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17/07/2011

Bienvenue dans la 4ème dimension

dour.jpgDour se dorait la pilule vendredi, avant l'averse et déluge de notes annoncés ce week-end. Petite balade ensoleillée d'un bout à l'autre de ce site gigantesque. Hier matin, le réveil fut dur pour certains. Tels de jeunes fous qu'ils sont, les festivaliers du jeudi se sont rués sans mesurer sur cette première journée. Histoire d'en aspirer toute l'essence en dépit de la pluie. D'ailleurs, la plupart d'entre-eux se sont dandinés en nocturne mais au sec, à l'abri des six grandes tentes que comptent désormais le Dour Festival. Avec la Last Arena, seule en plein air située aux portes du site, cela fait donc sept scènes, soit une de plus que l'an dernier, après la disparition de la Red Frequency, le retour de la Cannibal Stage et l'arrivée fortuite de la géniale Balzaal. Lors de cette première soirée électronique, on y aura croisé plus d'un pousse-disques diablement efficaces à commencer par Netsky et Nosia, en mode dubstep ou plutôt drum'n'bass.


C'est de ce point de départ que nous initions donc notre traversée de la plaine vendredi. Le Britannique Bibio y entame son set devant une assistance bien achalandée en ce début d'après-midi. Les bras balancent mais les petites mines sont légion. Que l'on soit adepte du camping sauvage, habitué de celui de Dour (si tant est qu'on puisse l'être), conquis par le confort d'une FestiHut, inconditionnel de la belle étoile (il y en a) ou simplement logé chez l'habitant dans les alentours, la nuit fut courte pour tous et le sommeil léger pour la plupart. Nombres d'yeux sont donc mi-clos mais aujourd'hui il y a assez de lumière pour porter verres fumés sans jouer les poseurs. Sous la toile tendue du chapiteau, il fait chaud. Très. En conséquence, les corps en présence se dénudent à l'envi et l'art ancestral de la sieste est remis au goût du jour. Les infirmiers en jaune fluo de la Croix Rouge vérifient au passage la nature de ces roupillons, des fois qu'un supposé dormeur serait déjà gazé par les vapeurs d'alcool.

La météo se prête à une découverte plus poussée des lieux et les nouveaux recoins aménagés ont éveillé notre curiosité. Mais le site du festival est très vaste et un ravitaillement s'impose avant la marche. Il ne manque pas d'endroit où se désaltérer, impossible d'accuser un gosier sec dans ces conditions. Un peu plus loin sur la droite, nous découvrons avec plaisir une "Zone Verte". Un autre bar, des bancs, de quoi s'assoir tranquille pour boire un coup sous les rayons et non les fesses posées sur les déchets qui jonchent le sol, chose qui manquait ici jadis. Et l'on fait des rencontres... Un costume intégral de Dark Vador, un rasta à dreadlocks qui ressemble à une pieuvre, un drôle de type qui promène une peluche en laisse, Monsieur Festival dans son maillot cycliste coloré, une fille à tête de pingouin, une bande de quadras déguisés en lapins... Et de se demander à quoi ressemble tous ces gens le reste de l'année.

Dans le fond se font face deux cages de football espacées d'une trentaine de mètres. Une quinzaine de gaillards en sueur s'affrontent dans l'intervalle. Certes, ça chambre plus que ça ne dribble, mais autant d'agitation par ce temps force l'admiration. Rayon sportifs, on croise à Dour des athlètes en tout genre. Les fans de rodéo au saloon des hommes qui savent pourquoi, les jongleurs&co qui perpétuent – qu'on le veuille ou non – les traditions du cirque ou encore les adeptes de lutte greco-boraine, qui déjà regrettent la boue de la veille.

Pas client du nu-métal boutonneux de Papa Roach sur la grande scène, nous fonçons droit devant à l'ombre de la Club-Circuit. On y retrouve deux visages connus, ceux d'Adam Stephens et de Tyson Vogel, respectivement voix déchirée et batteur tentaculaire de Two Gallants. Flottent dans l'air des effluves d'Amérique profonde qui viennent se mêler aux multiples senteurs de nourritures au détour des allées. C'est l'heure de se sustenter, chacun cherche de quoi recharger ses batteries avant le virage de la seconde soirée. Sur la Last Arena, Ice Cube s'est emparé du micro. Un dinosaure du rap qui demeure en forme malgré les kilomètres au compteur. On espère autant d'entrain dans le chef de Public Enemy, de retour au Dour Festival ce dimanche. Seize années se sont écoulées depuis la dernière visite de Chuck D. et Flavor Flav ici. Mais en matière de hip hop, ce sont des Français qui attirent notre attention ce vendredi. Au coeur de la plaine, la Dance Hall est sous la coupe de Stupeflip, punk-rappeurs trash et déjantés qui viennent distiller leurs classiques mais aussi les nouvelles compos de "Hypnoflip Invasion", l'album de leur retour sorti en février. On s'aventurera plus tard du côté de la Cannibal Stage, décidé à découvrir Neurosis en live, mais il est un peu tôt pour autant de fracas. Arrivé à l'extrémité du site, on réalise que la Petite Maison dans la Prairie tremble, elle, sous les assauts métalliques de Kylesa. Nous pourrions retourner à la Club Circuit pour une parenthèse de douceur en compagnie de The Do, mais le courage et les jambes font défaut. Dour c'est physique. Et il reste un week-end à tenir.

Nicolas Capart

19:44 Publié dans Dour | Lien permanent | Commentaires (0)

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