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02/07/2011

Portishead, plus grand que Rock Werchter

portishead2.jpgLa formation britannique menée par Beth Gibbons signe une prestation magistrale alors que la nuit tombe sur Werchter.

Il est passé 21h et l'on trépigne au pied de la scène, attendant de voir débarquer nos hôtes anglais et leur meneuse au charisme maladroit. Plutôt rare sous nos latitudes, Portishead gratifie le Brabant flamand de sa présence avant les réjouissances nocturnes. On reconnaît de loin cette silhouette vêtue de noir et de sobriété, les deux mains agrippés au micro et les yeux quasiment fermés. Les épaules renfrognées, la rousse n'a toujours pas la tchache, il y a des choses qui ne changent pas. Mais dès qu'elle ouvre la bouche, le ton est donné. Beth Gibbons, c'est la revanche de toutes les rouquines mals-à-l'aise de l'histoire, la Carrie de Stephen King en tête. Mais à défaut de nous faire prendre feu, la chanteuse installe en trois couplets une ambiance lunaire et capte l'attention de la foule. (crédits: JC.Guillaume)


Certes, elle a pris quelques rides, mais sa voix reste intacte, meilleure peut-être, comme si elle était restée à jeun depuis 1994 et les premiers souffles du groupe. Un grain pincé et un phrasé jazzy qu'elle promène à travers les samples scratchés et les percussions tribales. À l'époque, avec d'autres amis de Bristol, Portishead distillait des notes labellisées « trip-hop », et ces dérapages de vinyle en sont les stigmates. Mais ce soir ce sont les guitares qui tissent cette toile où l'on se jette en victime consentante. Tant de morceaux mythiques dans ce répertoire qu'on ne peut les citer. Et trois albums indélébiles – plus un live quatre étoiles – dont on attend la suite avec une impatience déraisonnable.

Ne manque à cette prestation que l'obscurité de la voute céleste, qui doucement descend au-dessus de nos têtes. Si son visage décrit la douleur quand elle chante, Beth bafouille mais sourit plus d'une fois pendant les interludes. Le temps d'un "Machine Gun" en rafale ponctué au synthé, nos tympans sont mis à l'épreuve. Enfin, les ténèbres s'installent et épousent à la perfection cette musique hypnotique. Toujours sur le fil, avant l'épilogue électrique de "We Carry on". Portishead était grand ce soir. Il fait noir désormais.

Nicolas Capart

23:39 Publié dans Werchter | Lien permanent | Commentaires (0)

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