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04/02/2012

Des baisers en bas de page

paul.jpgPaul McCartney revient avec un surprenant album de reprises, Kisses on the bottom. Facétieux. Voilà le premier mot qui vient à l’esprit quand on pense à Paul McCartney, grand garnement qui fêtera ses 70 ans le 18 juin prochain. Comme un gamin qui aime à jouer avec les mots, il a ainsi extrait de la chanson I’m gonna sit right down and write myself a letter, une petite phrase dont le sens, hors contexte, ne veut pas tout à fait dire la même chose… Et il en a fait le titre de ce nouvel album de reprises : Kisses on the bottom. Ce qui, dans la chanson, est à comprendre comme Des baisers en bas de page. Mais qui veut aussi dire Des baisers sur les fesses...


 

Un disque qui risque d’en surprendre plus d’un, tant il est éloigné de ce que Sir Paul nous a donné à entendre depuis ses débuts. Encore qu’il ait prouvé ces dernières années que tenter d’enfermer ce petit scarabée-là dans une boîte était illusoire. La preuve avec la bande originale d’un ballet, Ocean’s Kingdom, paru l’an dernier.

 

Ces Kisses on the bottom, ce sont quatorze titres, plus jazzy et crooner les uns que les autres. Des titres que l’artiste aime depuis de longues, trop longues années, pour qu’il ne finisse pas par passer à l’acte et à les enregistrer à son tour. Et ça marche. Mieux : c’est d’une délicatesse et d’une rare beauté, qui fait oublier dès les premiers morceaux que McCartney fut un jour un Beatles.

 

Ce qu’il n’a pas oublié, lui, c’est qu’il a quelques amis dans le métier, fidèles, auxquels il a proposé de venir faire de petites apparitions, sur les deux titres originaux : My Valentineet Only Our Hearts.

 

Sur le premier, ce sont les doigts magiques d’Eric Clapton qui courent sur les cordes de la guitare. Sur le second, la voix de Paul se mêle à celle d’un certain Stevie, avec lequel il avait enregistré, voici trente ans, l’inoubliable Ebony and ivory. “Stevie Wonder est venu à Los Angeles en studio. Il a écouté la chanson pendant dix minutes et a de suite tout mémorisé. Il a pris le micro et 20 minutes plus tard, il avait enregistré son solo. Quand vous écoutez, vous vous demandez comment il peut faire ça. C’est un génie, voilà tout”, dit-il humblement. Pourtant, dans le genre génie…

 

Isabelle Monnart

Paul McCartney, Kisses on the bottom, Universal

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