer un univers. En peignoir, le visage doublement masqué (un casque de pilote de chasse au-dessus d’un masque de catcheur mexicain), le Français impose le respect. Avec un rock enlevé, un metal hurlant. Non, une pop éthérée entre Sébastien Schueller et Antony&The Johnson. Un vrai grand écart entre le visuel et l’auditif.


“Je ne pensais pas à la scène au début, avoue le timide chanteur. C’était justement mon problème. Je faisais beaucoup de morceaux depuis longtemps mais je ne les faisais jamais exister sur scène. Les raisons profondes, je ne sais pas. Ce sont des amis proches qui m’ont incité. Et avant de faire passer le projet sur scène, j’ai passé beaucoup de temps à chercher ma manière d’apparaître sur scène. C’est cela qui me posait problème. Je ne voulais pas arriver en jean et tee-shirt. Pour ces morceaux-là, il fallait que je trouve quelque chose qui à la fois serve le projet en adéquation avec ce que je chantais et ce que je voulais chanter. Pour moi, ce cascadeur, c’est un cascadeur de pacotille, un jouet d’enfant. Quelque chose de fragile, pas du tout une armure, à la Scwharzenegger. J’ai mis vachement de temps à aller sur e-bay, les fringues, les accessoires. Pendant cette période d’un an, j’ai mis en péril ma survie au quotidien, je suis devenu cascadeur au quotidien en voulant devenir cascadeur musicalement. J’avais à ce moment le statut professionnel de musicien, je jouais dans d’autres projets. Et j’ai tout arrêté. Cela m’a donc mis en difficulté. Vraiment. C’était assez intéressant. J’étais placé face à une vérité du terrain, alors que je n’étais pas encore sur scène. Cela a changé mes morceaux, mes textes. Cela a été comme un cosmonaute avant de partir dans une fusée. Il faut beaucoup de préparation. Enfin, à une moindre échelle. Il y a tout un temps de discussion avec des amis proches. Notamment David de Sharko, être avec lui ça m’a aidé à comprendre des choses, notamment la scène.”

Là, justement où David Bartholomé a l’air tellement à l’aise, extravagant : “Alors que c’est un grand angoissé. Quelqu’un de très sensible et fragile. On a beaucoup parlé avec David. Il m’a aussi poussé. Il se trouve que sa compagne est la sœur d’un bon ami. On s’est rencontrés dans la maison des parents et on a vite sympathisé. Cela fait sept-huit ans.” L’aidant à combattre son trac, sa tenue s’est révélée d’un autre secours. “Elles passent, elles traversent. Et c’est peut-être d’autant plus fort que de passer par la musique alors qu’on ne les voit pas. C’est ce qui me plaît dans le masque, il y a un côté assez magique. Et on peut prêter toutes les émotions à ce masque parce qu’il y a une fixité. C’est un écran. Je ne voulais pas que ce soit une barrière.”

Car le garçon, les yeux écarquillés devant ce qui lui arrive, est aux anges, aux antipodes d’une musique, sombre : “Il n’y a pas de thème sur cet album mais des obsessions, notamment cette idée de l’attente et de ne jamais réussir. J’ai eu peur de ne pas réussir à me faire entendre. Ce n’est pas tant me faire avoir. Et ça, ça a pris quelques années. Pendant ces périodes de doute, de questionnement, la solution c’est d’écrire.” Avec un talent énorme.

Basile Vellut

Cascadeur, Human Octopus (Casablanca Records)

Commentaires

Touché. Grands arguments. il faut Maintenir le bon esprit.

Écrit par : maxosize en france | 08/10/2014

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