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16/05/2011

Asa : l’envol du faucon

sa.jpgDeuxième album pour la Franco-Nigériane qui chante avec Aubert, Kravitz et Noah… Le parcours de Bukola Elemide, alias Asa (qui signifie faucon en yoruba), est particulier, étonnant, fascinant. Née à Paris en 1982, elle ne restera que deux ans dans la Ville lumière , ses parents, travaillant dans une ambassade, devant rentrer à Lagos. C’est là, au milieu de ses trois frères, qu’elle passe son temps à chanter.


“Petite fille, on me demandait ce que je voulais être, je répondais musicien alors que mes parents auraient aimé que je devienne avocat et que j’aide ma famille à sortir de la misère. Ils me voulaient le meilleur, mais ce n’est pas toujours ce qui correspond à chaque enfant. J’avais d’autres rêves pour moi. Sortir et chanter comme Bob Marley, délivrer un message, soigner le monde. Être comme une encyclopédie qu’on puisse consulter, être le réceptacle d’informations pour les gens.”

Mais la miss ne voulait pas que chanter, elle voulait apprendre à jouer de la guitare. “J’ai appris en six mois, d’une manière peu conventionnelle, dans une ferme retirée de tout. J’avoue, j’ai détourné de l’argent, celui qui était prévu pour ma scolarité, pour acheter une guitare. C’était un investissement de mon père pour aller à l’école. J’étais malheureuse, je ne pouvais pas simuler plus longtemps, je devais suivre mon cœur. Je faisais ce que mes parents voulaient et cela me tuait. Ce n’était pas de leur faute, mon père a dû se serrer la ceinture pour faire ces économies.”

C’est à Paris (elle n’ose toujours que prononcer quelques mots en français) que la Franco-Nigériane partira pour écrire et enregistrer, grâce à une bourse, Asha, son premier album qui s’écoule à 300.000 exemplaires. Soul, jazz, Beautiful Imperfection, le deuxième album est aussi influencé par ses racines avec notamment une chanson en yoruba.

“C’est important de ne pas oublier ses racines, cela aide à ne pas oublier d’où je viens. Je veux chanter pour le monde. La musique est une forme de guérison. T’écoutes ma musique et tu souris. Il y a un progrès. Une guérison. C’est très important de ne pas oublier.”

Depuis, elle a fait des duos avec Lenny Kravitz, Jean-Louis Aubert ou Yannick Noah (qu’elle devrait, du reste, accompagner sur scène quand il sera en Belgique pour Taratata le 21 juin).

“C’est un rêve, c’est sûr, mais celui que je nourrissais vraiment c’était simplement d’être sur scène. J’avais ma propre scène dans ma chambre. Je regardais l’avenir et je voyais des gens. Je ne voulais que m’amuser, profiter de mon enfance. Je ne jouais avec personne car j’étais introvertie. J’étais éduquée pour être responsable.”

Et donner du plaisir aux gens avec sensualité, mélangeant pop, soul, reggae, jazz et soul. “Cet album est très personnel. Je devais travailler intérieurement. Je devais chercher pour me trouver, je devais me découvrir. Je ne l’ai pas totalement fait dans le premier album. C’est venu et je suis toujours surprise de ce que j’ai vu. Le style, c’est une réflexion de l’intérieur. Je suis plus heureuse. J’ai changé mas tristesse, mon désappointement en joie, en espoir. Et c’est de cette façon que je vois le monde. Tu regardes à gauche, tu regardes à droite et t’as l’impression qu’il n’existe pas de solution. Les changements climatiques, la politique, les guerres,… tout semble plus atroce mais tu dois être stricte, heureuse, pleine d’espoirs, cela te donne des raisons de vivre. Et cela se reflète dans ma musique car mon esprit veut danser, rencontrer des gens, les serrer dans mes bras, chanter pour eux et avoir un vrai contact.”

À voir, aux Nuits du Bota ce mercredi 18 mai.


Basile Vellut

Asa, Beautiful Imperfection (Naïve)

 

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