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17/09/2011

Durham Family Buisness

k.jpgLes Londoniens Kitty, Daisy & Lewis faisaient tanguer l’AB jeudi soir. Kitty, Daisy & Lewis forment un bien curieux trio. Ou du moins une équipe musicale atypique. Trois surdoués qui ont grandi et vivent dans l’une des villes les plus tendances du monde, mais qui s’efforcent de faire résonner des notes qui avaient cours jadis. Trois jeunes Anglais qui traversent l’Amérique du début des musiques populaires à la fin des Golden Sixties, tout en ressuscitant à l’envi le swing, le rythm’n’blues, le chant gospel, le rock’n’roll, le boogie-woogie et les racines du folk.


Trois artistes accomplis mais toujours en devenir, dont la somme des âges atteint péniblement l’ancienneté des genres qu’ils affectionnent. Trois rejetons de musiciens qui ont fait le choix étonnant d’emmener leurs parents en scène et sur la route. Enfin, trois enfants de la nouvelle génération qui pourtant mettent un point d’honneur à perpétuer une tradition acoustique, faisant fi du diable numérique et enregistrant leur son vintage à l’ancienne.

Nous connaissions pour y avoir goûté tout le talent de la famille Durham sur les planches. À l'époque, Kitty, Daisy & Lewis étrennaient leur premier album éponyme outre-Manche et épataient de maîtrise et de maturité. Deux ans plus tard, le trio est de retour dans les bacs avec l'épisode deux, "Smoking in Heaven", qui n'a, en dépit de son titre, rien d'un coup fumant. Et découvre pour la première fois l'antre de l'Ancienne Belgique. Rentrée oblige, nous peinons à obéir à l'heure où la cloche sonne, trop occupés à raconter nos déboires (f)estivaux aux camarades mélomanes retrouvés. Quelques échanges d'anecdotes plus tard et une fois la mise en oreille des Sharp Tongues passée, les derniers retardataires bifurquent enfin vers l'intérieur.

Les sœurettes Durham et leur frangin gominé entament les échanges en mode plus que rétro. Dès les premières compositions dégainées, on baigne en effet en plein fifties mais nos hôtes offrent un début de prestation en demi-teinte. Certes, le public bat du pied en mesure et les premiers bassins commencent à chalouper, mais cette entrée en matière décolle difficilement. Les choses changent et le ton monte un rien à l'arrivée du Jamaïcain Eddie "Tan Tan" Thornton, armé de sa trompette et de son sourire légendaires. Ce dernier insuffle des notes ska ensoleillées à ce show qui a avait besoin et qui décolle enfin.

Puis, la famille déroule pour nous quelques nouvelles chansons. Daddy Grazz chatouille la gratte assis sur la gauche, maman Ingrid (Weiss) taquine sa contrebasse à l'opposé, et les trois prodiges jouent à la chaise musicale dans l'intervalle, entre guitare, batterie, piano et micro. Néanmoins, on préfère toujours “Going Up The Country” au récent “Messing with My Life” qui se la joue FM. C’est d’ailleurs cette désormais fameuse reprise de Canned Head qui provoque enfin l’euphorie du public. Dans la foulée, la cadette Kitty saisit son harmonica de prédilection et enflamme l’audience, amorçant une fin de gig effervescente. Avant de conclure en notes country cette – petite – date bruxelloise.

Nicolas Capart

10:16 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (0)

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