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25/01/2012

The (Black) Keys to success

art_177836.jpgDix piges que la paire décoche les hits, en mode guitare/batterie et sans forcer. Jamais encore le duo ne s'était offert parterre aussi garni sous nos latitudes. Pour inaugurer en bonne et due forme la première d'une belle série de dates à travers le Vieux Continent, plus de huit mille petit(e)s excité(e)s de guitares, blondes, bruns, chauves ou grisonnants, s'étaient en effet empressés vers l'arène anversoise pour fermer les guichets de ce concert inaugural.


À l'instar de ceux que les Black Keys donneront ce mercredi soir au Zénith de Lille, lundi prochain en Italie ou début février Outre-Manche, nombre de gigs de l'European Tour affichent d'ores-et-déjà "complet".

Comme si, après une décennie de rifs électriques endiablés et de baguettes réduites à l'état de copeaux, la conscience populaire avait soudain réalisé toute la grandeur de ces deux bouseux blues-rockeurs du fin fond de l'Ohio. Comme si, enfin, les Keys avaient trouvé la clé...

Dix piges que la paire décoche les hits, en mode guitare/batterie et sans forcer, depuis 2002 et "The Big Come Up"...

Et, d'un coup, la voilà propulsée au rang de groupe "de stade". Moult plumes extatiques et autres critiques encensées n'auront pas eu l'impact du fou dansant de "Lonely Boy", dont le clip vidéo, le gimmick imparable et la chorégraphie dilettante auront suffi à faire basculer Dan Auerbach et Patrick Carney sous les feux de la rampe.

Après les avoir applaudis – sobres, puissants et précis – à l'Ancienne Belgique ou, plus enjoués mais tout aussi taiseux, sous le soleil brûlant de Werchter, nous étions toujours fans mais inquiets de voir ce que la tornade "El Camino" avait fait de nos favoris.

Peu après 21h, nos hôtes prennent place au centre de la scène. Et quelques changements pointent déjà... Deux complices aideront le duo pour plus de décibels et se placent dans l'ombre. Puis, une fois n'est pas coutume, Pat' nous adresse déjà la parole: "C'est notre premier concert depuis longtemps, d'avance pardon si nous sommes un peu rouillés..."

Pourtant, théâtre gargantuesque ou pas, certaines choses rassurent car ne bougent pas. Point de pyrotechnie ou de gyrophare, pas d'effets spéciaux ni d'écran géant... Pour des Black Keys servis en foule, prévoyez seulement de jolies lampes rouges, vertes, turquoises et violettes, quelques flashes lumineux et de grosses ampoules sans teint.

Un Carney arqué façon araignée derrière les fûts, et un Dan qui se dandine derrière sa guitare avec l'entrain d'un hamster dans sa roue. Certes, le redneck d'Akron est rarement grand danseur mais, en l'occurrence, plutôt agile de ses dix doigts.

Et il ne tarde d'ailleurs pas à le prouver, d'abord d'un efficace "Howlin'for You" puis au fil de "Gold on a Ceiling". Trop loin pour apercevoir les grimaces, mêmes ténues, des deux musiciens, nous devons rapidement nous contenter du son qu'au départ on craint mal maîtrisé. Mais, très vite, les courbes sont apprivoisées et le groupe déroule une setlist de rêve. À "Girls on My Mind" répond "I'll Be Your Man", avant l'élégant et tout récent "Little Black Submarines", qu'on ira sans douter retenter.

Après la sérénade, le ton s'échauffe et l'ambiance se réchauffe avec "Next Girl" et plus tard sur "Money Maker". Avant d'entamer la dernière ligne droite pieds au plancher, Auerbach signe de sa jolie voix une version quasi "intimiste" (pas une mince affaire...) de "Ten Cent Pistol".

Pour le final, les tubes s'empilent d'un gentil "Tighten Up" au cinglant "I Got Mine". De l'intervalle, on retiendra surtout la boule à facettes de "Everlasting Light" et un peu moins l'hystérie collective dans les rangs à l'heure du "Lonely Boy". "THE BLACK KEYS" brillent désormais en lettres de lumière au dessus de la scène. Ces deux-là en tous cas ne seront plus jamais seuls.

Nicolas Capart

13:30 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (0)

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