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22/04/2011

Yael Naïm : du conflit naît la musique

yael-naim-zoriah-miller-03.jpgShe was a boy est le fruit d’une nouvelle collaboration entre Yael Naïm et David Donatien. Reconnue internationalement suite au morceau New Soul , qui fut pris pour la pub Apple, Yael Naïm nous revient avec un second opus : She was a boy . Sourire aux lèvres, la chanteuse nous reçoit dans sa chambre d’hôtel, en pleins préparatifs pour le concert du soir. Elle est accompagnée de David, son double, son autre, celui qui partage sa musique depuis le départ. Les deux comparses seront en concert au Festival Un Soir Autour du Monde, à Villers-la-Ville, le 1er  mai prochain


Travailler en duo, c’est naturel pour vous ?
Yael : “Dès le début, ça s’est fait de manière assez naturelle. David a commencé à me montrer des techniques de production, à me donner des conseils d’arrangements. C’était un travail à la fois psychologique, technique et musical. Mais le processus n’est pas si naturel et fluide car on se dispute énormément pendant le travail.”
David : “Musicalement, on est très différents; nos influences sont opposées. Le côté un peu mou va m’énerver. Et le côté rythmique que je ramène peut brusquer Yael. On est tellement persuadés qu’un morceau doit aller dans une telle direction que ça crée forcément quelque chose de conflictuel.”

Les tournées sont plus reposantes ?
Oui, sauf les répétitions ! (Rires.)

Vous vous disputez aussi pendant les répétitions ?
Yael : “Encore plus qu’en studio !”
David : “Yael a besoin de temps pour assimiler les morceaux. En plus, en répétition elle est très stressée.”
Yael : “Puis, il y a du monde autour. C’est plus dur de gérer les tensions. Une fois qu’on a survécu à ça, c’est vacances ! (Rires.)”
David : “C’est vital d’aller au conflit. La musique est, pour nous, tellement importante qu’on s’emporte sur le moindre détail. Avec du recul, nos disputes sont ridicules. Une fois qu’on trouve la solution, c’est magique…”

Never change est une chanson autobiographique pas très positive… Yael : “Nos chansons ne sont ni entièrement positives ni entièrement négatives. Il y a toujours une complexité dans les situations de vie. Never change parle des failles de notre personnalité qui peuvent avoir une incidence sur nos relations. Quand on a cette sensation de savoir qu’on peut changer avec le temps mais que, dans l’immédiat, ce n’est pas possible. Cette chanson est une manière d’assumer qui on est, de ne pas s’excuser en permanence et de prendre conscience de qui on est. Être dans l’acceptation.”

Pourquoi She was a boy  ?
Yael : “C’est une chanson qui parle d’une femme différente, peu importe pourquoi. De manière générale, beaucoup de chansons de l’album parlaient des différentes facettes qui nous habitent. Féminin et masculin, lumineux et sombre. Alors que souvent la société nous demande d’être que beau, que bien, correct tout le temps et d’ignorer le reste. Ce qui biaise totalement le travail d’acceptation de soi. A partir du moment où on accepte ces deux facettes, on sait que rien n’est parfait et qu’on doit travailler pour être meilleur."


Interview > Maïlys Charlier

En concert le 1er mai au Festival Un Soir Autour du Monde
www.unsoirautourdumonde.be

 


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