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29/10/2011

Hugues Aufray, soixante ans que ça dure

hugues.jpgHugues Aufray est un passeur, un métisseur , un colporteur. C’est lui qui le dit. S’il a choisi d’ouvrir son nouvel album, Troubador since 1948 , en récitant les premiers quatrains du Bateau ivre , c’est que, pendant les dix années qui ont précédé son premier succès, Hugues Aufray s’est senti ballotté au gré des vagues d’une vie qu’il n’avait pas choisie.


Je chantais un peu n’importe quoi, beaucoup de folklore sud-américain, sans ambition, sans plan de carrière. Simplement pour gagner ma vie , dit-il, plongé dans ses souvenirs. Moi, je rêvais de faire quatre ou cinq années de Beaux-Arts pour pouvoir apprendre le métier de sculpteur. Mais je n’ai pas pu, j’ai dû aller au charbon. Alors, j’ai pris ma guitare et je me suis débrouillé tout seul. Après, je me suis rapidement marié et il fallait gagner le pain du foyer…

Tout commence donc en 1959, avec votre premier album ?
“Oui, j’ai gagné un concours et le prix, c’était un contrat chez Barclay. Là, les choses sont devenues sérieuses, on m’a dit que je devais écrire mes chansons. Très rapidement, j’ai puisé dans ce que je connaissais. Et tout ça m’a mené jusqu’à vous aujourd’hui.”

Pourquoi Troubador et pas Troubadour ?
“Troubadour, c’est le mot français. Troubador, c’est le mot occitan. Mais c’est aussi un mot que l’on trouve dans les chansons américaines, chez Johnny Cash, JJ Cale, Clapton. J’ai voulu montrer que je fais partie des gens qui ont volontairement été chercher leur inspiration dans des sources étrangères. Je suis un importateur, un métisseur, colporteur, passeur. J’ai fait passer le poète Bob Dylan de l’autre côté de l’Atlantique…”

Vous avez dû batailler pour imposer ce titre ?
“Pour ne rien vous cacher, la maison de disques, très raisonnablement, avait constaté que, pour les chanteurs de mon âge ou même pour des plus jeunes comme Michel Delpech, il est très difficile d’imposer des chansons nouvelles, même si elles sont bien. Je voyais qu’on allait tomber dans une nouvelle compilation et je ne voulais pas de ça. Je tenais à ce que cet album apporte un éclairage complémentaire à ma carrière. Donc, j’ai fait ce pèlerinage, un peu nostalgique. La technologie a évolué, moi-même je chante plus juste qu’autrefois, j’ai progressé; avec de bons arrangements, je me suis dit qu’on pouvait arriver à quelque chose de mieux que ce que j’avais fait à l’époque.”

Vous surprenez aussi avec des titres inattendus…
“Tant mieux. C’est pour ça que j’ai introduit Le pénitencier, L’hôtel du Soleil-Levant, Laisse-moi petite fille, J’entends siffler le train… Cette dernière, je l’ai ramenée des États-Unis et elle m’a été kidnappée par un éditeur peu scrupuleux qui l’a donnée à Richard Anthony. J’avais envie de me la réapproprier.”

Si on dit que cet album est une autobiographie chantée, ça vous va ?
“Oui, c’est un peu ça, vous avez raison. Au travers de ces chansons, je me raconte, je raconte mon parcours. En 17 chansons, pour 60 ans de carrière, c’est pas beaucoup !”

Interview > Isabelle Monnart

Hugues Aufray, Troubador since 1948 , Universal. En concert au Forum de Liège, ce soir

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