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10/07/2011

Averse bling-bling sur la cité Ardente

snoopdog5.jpgSamedi soir, Snoop Dogg débarquait avec toute sa suite en bord de Meuse. Une nouvelle occasion de se demander ce que valent encore les dinosaures du rap US...

Samedi, les campeurs sont réveillés par le bruit des gouttes qui battent la mesure sur la toile des tentes. Jusque-là, les Ardentes étaient parvenues à passer entre les nuages, mais la pluie semble installée en cette troisième journée. La veille, le Clan de Staten Island fut un peu décevant, très en retard, pas vraiment suffisant. Et l'on peut se demander si Snoop, programmé peu avant minuit, ne va pas nous servir un remake du rappeur à la bourre. Pas de conclusion hâtive, nous jugerons sur pièce. En attendant, sur la grande scène, Carl Barat attire sur lui quelques oreilles, une petite éclaircie et pas mal de groupies. Orphelin de son Pete (Doherty), l'ex-Libertines ne nous a pas fait forte impression la dernière fois au Botanique. Pourtant, on a toujours apprécié le rockeur british et sa façon de marmonner en interview. Mais à trop minauder, Barat en oublie parfois d'assurer. Bien qu'en dépit de la partie séduction destinée aux donzelles, sa prestation ici demeure plutôt honnête. (crédits: B.Devoghel)


Pour d'autres espoirs des guitares, la désillusion fut plus grande. On pense au bellâtre Julian Casablancas, dont l'album solo, la visite aux Ardentes l'an dernier et la récente tentative de retour aux commandes des Strokes n'inspirent que des commentaires désobligeants. Alors, que reste-t-il de nos rockeurs? Car, à défaut d'y trouver des riffs rafraîchissants, ce sont souvent les aînés de la scène qui occupent le haut des affiches estivales. Limp Bizkit et Sum 41, vendredi à Liège, sans nouveauté mais avec l'énergie. Cake, ce samedi, toujours sympa mais définitivement anachronique. Oh bien sûr, on croisait dans l'après-midi quelques têtes connues et appréciées. The Jim Jones Revue, qui dynamite à l'ancienne les touches noires et blanches, ou Joan as a Police Woman, jolie pop-folkeuse sans matraque mais avec voix, guitare et piano. On voulait du neuf ou du moins de l'inattendu. Nous quittons donc l'HF6 pour partir à l'affût des découvertes, sous les dauphins de l'Aquarium. Sur la troisième scène du festival, les "Belges" Hoquets précèdent les Français Gablé. Deux formations qui, pour notre plus grand plaisir, bricolent la musique avec la curiosité d'enfants. Instruments fabriqués et humour décalé pour les premiers, mélodies éclatées et tableaux enchantés pour les seconds. À l'ombre des géants, aux Ardentes, les curieux sont gagnants.

Si l'on pouvait parler d'effervescence avant le Wu, c'est carrément le bain à remous en coulisses à l'heure prévue d'arrivée du cabot bling-bling. Les paris vont bon train concernant son retard potentiel: plus ou moins que ses collègues le soir précédent? Derrière la scène principale, le balai des photographes, journalistes, curieux, fans et quidams est canalisé tant bien que mal par le service d'ordre du festival, rapidement rejoint par celui, plus musclé, de la star attendue. Premier constat, un Snoop de sortie c'est comme la caravane du Tour: une succession de voitures arrive backstage au compte-gouttes. Une pour les danseuses, une pour les backs, une pour les serviettes, pour les rafraîchissement voire pour les stupéfiants, ironisent certains en patientant. La cinquième sera la bonne. Avec quarante minutes de retard, Doggy Dogg pose le pied sur la scène des Ardentes.

Premiers mots prononcés de sa voix caractéristique, premiers cris stridents de la foule pour les accueillir. Lunettes de soleil, chaîne en or (qui brillent)... Dès l'arrivée du MC, les Ardentes s'embrasent. Pas rancunier le public liégeois l'accueille en donnant de la voix malgré son manque de ponctualité. Face à telle unanimité, ne reste plus à notre hôte qu'à choisir les bombes qu'il va leur balancer. Là où Method Man et ses copains interrompent après deux couplets chacun de leurs succès, Snoop livre ses tubes en entier et s'égarent rarement dans les digressions. Les gars du Wu sont des légendes du hip hop, authentiques mais flemmardes et indisciplinées. Le Dogg est un cador du rap buisness, légitime également mais surtout malin et très professionnel. Un emprunt à House of Pain ("Jump Around"), une reprise de Warren G ("Regulate"), du spectacle, des bootys et une visite guidée de son répertoire sans fond, Snoop offre à la foule ce qu'elle était venue chercher: un grand show de rap à l'américaine.

Nicolas Capart

15:41 Publié dans Ardentes | Lien permanent | Commentaires (0)

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