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07/11/2011

La petite peste a tout d’une grande

modja.jpgInna Modja sort un deuxième album, Love Revolution , plein de peps. Comme elle… Inna, c’est son prénom. Le vrai. Modja, par contre, c’est son nom de scène, qui veut dire Petite peste en peul. D’après le surnom que lui donnait sa maman quand elle était enfant. “Je suis la 6e d’une famille de sept enfants et la dernière des cinq filles. Il fallait bien que je m’impose” , dit-elle avec un sourire désarmant. “Et puis, j’ai toujours eu énormément d’énergie, j’étais un peu casse-pieds, un peu curieuse. Je voulais tout savoir, tout comprendre. Je posais des tas de questions, j’avais une énergie difficile à canaliser.”


Mais une énergie qui vous a servie : quand vous décidez que vous voulez chanter, vous allez frapper à la porte de Salif Keita !

“Je suis déterminée… J’ai grandi avec des parents qui nous ont toujours dit que si on voulait quelque chose, il fallait aller le chercher, travailler pour l’avoir. Dans ma famille, il n’y a pas de musiciens. Mon père était diplomate, c’était du sérieux. Mais moi, j’avais vraiment envie de chanter. J’étais terrifiée à l’idée d’aller chez Salif Keita, mais je l’ai quand même fait. La veille, j’avais enregistré une petite cassette, j’avais retranscrit mon texte. Je savais que ce n’était pas très bien… Au début, ça l’a fait beaucoup rire, parce qu’il voyait une enfant. Je n’avais que 15 ans. Il m’a demandé de chanter et a bien vu que j’étais fermement décidée et que je n’allais pas le laisser tranquille. Il a appelé le groupe avec lequel il avait commencé et il a tout organisé. Pendant neuf mois, j’ai été leur chanteuse.”

Vous aviez une formation musicale ?

“Pas du tout, j’ai tout appris toute seule. Ma mère m’a toujours dit que je fredonnais autant que les gens pensent… J’ai toujours écouté beaucoup de musique. De tout. Je me suis mise à composer et je peux vous dire qu’au début ce n’était pas bien. Je jouais de la kora, un instrument traditionnel africain, qui n’est pas du tout pop ! Je composais à l’oreille.”

Après un succès comme celui de cet été avec French Cancan, votre maison de disques vous laissera plus de liberté encore ?

“Je l’ai toujours été, mais il n’y a pas de calcul. Je pense que, chez Warner, ils se disent que je me débrouille très bien toute seule.”

Vous l’avez vu venir, ce succès ?

“Personne ne l’a vu venir. On se disait qu’on tenait une bonne chanson, quelque chose de pétillant, mais voilà tout. Je suis super-contente, parce que ce n’est pas un choix qu’on a fait, mais le public qui a répondu. C’est une belle récompense pour le travail !”

French Cancan, c’est votre première chanson en français ?

“Oui. J’ai pourtant fait des études de lettres… J’ai grandi dans des pays anglophones, dans des écoles anglaises. C’était donc, pour moi, la langue maternelle. J’ai appris le français parce que mes parents étaient d’origine francophone… Bref, je n’osais pas écrire en français, j’avais peur d’être ridicule. French Cancan, c’était vraiment un défi. Je me suis présentée telle que je suis avec mon premier album. Ce deuxième album, c’est celui des audaces, je voulais montrer d’autres parties de ma personnalité, qui sont peut-être moins lisses. Je me suis vraiment creusé la tête et j’ai finalement écrit dans les deux langues. Quand French Cancan a commencé à tourner en radio, moi j’étais en studio et je n’ai pas mesuré ce qui se passait…”

Et maintenant, voilà La fille du Lido. Également dans les deux langues…

“Oui. C’était pour être sûre d’être capable d’écrire en français. Maintenant, je sais que je peux.”

Cette fille du Lido, c’est un peu vous, même si vous n’êtes pas danseuse ?

“Ah mais complètement. Derrière chaque chanson, il y a des choses que j’ai ressenties, ou que des proches ont vécues. La fille du Lido, le message c’est qu’il faut se battre dans la vie, être fort, croire en soi. Mon père m’a toujours dit ça. Quand je suis partie de chez moi, avec ma petite valise, on m’avait bien appris à être autonome. Mes parents nous avaient donné tout ce qu’ils pouvaient pour que l’on soit des adultes stables, structurés, responsables. Ils nous ont toujours dit que la vie n’était pas facile. Des valeurs qui me permettent aujourd’hui d’être équilibrée, de retrousser mes manches et bosser. Je n’aurais jamais pu participer à des programmes de télé-réalité en musique, par exemple. Artistiquement, on a besoin de trouver son identité.”

Inna Modja, Love revolution , Warner Music

Interview > Isabelle Monnart

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