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25/06/2011

MethodMan&Redman: Fallait pas les inviter...

Meth.jpgVendredi à Couleur Café, les papys du hip hop français, IAM, avaient placés la barre assez haut en début de soirée. Leurs homologues ricains Method Man&Redman ont fait pale figure à côté.

Sans doute aurait-il fallu inverser les deux grosses têtes d'affiche rap de cette première journée... Sur le coup de vingt heures, les grands enfants de la planète Mars(eille) concluent leur show sous les applaudissements. Shurik'n et Akhenaton ont beau avoir tous deux la quarantaine bien tassée aujourd'hui, l'énergie, le flow, les rimes plantées au centre de la cible et le capital sympathie du duo (depuis le départ fâché de Freeman en 2009, ndlR.) demeurent intacts. Ce soirs leurs collègues d'Oncle Sam, les non-moins légendaires Method Man et Redman, sont programmés en clôture de la tente Univers. Un choix horaire justifié par l'importance du duo stupéfiant dans le grand grimoire du rap game, mais peut-être également motivé par le manque de ponctualité chronique des deux zigotos. Il y a deux ans aux Ardentes liégeoises, les deux emcees s'étaient payés le luxe d'arriver sur scène avec une heure de retard et avaient, par conséquent, chamboulé toute le reste du line-up déroulé après eux sur le podium du Parc. Une mésaventure dont s'étaient sans doute prémunis des organisateurs bruxellois à qui on ne la fait pas... (Crédits: Aurore Belot)


Mais avant de poursuivre en mode "àchiperàchoper", nous avions rendez-vous avec un sorcier de l'afrobeat et une diva nu-soul. Le premier, Seun Kuti, fils cadet de Fela, poursuit avec maestria et intensité l'œuvre de son paternel, père de ce genre né à Lagos de la fusion du jazz, du funk, des cuivres ghanéens et des rythmiques africaines ancestrales. Aux côtés des musiciens de papa, les géniaux Egypt 80, le jeune chanteur et saxophoniste nigérian va livrer une prestation puissante et épidermique, quoiqu'un rien trop courte pour atteindre des sommets de transe. Puis, dans sa foulée, la petite Janelle va époustoufler. Depuis la sortie de "The ArchAndroid" l'année passée, la demoiselle Monae n'a de cesse de faire tournoyer son mètre cinquante (1m62 s'il l'on compte ses cheveux) sur toutes les planches du globe. Précis et carré comme à son habitude, son concert se concevait une fois de plus comme une véritable revue à l'américaine, dont les paillettes, les costumes, les danses et la meneuse de charme ont constitué l'un des points d'orgue de cette première journée.

Avant l'arrivée de Meth&Red, dernier crochet par la Titan où le reggaeman Patrice étrennent ses derniers refrains. Bon timing, car cela coïncide avec la venue impromptue de Selah Sue, invitée en scène par son producteur pour une conclusion délectable et rebondissante (les "deux voix" de Patrice y seront pour beaucoup) qui excitera les zygomatiques du public.

Red.jpg

Enfin, place à la paire hip hop tant attendue... Il est 23h15, heure prévue de début, et déjà on perçoit des notes aux alentours de la Titan. Mais il s'agit seulement du Dj en charge de nous réchauffer. Un original celui-là, qui nous sert des clichés rap par paquet de douze – de Snoop à Naughty By Nature en passant par Nas et les sales gamins du Wu – pendant plus d'une demi-heure. Arrivent enfin, nos deux hôtes, à grands renforts de déflagrations et d'onomatopées. Red en noir, Meth en rouge, comme pour brouiller les pistes. D'abord heureux et satisfait, on va vite déchanter. Car ce concert éclaté ne ressemble à rien. Bien sûr, les premiers rangs s'enflamment et c'est la joyeuse bousculade. Mais, dans le fond, les fans du genre grincent des dents... A tout moment, les tracks sont interrompues par des sons de mitraillettes pré-enregistrés. On perçoit à peine la voix de Method dans le brouhaha. Le timbre de Redman fait plaisir mais on l'entend si peu à travers des enceintes qui craquent et crachent un son médiocre. À peine un ou deux tubes de l'iconique "Blackout!" (1999) seront livrés et, dès l'heure de jeu, la foule commence déjà à déserter... Nous ne tarderons d'ailleurs pas à faire de même, encouragé par une ultime indélicatesse du duo, invitant les filles de l'audience à crier si leurs parties intimes sont propres. Autant de poésie, ça devient insoutenable. Encore deux papys MC's à rayer de la liste?

Nicolas Capart

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