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08/07/2011

Le triomphe des pousses noires-jaunes-rouges

Jeudi soir, Les Ardentes auront vibré au diapason des deux stars belges incontestées du moment: Selah Sue et Stromae.

Du haut de ses 22 ans, la première affiche une aisance vocale et scénique déconcertante. Plus intéressante encore quand elle quitte son “Raggamuffin” de prédilection pour glisser en territoire soul, et étonnante quand elle s'aventure un instant dans le chant lyrique... avant de virer hip hop. Le public de la plaine, chauffé par Ziggy Marley, la suit avec enthousiasme. Avant d'entamer une migration massive, impatiente, vers la halle, qui s'apprête à bouillir. La HF6 est pleine comme un oeuf, elle déborde même, d'un public multigénérationnel. La “stromayonnaise” prend immédiatement. Les ingrédients sont connus : dance aux accents hip hop, textes noirs – le point fort - et contact sympa avec le public, outre des touches bien belges : phrasé à la Brel flagrant sur “Bienvenue chez moi” et reprise du “Putain, putain” d'Arno. Stromae fait monter la pression : avant de laisser exploser “Alors on danse”, il en détaille, pas à pas, la recette. Bon, tout n'est pas transcendant là-dedans (“Peace or violence” notamment, synthés lourds et texte facile), mais à l'évidence, la formule est diablement efficace.


En fin de soirée, le public doit, pour la première fois, choisir: les horaires d'Ayo et The Human League se recouvrent en bonne partie. Le gros des troupes rejoint la chanteuse reggae-soul-folk nigéro-allemande. Il n'a pas tort. Dans la halle, le mythique groupe anglais new wave des années 80, un peu pathétique, s'attache à ce qui faisait son succès à l'époque (du son synthétique et des pauses figées de Phil Oakey à la gestuelle basique et aux refrains un peu enfantins des deux choristes, qui n'ont plus vingt ans). Tout cela a fort mal vieilli, et laisse d'ailleurs le public froid. Vite, allons glaner, dans la plaine, un peu de chaleur humaine et de musique plus courbe que carrée. Tout juste : en guitare-voix, tenue qui lui sied si bien, Ayo offre un touchant rappel.

Sophie Lebrun

02:49 Publié dans Ardentes | Lien permanent | Commentaires (0)

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