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07/11/2011

Julien Doré: le zinneke et le bichon

Dore-Quaisse_0141.jpgLe plus bruxellois des chanteurs français débarque sur nos scènes ! Souvenez-vous, il avait marqué les esprits à La Nouvelle Star en donnant une version très personnelle de “Moi, Lolita”. Après un premier album, Ersatz, et une tournée, Julien Doré nous revient avec Bichon. Encore plus drôle, encore plus décalé… encore plus belge ! Pour ce deuxième opus, le chanteur est, à plusieurs reprises, comparé à Serge Gainsbourg, qu’il n’a pourtant jamais écouté. Son clip Kiss Me Forever, réalisé par l’équipe de Waf, traverse les frontières et est parodié sur le continent américain. Devant le succès de ce deuxième album, Julien Doré s’invite trois fois à l’AB. Rencontre avec un phénomène.


Vous avez un certain attachement pour Bruxelles…
C’est grâce à David Bartholomé et Sharko. Quand j’étais aux Beaux-Arts à Nîmes, j’ai commencé la musique avec Dig Up Elvis. On avait découvert Sharko via l’émission de Hep Taxi où David jouait dans une vitrine d’un magasin pendant que le taxi passait. Il chantait Excellent, une chanson que j’ai beaucoup chanté sur scène par la suite. On a commencé à écouter Ghinzu, Girls in Hawaii,… Du coup, pour le myspace de Dig Up Elvis, on avait indiqué Bruxelles comme ville référence… alors qu’on n’avait jamais mis les pieds à Bruxelles. On a surtout voulu marquer la ville qui nous correspondait culturellement. Toute l’histoire de mon groupe de rock ne se passe qu’en Belgique car on n’a jamais joué en France avec Dig Up Elvis. Par contre à Bruxelles oui : Bar du Matin, Belga, Café central…
D’ailleurs vous avez réalisé votre clip avec les Belges de Waf ?
Oui, je me sens très Belge. Waf a tout fait sur ce disque : les teasers, l’artwork,… J’ai demandé à Christine Massy de faire le clip de Kiss me Forever. C’est quelqu’un de très pro, efficace et humain. On essaie de faire de l’art, de belles choses mais toujours simplement, en amitié. On est parti sur les bases d’un clip américain sauf que je voulais que tout soit belge. Je voulais des choses improbables. Une voiture tunée de Charleroi. Un clip de rap profondément belge.

Pour Bichon, vous avez eu envie de pousser le kitsch ou de redevenir vous-même ?
Dans les textes, je suis profondément moi-même. L’album parle d’amour et du rapport homme femme avec des liens avec les voitures et les animaux. Après, il y a un peu de décalage avec Golf Bon Jovi et Kiss me forever. J’ai appelé cet album Bichon pour créer un décalage, pour prendre du recul. C’est du kitsch pas trop calculé, c’est fait de manière très affective.
Ce disque oscille chaque fois entre deux styles, pop-rock, hip-hop, électro. Vous avez un côté bipolaire ?
C’est toujours ça qui est bizarre avec les artistes. On aimerait qu’il y ait une ligne sur laquelle on peut les suivre. Ce que je n’aime pas, c’est de faire croire que dans ma vie, je suis dans une direction. Comme tout le monde, il y a des moments où je suis euphorique, d’autres, plus déprimé. La musique se doit d’être le reflet de ça. L’idée c’est de ne pas tricher là-dessus. J’y mets des choses intimes parce que c’est vraiment moi. Je ne provoque pas pour provoquer. J’aime bien tout montrer.
Dominique A, Philippe Katerine, Yvette Horner… vous avez travaillé avec du beau monde !
Sur cet album, c’était super ! Yvette joue de l’accordéon sur un morceau. Dominique A m’a écrit L’été summer et ça collait parfaitement au reste de l’album. Pareil avec Philippe Katerine qui m’a écrit une chanson qui s’appelle Homosexuel.
Vous n’écoutiez vraiment pas Gainsbourg avant de faire ce disque ?
Je connais mal Gainsbourg, à part ses interviews à la télé. J’ai écrit des textes qui se parlent et se chantent en même temps. Les jeux de mots ça vient plutôt de mes études d’art. C’est pour ça que je cite souvent Marcel Duchamp (son nom est tatoué sur son pectoral gauche, Ndlr). Mais ça ne vient pas du tout de Gainsbourg.

Pour “Ersatz”, vous aviez le titre en tête depuis longtemps… même chose pour “Bichon” ?
Ersatz c’était un mot que j’utilisais déjà pendant les Beaux-Arts. Ça faisait un moment qu’il était là. Bichon, c’est venu pendant l’écriture du disque. Un jour, j’ai fait une photo dans des jardins publics à Paris. Une femme passait avec un bichon, je lui ai emprunté son chien pour la photo et ça reflétait bien mon état du moment. Et je voulais que ce soit en un seul mot.
Vous avez trois dates à l’AB…
Je suis chaque fois hyper content de jouer en Belgique que ce soit avec Dig
Up Elvis ou en solo. Chaque concert ici c’est une réussite.
Y aura-t-il des surprises ?
Peut-être les danseurs du clip de Kiss me forever

Maïlys Charlier
Les 8 novembre, 14 et 25 mars à l'Ancienne Belgique

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