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23/06/2011

Primus resurrectionis

primus.jpgDouble affiche délectable déroulée mardi soir à l’Ancienne Belgique. Véritable événement pour toute âme de rockeur qui se respecte, le légendaire trio Primus était de passage à Bruxelles cette semaine. "Ça fait un bail qu'on ne s'était plus vu. Vous avez l'air plus... sophistiqués" lance d'ailleurs à mi-concert son inquiétant leader Les Claypool. Et pour cause, cela fait plus d'une décennie que le gaillard n'avait posé le pied chez nous. Depuis 2003, après une parenthèse d'inactivité, le groupe fondé au milieu des années quatre-vingt a repris du service. Deux ans que les San-Franciscains l'annonçaient, et enfin une date annoncée: un nouvel opus de Primus, le huitième, intitulé "Green NaugaHyde", devrait enfin atterrir dans les bacs pour septembre. Pour la peine, c'est le line-up originel – Les Claypool (chant/basse), Larry "Ler" LaLonde (guitare) et Jay Lane (batterie) – qui promène ses tubes en Europe et provoquait un sold out annoncé de longue date à l'AB ce mardi (Crédits: Photographe AB/Karen Vandenberghe).


Si Primus affectionne un rock relativement musclé, c'est dans un tout autre registre que nous entamons les hostilités. Sur scène, l'excellente équipée Devotchka s'ébroue à grands renforts de cordes. Trombone à loupiottes, contrebasse chaloupée ou trompette mariachi, quand il ne fait pas dans le spleen à la Arcade Fire, le groupe de Nick Urata sonne (bien) comme une BO d'Emir Kusturica. Puis, aux alentours de 20h30, le triangle de Frisco investit les planches...

C'est avec un plaisir non-feint que l'on retrouve, derrière nos hôtes, les deux astronautes géants avec qui ils partagent la scène. Sur leurs visières est projeté un balai d'images décalées qui sied à merveille à ce groupe atypique. On y aperçoit selon les compos les yeux de l'écureil, la moustache du cowboy Lee Van Cleef, Bush Junior à la tribune et même l'ami primate de Primus dont le chanteur-slappeur ne tardera pas à revêtir le masque. Musicalement, la puissance demeure à défaut de célérité. Dans ses débuts, le gig se veut surtout psyché. Mais dès l'entame de "My Name Is Mud", l'ambiance va s'électriser et le ton monter de quelques cran. A l'heure de jeu, Primus nous tient.

La voix nasillarde de Claypool et son phrasé théâtral font toujours leur petit effet. On ira d'ailleurs re-gouter à oreilles reposées au rif hypnotique de "Jilly's On Smack", un nouveau morceau plutôt réussi du disque prévu pour la rentrée. Le leader chapeauté de Primus arbore un look digne d'Alex et ses Droogies et installe d'ailleurs une étrange ambiance que ne renierait pas Kubrick. Et le voilà qui assène les revers à sa basse, slappant comme le faisait avant lui Larry Graham et les pionniers du funk. Derrière les fûts, Lane est précis et minitieux mais savoure chaque opportunité de déborder un peu. Une chance, elles sont de plus en plus nombreuses, tout comme les envolées de Lalonde à la gratte. Dans la dernière ligne droite, le trio prend de l'altitude - "The Green Ranger" - pour mieux nous écraser au sol avec le classique "Jerry Was A Race Car Driver". Le rappel ne sera que formalité. On dirait bien que Primus est ressuscité.

Nicolas Capart

05:58 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (0)

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