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27/02/2012

AB/BOTA#1: BRNS!

2535218873.jpgCe week-end, Botanique et Ancienne Belgique convolaient le temps d'un festival noir jaune rouge à dix têtes. Vendredi, la bande BRNS nous a soufflé. Qu'il est difficile pour un artiste, aussi déterminé et talentueux soit-il, de rendre la critique unanime au plat pays de la culture. Car si d'aucuns, peu nombreux, parviennent à séduire par-dessus et dessous la barrière des langues et Bruxelles, pour la majorité d'entre-eux réussir tel exploit n'est pas une mince affaire. Par conséquent, à défaut de coup de pouce, une légère poussée dans le dos s'impose parfois, histoire de délocaliser les notes.


Le 9 février dernier par exemple, quand Pure et Studio Brussel, les deux radios dites jeunes de notre service public, décidaient de chevaucher la bande FM en tandem et sur un mode bilingue propice aux découvertes sans frontière (linguistique). Ou quand, comme ce week-end, les centres culturels francophone et flamand unissaient leurs forces pour leur traditionnel festival AB/Bota. Le sixième du nom proposait deux soirées de concerts au public de la capitale (Crédits: Céline Dejoie).

La seconde avait lieu samedi, côté Jardin, et déroulait le tapis rouge pour Customs, Love Like Birds, Birds That Change Color, les Liégeois Dan San dont on ne cesse d'entendre parler depuis leur récent "Domino", et la paire Zoft dont les assauts résonnaient toujours dans notre boîte crânienne depuis leur passage à Propulse. Mais c'est surtout le line-up de la première, organisée la veille dans l'antre du Boulevard Anspach, qui avait attiré nos écoutilles gourmandes.

Les hostilités mélodiques étaient entamées dans le Club dès 19h, au son de la voix et du folk sucré de l'Italienne Elisabetta Spada, plus connue sous le nom de Kiss&Drive, lauréate en 2010 du Concours Circuit. Un petit bout de femme aux yeux pétillants qui "effervesce" comme un Dafalgan depuis la sortie de "My Mood Changes" et qui, une fois de plus, a séduit en catimini.

La grande salle de l'AB était, elle, squattée par les poulains du nord (le brassage populaire des communautés aurait-il ici atteint ses limites?) et voyait Cape Coast Radio passer le relais à leurs camarades de classe School is Cool. Ces derniers remportaient l'Humo's Rock Rally en 2010 et collectionnent depuis les compliments de nos confrères flamands, dont certains comparent les Anversois à Arcade Fire. Un pas que nous ne franchirons pas, malgré la qualité de leurs instrumentations baroques.

C'est en haut, et plus tôt, que la magie opère... D'un Club débordant comme une rue commerçante le dernier jour des soldes s'échappent les incantations tribales de BRNS, génial quatuor de bidouilleurs-rockeurs. Quelques bousculades légitimes plus tard, nous plantons nos pieds devant l'estrade, mirettes et oreilles grandes ouvertes. Ce n'est pas la première fois que nous croisons les Bruxellois, ni d'ailleurs que leur musique nous plaît. Mais à chaque rencontre, nos hôtes gagnent en intensité. La faute, sans doute, à cette double section rythmique dynamitée par César Laloux – transfuge des Tellers – et le leader Tim "Clijsters" Philippe, dont les grimaces hendrixiennes sont à la mesure de la puissance de frappe et du chant extatique. Mais, ô cruauté, il faudra patienter jusqu'avril pour s'abreuver de leurs tracks galopantes sur disque. "Des groupes comme ça, ça n'arrive qu'une fois tous les dix ans" soufflait-on au bar après leur prestation. À ce genre de rumeur, on ne peut que donner raison.

Ne restait, en bout de course, qu'à dégoupiller la grenade Hoquets. Le trio bruxellois d'adoption – accompagné pour la peine par Arrington de Dionyso au saxo (Old Time Relijun, NdlR.) – n'aura d'ailleurs pas failli à sa réputation, retournant l'étage armé de ses brûlots rock folkloriques, de ses drôles de percus bricolées et de l'incroyable Fender-poëlon électrique. On apercevra même, dans un coin de la salle, miss Kiss&Drive remuant sur la chorégraphie de "Chaud Boulet". Une Italienne qui danse au son d'un Belge, d'un Français et d'un Américain à la gloire d'un met liégeois... C'est ça aussi, l'AB/Bota.

Nicolas Capart

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