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23/12/2011

Veence Hanao, rappeur organique

veence.jpgLe rappeur bruxellois est de retour avec un second opus ! A voir au Théâtre 140…

Si Veence Hanao est timide et réservé dans la vie de tous les jours ; une fois sur scène, il oublie tout, se livre et partage énormément avec le public. Une facette qui étonne et qui plaît à coup sûr. Après un premier album adulé par la critique et bien accueilli par le public, le rappeur nous revient très bientôt avec un second opus. En attendant son arrivée dans les bacs, Veence Hanao vous en chantera quelques morceaux au Théâtre 140 du 17 au 19 janvier prochain.


Racontez-moi vos débuts…

Je fais de la musique depuis longtemps mais je n'en parlais à personne. Ce que je faisais il y a six ans, c'était encore l'héritage de ce que je faisais en étant adolescent. C'était encore du rap. Je commençais un peu à m'ouvrir en faisant des choses plus spé et plus électro. C'était les débuts de Veence Hanao. La preuve : je faisais des études. Je ne misais pas du tout sur la musique. Je ne pensais pas que j'allais développer ça, que j’allais en faire mon métier.

C’était un hobby à l’époque ?

Oui, clairement. C'était un hobby mais un besoin surtout. Il y avait une urgence aussi. J'avais besoin de raconter des choses, de sortir des choses. Dans la vie, je suis relativement taiseux.

Sur scène, vous devenez quelqu’un d'autre ?

C'est autre chose... Je suis très stressé avant. Une fois que le stress est passé, je perds le contrôle de certains trucs, il y a des choses que j'oublie. Donc les barrières tombent. Quand ce sont des choses que j'ai écrite, que j'ai bien en tête, je suis très à l'aise avec le morceau.

Comment avez-vous vécu l'entre deux albums ?

Pas super bien. La sortie du premier album s'est super bien passée. Mieux que prévu en fait. L'album était très personnel, très sombre, trop spé pour du rap, et trop rap pour la chanson française. On est dans une case d'entre deux. Comme on n’était pas signé, on a tout fait en autoproduction donc les concerts se sont étalés sur deux ans. Ça a entrainé une certaine usure. J'en avais marre de jouer les mêmes morceaux. C'était dur de toujours revivre cette tranche de vie. Cet album est parti d'une rupture amoureuse. A force de tout le temps raconter les mêmes histoires, tu n'arrives pas à en sortir. Donc ce qui à la base m'avait aidé à sortir de là, ça me remettait dedans. J'ai eu un sentiment d'étouffement. J'avais besoin d'arrêter de tourner. J'ai d'abord fait un projet instrumental pour faire une pause dans l'écriture, prendre de la distance par rapport au fait de me raconter moi-même.

De quoi parlez-vous dans cet album-ci ?

Ce sont des morceaux à texte, avec des textes très denses. Ça parle d'un être humain qui raconte ce qu’il voit, ce qui l'étouffe, ce qui l'entoure. Je parle d'une inconscience collective, une folie naissante qui prend de plus en plus de place. Je parle de l'autodestruction qui revient sans cesse, du besoin de détruire pour construire à nouveau.

Sortir du cliché du rappeur, c’est positif ou ça porte préjudice ?

C'est bizarre car les gens disent que c'est bien quand tu ne fais pas partie des clichés mais en même temps ça les perturbe très fort. On perd un peu du public de base. Pour le milieu du rap, je ne fais pas du rap donc on a décidé qu'on faisait une sorte de musique à texte.

Vous présenterez le nouvel album au Théâtre 140…

En fait, c’était prévu il y a longtemps. Je ne savais pas du tout si j'allais réussir à faire un nouvel album. J'ai dit oui sans savoir où j'en serais avec l'album à ce moment là. Je ne savais même pas si j'allais avoir de nouveaux morceaux. C'était surtout l'idée de remonter sur scène.

Comment vont se dérouler ces trois soirées ?

Le live ressemble beaucoup plus à la musique que je fais. C'est un traitement électronique de matière organique. C'est une musique entièrement produite par soft, par machine. J'avais envie que ça reste comme ça sur scène. Je veux capter des regards, je veux une intimité donc le Théâtre 140 s'y prête bien.

 

Maïlys Charlier

Les 17, 18 et 19 janvier au Théâtre 140, 140 avenue Plasky, 1030 Schaerbeek. www.theatre140.be, 02/7339708

 

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