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16/03/2012

“Nous ne voulons pas être des pop stars”

the_ting_tings_1289323.jpgLes Ting Tings sortent un deuxième album, trois ans après avoir vendu des millions d’albums et de singles. S’ils sont désormais tous les deux blonds, Katie White et Jules De Martino ne tombent pas dans les stéréotypes qu’on leur a pourtant collés à la peau. Les deux Anglais qui ont formé les Ting Tings un peu par hasard et sans ambition particulière ont gambergé pour donner une suite à We Started Nothing et à That’s not My Name, le single qui a appuyé leur renommée mais dont ils ne veulent surtout pas faire une marque de fabrique.


Lors de notre dernière rencontre, en août 2009, les Ting Tings nous avaient dit avoir plein de matériel sur leurs laptops et téléphones portables, matos qu’ils allaient exploiter en octobre à Berlin. Mais ce n’est que trois ans plus tard que le résultat sera disponible. Une éternité.

“Je pense que personne et certainement pas nous n’avions pu anticiper notre succès, raconte Katie White. Chaque pays nous a découverts à un moment différent. On a commencé en Angleterre puis six mois plus tard le Japon nous a découverts. Puis les States. Nous avons alors tourné longtemps dans les endroits qui nous réclamaient. Puis nous sommes partis neuf mois à Berlin et nous avons recueilli trop d’opinions sur un album encore en gestation (les chansons n’étaient pas encore finies et les gens de leur label qui venaient troubler leur sérénité à Berlin ne pouvaient pas cacher leur enthousiasme, NdlR). Et je n’attaque pas ces gens, ils ont fait ce qu’ils pensaient devoir faire mais sur le premier album c’était simplement moi et Jules qui décidions de ce que nous voulions mettre, faire. Et là nous avions vingt personnes qui venaient nous voir et disaient ce qu’elles pensaient. À la fin, nous ne savions plus faire la part des choses, on ne savait plus ce qu’on pensait. Si quelqu’un nous disait qu’il aimait cette chanson, à la fin tu ne savais plus si toi tu l’aimais ou si c’était parce que quelqu’un t’avait dit qu’elle était bonne. On avait perdu notre propre opinion. La seule chose à faire était d’effacer les chansons pour lesquelles nous avions perdu notre opinion. On a alors décidé d’aller dans le sud de l’Espagne. On s’est isolés du m onde. Et nous avons composé nos chansons, celles que nous aimons vraiment, que nous allons porter et diffuser dans le monde. Celles que nous aimons passionnément. Nous avions à nouveau quelque chose à dire.”

Une décision courageuse et salvatrice pour ce duo qui veut avant tout garder le contrôle sur ce qu’il fait. Vous évoquez les Beastie Boys, les Spice Girls ou AC/DC comme influences…

Jules De Martino : “Nous sommes fascinés par les choses qui se sont passées dans le passé en culture. Cela peut être le hip-hop actuel ou dans les années 50 Nancy Sinatra. Quand t’écoutes une chanson, tu la rapportes directement à une période. Et pour cette décennie-ci, c’est très difficile de savoir ce qui en compose le son le plus évident. Il y a deux ans, on était replongé dans les 80. Maintenant, on écoute des trucs sur nos laptops, MP3,... Le temps des CD est en train d’être dépassé, même si les gens ont du mal à l’admettre. Si vous prenez des rock stars, comme les Kings of Leon et qu’ils vous font un rap, toutes les critiques vont leur tomber dessus. Les mecs qui font du hip-hop ont le droit de faire du rock, de la soul, du gospel. Tout. C’est le seul genre de musique qui peut puiser où il veut. Personne ne s’en plaint. Donc quand nous on nous dit que telle chanson ressemble à du Nancy Sinatra, aux Beastie Boys ou aux Spice Grils, je ne vois pas le problème. C’est toujours nous deux dans un studio à faire les voix, la batterie, à délivrer cette énergie.”

La célébrité peut faire peur ?

KW : “On nous met sur le même tapis rouge que Katy Perry et, je ne sais pas, Lady Gaga, je ne sais pas pourquoi. Je suis bien plus timide et réservée. Mets-moi dans un studio une semaine et je serai heureuse. Ces grosses machines pop, c’est à 90 % centrée sur l’image. Je ne me sens pas faisant partie de ce monde. Je pense que les nanas qui se mettent en bikini sur scène ont tort. Elles utilisent juste le sexe.”
JDM : “Nous ne voulons pas être pop stars. Nous avons adoré avoir des chansons jouées partout. Quand elles sont reprises par la foule, cela donne une sensation incroyable. Nous ne croyons pas que c’est mal de faire des tubes. On a rencontré Rihanna qui est une charmante fille. Et ce qu’elle fait, elle le fait très bien. Ses vêtements, sa sexualité. Cela n’a rien de mal. Parfois, quand nous faisons des interviews, surtout télé, les gens de notre label attendent que Katie fasse ceci ou cela, comme ça on vendra plus de disques. La publicité, la célébrité, ça fait vendre. Il y a plein de gens qui vendent des centaines de milliers d’albums basés sur le fait que leur petit ami les a frappés en plein visage ou des choses comme ça.”

B. Vt

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