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15/07/2011

Dour pluvieux, Dour heureux

dour.jpgLe grand messe montoise (ou presque) a démarré sous une pluie battante ce jeudi. Un événement musical éclectique, mais aussi, pour la région, un week-end épique. Qu'il est long et pénible le périple qui mène les troupes aux portes de l'enfer dourois... Sous la drache nationale et le poids des sacs à dos qui débordent, chacun tente néanmoins de garder le sourire. D'aucuns s'arrêtent plus loin sous un porche, espérant une petite accalmie, et en profite pour tailler une bavette avec l'habitant de cet abri de fortune.


"Depuis hier soir, les campeurs défilent sous notre fenêtre, ça n'arrête pas!" s'amuse une riveraine plutôt bien lunée. Dans le coin, c'est le branle-bas de combat depuis plusieurs semaines déjà et, durant les quatre prochaines journées de notes, la petite commune située à l'extrémité ouest du sillon Sambre-et-Meuse – d'ordinaire assez calme – change totalement de visage. Certains voisins par contre font la grimace, toujours pas habitués à "ce bruit qu'ils appellent de la musique" et aux "mines de déterrés" que l'on croise dès le soir venu aux alentours du site. C'est bien connu, la pluie, ça réveille les grincheux, mais ça ne décourage pas le détenteur d'un sésame pour le Dour Festival, prêt à en découdre. On en attend plus de 145.000 dans les allées du camping et sur cette plaine d'ores-et-déjà trempée. À défaut de rayons, les festivaliers enchaîneront donc les concerts sous capuche cette année.

Deux nouvelles tentes dédiées au son ont poussé sur le site, un rien plus grand et donc un peu plus confortable depuis son lifting et les aménagements opérés il y a deux éditions. Celle-ci est la vingt-troisième du nom et s'annonce comme un excellent cru dont l'affiche, aussi fouillée et alternative soit-elle, est sans doute celle qui nous aura le plus fait saliver cet été. Que ce soit en termes de découvertes mutantes (Mister Valaire, Golf Panda), de vieilles connaissances (Kyuss), de classiques toujours efficaces (Cypress Hill, Laurent Garnier), de machines à danser (Netsky, Kode9), de rockeurs énervés (Channel Zero, Gallows) ou de nationaux de l'étape disséminés au cœur du peloton (Intergalactic Lovers, Bony King of Nowhere), on trouve de quoi se rassasier en ce jeudi premier. Après l'ouverture gratinée des Louviérois Romano Nervoso à la Club Circuit, et la poursuite sonnante et trébuchante de Drums Are for Parades au même endroit, nous traversons la plaine pour rejoindre un Dance Hall bondé – gouttes obligent – où le sieur Charles Bradley est attendu en scène.

Et le voilà qui entre dans l'arène sous les applaudissements, une tête de mort en strass au dos de sa veste de lumière. Héritier du roi Brown, Charles Bradley ressuscite le son funk-soul des golden sixties, à l'instar d'ailleurs de son ami et collègue Lee Field, présent ici en 2010. Autant de standards usés et resamplés par les fistons du rap, Jay-Z en tête. Le groove ensoleillé de la basse et la chaleur des cuivres ont tôt fait de nous faire oublier la pluie sans parler du jeu et de la voix de ce leader explosif, ni de ces mouvements de bassin pour le moins suggestifs. Mais Charles se déhanche et hurle sans craindre le too much: "Thank you brother and sisters, I love u, I wanna shake your hands and hug you all..." Dour 2011 commence dans l'amour...

Nicolas Capart

11:17 Publié dans Dour | Lien permanent | Commentaires (0)

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