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30/01/2012

Duran Duran durant deux heures

Après quasi deux décennies d’absence, les Anglais étaient dimanche à Forest National. Effervescence dominicale ce week-end sur les hauteurs de la capitale, pour la venue d'une légende des eighties au bunker forestois. Après une séparation de dix-huit ans, Simon Lebon (notre photo) et trois de ses complices du temps jadis – à savoir Nick Rhodes aux claviers, John Taylor à la basse et Roger Taylor derrière la batterie – ont réanimé le monstre Duran Duran et le font marcher sur toutes les grandes villes du Vieux Continent depuis début décembre. Avant cela, le quatuor s'était offert une tournée américaine où les hits en chaîne sortis des cartons ont fait des émules dans chaque arène.

 


Au-delà des palmarès, ce retour aux affaires, les (old) boys de Birmingham le doivent en bonne partie à ce bon Mark Ronson, orfèvre du succès de feue Amy Winehouse, Lilly Allen ou Kaiser Chiefs, pour n'en citer que quelques-uns. Le dandy producteur a en effet signé de sa main experte le dernier disque en date de Duran Duran, le treizième, "All You Need is Now", sorti il y a un an déjà. Depuis, le combo anglais a retrouvé niaque et succès car, même si Forest National ne débordait pas de fanatiques ce dimanche, la place était traversée par quelques très beaux spécimens à tatoos, à cuirs, à crêtes ou à drapeaux, et plusieurs milliers de trentenaires et des poussières déchaînés par le beat.

Ceux-là ont d'ailleurs dû être surpris, ou un rien "pris à froid", en voyant débarquer nos Tellers nationaux sur les planches avant leurs idôles. Nous, ça ne nous a pas déplu d'entendre à nouveau les refrains sautillants de nos minets préférés du BW dont les aventures discographiques devraient connaître un nouveau élan d'ici la fin de l'été. Ce soir-là, la bande à Ben fêtait larme à l'œil le départ de son batteur César vers d'autres horizons musicaux. Et d'aucuns venaient d'Arlon pour les voir jouer en première partie. À 54€ le sésame, et en considérant le prix de l'essence, on se dit que les groupies n'étaient pas forcément là pour ceux que l'on croit.

Puis il y a eu Simon Lebon, son déhanché effervescent, ses mouvements de bras hypnotiques, ses habits de lumières et sa barbe frétillante. Si la foule semblait apprécier le spectacle, nous étions soit trop jeune, soit trop sobre pour en capter l'essence. Mais la fougue du frontman est malgré tout plus agréable à regarder que les images projetées dans son dos. Sur les écrans géants, les visuels s'enchaînent, tous les plus infâmes les uns que les autres, du globe terrestre à la voie lactée en passant par un plan fixe de la surface de l'eau, quelques éclaboussures, des avatars de jeux vidéos (de Second Life pour être précis, ne nous demandez pas pourquoi) ou les danses lascives d'amazones enflammées. Que du chic... On aura aussi eu droit à un joli intervalle "réseaux sociaux" sur un fil très cheesy de mini-saxo, histoire de tweeter "DURANDURAN#LIVE" tous ensemble avec nos smartphones.

Musicalement, ce son new wave et pop se teinte de rock sur le dernier single éponyme, où s’affrontent petits riffs nerveux et claviers sirupeux. Ou plus tard de disco, le temps de “Safe”, boule à facettes comprise. Les tubes, eux, s’enchaînent mais sentent un peu le kitsch et la naphtaline. A l'exception peut-être de "Ordinary World", qui garde un rien de superbe... La reprise du "Relax" de Frankie aurait, elle, eu le mérite de nous faire sourire. Tout comme le surjeu de Lebon. Mais les adeptes auront tendu les bras, extatiques, plus de deux heures durant. Et finalement, c'est le plus important.

Nicolas Capart

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