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08/12/2011

Quand Keren crie Bruxelles

3731304481.jpgMardi soir, Keren Ann hurlait au 140 son bonheur de jouer dans notre capitale.
Tout est d’abord question de géométrie. De files parallèles au bar d’un 140 des plus achalandés, de gradins quadrillés de monde et d’intersections en coulisses entre un Doriand peu convaincant et une Keren Ann très attendue. Les épaulettes bouffantes – et trop gourmandes – qu’elle arbore ce soir sur la scène du Théâtre lui font une carrure équilatérale.


Comme l’armure maladroite d’une jeune femme dont on connaît pourtant la force de caractère. Elle a aussi troqué la coupe au carré de son récent “101” pour une longue chevelure en mode saut du lit. Ça tombe bien, car on entame ce concert par “Strange Weather” et son “wake up slowly...” circonstanciel. Doucement l’intro s’immisce, les cordes s’insinuent, les volts se propagent et la voix de Keren résonne dans la fumée bleutée. (Photo: Keren Ann aux Francos 2011 / Crédit: Alexis Haulot)

Puis, la basse inaugure “It’s a lie” et notre hôte de pousser un “Bonsoir – Bruxelles – Ça va – Ça fait longtemps” en quatre temps et quatre inspirations, d’un ton évasif et mutin. Pas très bavarde, elle clame pourtant “don’t say nothing, I speak for two” (cf. “It Ain’t no Crime”) sur un air rock qui se prolonge avec “Sugar Mama” et offre à ses complices d’enfin se dégourdir les phalanges. Puis le concert perd en intensité, ralentit sur une chanson écrite dans un tour bus et stagne sur “Lay your Head Down” bardé de tralalas. Dans la foulée, “Chelsea Burns” s’ébruite en acoustique et sonne très country-blues, harmonica faisant foi. Le son du theremin, lui, nous effraie un peu...

À ce stade, nous sommes déçus, mais Keren Ann va reprendre ses droits. Décidée à nous remuer, la chanteuse croone un chouilla et se dandine un peu, sans son flingue mais avec “Blood on My Hands”. Les mots de Bashung – pas les meilleurs – s’invitent au micro sur “Je Fume Pour Oublier Que Tu Bois”... Et finalement, la salle se lève sous l’élan des plus téméraires pour accueillir des paumes et du talon le dernier single en date de la dame, “My name is trouble”, coincé entre accents Kate Bushiens et phrasé très Donna Summer. Après quelques rallonges, Keren s’égosille une dernière fois à coup de “Bruxelles”, désannonce ses quatre musiciens et termine sur la pointe des pieds. La brune reviendra deux fois, pour un rappel de choix où le sien s’arrêtera d’abord sur le regretté “Not Going Anywhere” et un “Que n’ai-je magistral” dans la langue de Molière. Dernières secousses au volant du “Big Yellow Taxi” emprunté à Joni Mitchell, et ultime tremblements a cappella le temps d’ “It’s Always You”. La classe de l'atterrissage...

Nicolas Capart

09:55 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (0)

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