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21/12/2011

Willem se lâche… tout en retenue

willem.jpgPrismophonic est le troisième album studio de Christophe Willem. On le luit a fait remarquer à plusieurs reprises mais, non, Christophe Willem n’est pas atteint de troubles obsessionnels compulsifs, mieux connus sous l’appellation de TOC. S’il sort ses albums tous les deux ans, avec la régularité d’un métronome, ce n’est que le fruit du hasard. Ou presque. “La dernière fois, j’avais totalement raté mon coup, en plus ” , rigole-t-il. C’est l’enchaînement des choses qui veut ça : un album, une tournée… Je ne calibre pas les choses .”


N’empêche que votre concert à Spa, notamment, vous avait donné envie de partir vers des choses plus dance. Et cette fois-ci ?

“C’est surtout une question de rencontre, en fait. Sur la tournée Caféïne, j’ai travaillé avec Steve Anderson et Sarah DeCourcy. Steve est le réalisateur de cet album et sa – leur manière – d’aborder la musique, leurs arrangements, je me suis retrouvé complètement dedans. Le travail sur cet album est né de la relation qu’on a eue pendant la tournée.”

Vous écrivez pour la première fois sur cet album et semblez en être le premier étonné…

“Absolument. C’est important pour moi, quand je fais un texte en yaourt sur un morceau, que je puisse le faire écouter en français ensuite. Sauf que quand je suis rentré à Paris, personne n’était disponible et donc, au début, je l’ai faite avec une sorte de voix-témoin, avec un texte posé… qui est devenu le texte de L’amour me gagne…”

Votre copine Zaho est plus présente sur cet album que sur le précédent…

“Ah ben nettement, oui. Elle a beaucoup écrit sur cet album. J’aime la manière dont elle travaille, je trouve qu’elle apporte quelque chose de très frais. Dans un album qui est très rythmique, c’est important d’avoir quelqu’un qui est capable de raconter quelque chose, avec très peu de place, parfois.”

Vous arriviez avec des musiques sur lesquelles elle écrivait ?

“La plupart du temps, oui. Mis à part Indélébile, qu’elle a fait avec Phil Grace. Là, elle signe texte et musique.”

Le morceau qui ouvre l’album donne le ton sans effrayer. Vous y avez beaucoup réfléchi ?

“On parle bien de Starlite ? Pour moi, c’était vraiment important parce que cet album parle d’après l’amour. Donc, un truc pas spécialement joyeux… Mais la musique apporte quelque chose de fun, qui permet de trouver la lumière dans des choses un peu obscures. Starlite raconte qu’il faut prendre sa vie en main et y aller… C’est une bonne entrée en matière, parce que c’est vraiment moi, le côté disco qu’on a pu voir dans La nouvelle star . Et tout le reste.”

Falling, qui referme l’album et qui ressemble à un générique de fin, est en anglais…

“Et ce n’est pas un hasard. J’avais envie que sur ce morceau, qui est une sorte d’envolée lyrique, on puisse réfléchir à ce qu’on avait entendu. J’ai signé la mélodie, Sarah de Courcy la musique. Les mots employés dans ce titre sont vraiment poétiques et c’est assez rare que ça me parle à ce point en anglais. Donc, je ne voyais pas l’intérêt d’essayer de mettre ça en français. Aucune chance que ça devienne un single. Et puis, qu’on ne comprenne pas, au premier abord, ça me plaisait. Qu’on ne soit pas focalisé par ce que je raconte, mais qu’on se laisse guider dans ses émotions par la voix, j’aime l’idée.”

Sur Caféïne, vous finissiez par Si je tombais. Là, avec Falling, la chute est définitive ?

“Dans l’histoire de l’album d’avant, je disais en substance que même si je tombais, j’aurais déjà été très heureux de ce qui m’était arrivé. Là, sur Falling, c’est plus un état d’apesanteur. Quelqu’un qui est seul dans un désert et qui flotte… C’est une chute, mais sans fin. Falling, c’est se laisser porter.”

Ce titre fait suite à un autre, Le temps qu’il reste. Vous y pensez déjà ?

“Je suis jeune mais en même temps, il faut avoir la notion de la chance de faire ce qu’on fait. Dans ce métier, on est quand même extrêmement privilégiés. On est quand même dans un contexte économique et social qui est très, très difficile. On ne sait pas de quoi sera fait demain, on n’arrête pas de nous dire que l’euro va mal et en même temps, on nous demande de vivre là où beaucoup se demandent comment survivre. Comme je vous le disais, mon envie, c’est d’essayer de trouver quelque chose de beau dans une période aussi sombre. Pas dans le superficiel, mais au contraire dans les choses les plus basiques.”

Interview > Isabelle Monnart

Christophe Willem, Prismophonic , Sony

15:47 Publié dans Sorties CD | Lien permanent | Commentaires (0)

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