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11/11/2011

JoeyStarr est de sortie !

jo.jpgL'enfant terrible du rap français est de retour avec un deuxième album solo, Egomaniac. Écrit lors de son récent séjour en prison, JoeyStarr alias Didier Morville, propose là des textes tantôt personnels tantôt sociaux. Des textes que l'ex-NTM a hâte de jouer sur scène. Entre la promo du film Polisse et celle de Egomaniac, JoeyStarr a trouvé le temps de s'organiser une petite tournée intimiste avant de s'attaquer aux plus grosses salles en 2012.


Comment vous vous sentez à quelques jours de la sortie d'Egomaniac?
Je suis assez content de ce que j'ai fait car c'est la première fois que je bosse de cette manière Je ne suis pas arrivé en studio en ayant rien fait ; j'ai eu le temps de bosser tranquillement. Je pense avoir trouvé le bon producteur. Je suis assez pressé que ça sorte. Je fais de la musique pour aller la jouer sur scène. Ce qui m'intéresse le plus c'est de remplir des salles, la crise du disque ça ne me concerne pas vraiment.

C'est pour ça que vous enchaînez directement avec une tournée ?
Tout à fait. Il y a deux écoles. Il y a ceux qui font de la musique de studio. Déjà avec NTM, on faisait de la musique pour la jouer. On a été notre propre scénographe pendant des années. Pour moi, ça n'aurait jamais pu être total si ça avait été juste du studio.

Vous travaillez sur cet album depuis longtemps ?
Il est en préparation depuis trois ans quasiment. Je me suis retrouvé à faire du tourisme carcéral, ce qui m'a permis de ne faire que ça, sans la pollution des téléphones portables, les amis, la promo, tout ça...

Vous pensiez à quoi en prison au moment d'écrire cet album ?
Quand j'écris, c'est le seul moment où je n'ai pas de pudeur. J'écris pour moi uniquement. Si tu commences à écrire pour les autres, tu ne prends plus de plaisir. Le rôle de l'artiste, c'est d’être avant-gardiste au possible. On cherche l'accident, on essaie d'avancer, de faire les choses différemment. Et en même temps, je dis ça mais ce que je fais c'est la continuité de NTM car je ne sais faire que ça. La grosse différence c'est que Kool Shen n'est pas avec moi. Je bosse avec des producteurs différents pour que chaque album ait une couleur différente.

Sur « On te voit », vous flinguez Sarkozy...
J'ai commencé par l'école du constat d'urgence. Quand je fais un album, il y a toujours 5 ou 6 titres qui tournent autour de ça. Après, il y a l'angle qui change.

C'est important pour vous de continuer à écrire des textes politisés ?
Je ne considère pas mes textes comme politisés. Je me sens apolitique. Je fais plutôt des textes à caractère social. Ce qui m'intéresse c'est de raconter ce qui se passe autour de moi avec mon prisme, ce qui fait que je suis pas toujours objectif. L'idée c'est de ne pas influer sur la pensée des gens, c'est juste d'appuyer quelque part.

Et confier un texte à Olivier Besancenot ?
C'est quelque chose qu'il a écrit lui-même. Outre le fait que c'est un leader politique, c'est avant tout mon ami. Il a une pensée qui m’intéresse même si je n'adhère pas à l'idée de ce que peut représenter son parti. J'avais envie de lui laisser un moment de parole.

Comment s'est passé la collaboration avec Nicoletta ?
Elle est copine avec ma mère donc ça s'est fait naturellement. J'ai été à la veillée mortuaire d'un ami où elle a chanté Mamy Blue. Il y a eu un déclic. C'est hypnotique quand elle chante. Ça m'a donné envie d'en faire une adaptation. C'est quelqu'un d'assez généreux pour avoir envie de se mêler à des choses comme le rap, qui ne fait pas partie de sa science musicale. Elle s'y retrouvait, le morceau avait le ton.

Expliquez-nous le clip de Jour de sortie ?
C'est mon frère qui a réalisé ce clip, on l'a co-écrit ensemble. Je n'avais pas envie de me mettre en scène pour ce morceau là car je ne voulais pas que ce soit pris comme une apologie de la prison. J'avais envie d'appuyer le fait que les femmes vivent la même chose que les hommes quand elles sortent de prison.

Est-ce qu'avec l'âge, on réfléchit plus sur le message qu'on fait passer?
Je fais toujours les morceaux de mon point de vue à moi. Dans le titre Complexe, je parle du complexe du banlieusard où j'explique qu'il y a certains quartiers qu'on appelle des zones franches où les seules représentations sont la police et la poste, point de vue culturel il n'y a rien. Ces gens quand ils sortent de chez eux, ils ont l'impression de changer de pays. Pour une fois, j'ai eu envie de me mettre de l'autre coté. C'est pas évident pour tout le monde mais moi je viens de loin, j'ai refusé d’être une victime et ça m'a permis de me dépasser. J'ai refusé de croire que le monde s’arrêtait au trottoir d'en face de ma cité. J'ai envie de leur dire que le monde est vaste, qu'il faut conserver une curiosité pour avancer.

 

Maïlys Charlier
Egomaniac, JoeyStarr, Sony
En concert le 18 novembre au Botanique

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