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30/06/2011

Le beau et la bête

queens.jpgLa première soirée poursuit son cours sur la plaine brabançonne et offre une opposition de style: la douceur de James Blake sous la Pyramid, la puissance des Queens of the Stone Age sur la Main.

Nous l'avions vu au Botanique et il nous avait littéralement cueilli. Si l'on est toujours dubitatif face au travail discographique du bonhomme (lire « son premier opus studio éponyme sorti en février dernier »), James Blake nous a une fois de plus retourné le cortex comme une crêpe. Pourtant, à l'entame de son set, le Britannique, accompagné de deux musiciens aux machines et aux percussions, semble hésitant et est une nouvelle fois victime de sa timidité chronique. Les notes qu'il distille sont atmosphériques et plutôt sophistiquées pour un festival grand public comme Rock Werchter, en dépit de son succès FM au nord de notre frontière linguistique. Mais progressivement le son s'installe, et l'on plonge dans l'univers de ce surdoué londonien d'à peine 21 ans. Il y promène son timbre de voix singulier dans les aigus et sur des nappes de basses empruntées au dubstep, dont le jeune compositeur représente avec Jamie Woon ou Mount Kimbie la vague 2.0. Dès la quatrième plage – un très gospelien "I Never Learnt to Share" – le sieur Blake déballe toute sa classe, enchaînant sur un "CMYK" qui démange les chevilles puis, plus loin, sur l'élégante ballade digitale qu'est "Limit to Your Love". Quelques hochements de tête chaloupés plus tard, nous bifurquons vers la Main pour voir les Queens of The Stone Age. (crédits:Jean-Christophe Guillaume)


Et c'est un Josh Homme naviguant entre émotion et alcool que nous retrouvons sur la grande estrade, yeux dans les yeux avec près de 80.000 festivaliers qui profitent des derniers rayons d'un soleil revenu avant l'obscurité. Pourtant, le chanteur-guitariste et ses hommes sont des habitués de l'événement et ont bien souvent caressé leur gratte en ces lieux au fil des années. « We've been here so many times, It's true, but I'm sure I won't forget this one... It's good to be drunk in Werchter » balance le frontman rouquin des Queens of The Stone Age, l'un des derniers bastions non-corrompus de la scène rock contemporaine qui, pour la énième fois, a offert à l'audience une véritable leçon du genre.

Force, puissance, rythmique dynamitée mais pour autant totalement maîtrisée, sans parler de la voix iconique d'Homme et de ses solos de guitare virevoltants. À ses côtés, les zicos ne sont pas en reste, que du contraire. Schuman caresse sa basse dans le sens du poil et Van Leuwen taquine les cordes avec envie. Derrière, l'animal Castillo martyrise les fûts sans vergogne et dope littéralement le gig à l'entame des hymnes du groupe Californiens... Un carré d'as dans les dents pour conclure ce show à montrer dans les écoles: "First It Giveth" / "Go With the Flow" / "No One Knows" / "Song for the Dead". Queens vainqueurs par K.O.

Nicolas Capart

23:01 Publié dans Werchter | Lien permanent | Commentaires (0)

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