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19/03/2012

Sioen: le coup de point

sioen.jpgLe Gantois sort un sixième album à son image : plus ouvert, joyeux et extraverti. Sur la pochette d’un album épuré et en noir et blanc, un point rouge après Sioen saute aux yeux. Ainsi, le Gantois a voulu souligner le fait que le nom de son nouvel album est Sioen. , à prononcer Sioen point.


“Quand j’écoute mon album, je trouve que chaque morceau a son identité, explique Frédérik Sioen. La musique accroche plus avec ma personnalité. C’est un chemin. Je suis prêt à m’ouvrir.”

Le Belge ne s’est pas précipité pour écrire et finaliser ce sixième album, fruit d’un long effort et concentré d’une intense réflexion. “J’étais à la recherche de ma personnalité et de mon identité. Je ne voulais pas rester centré sur moi-même. Quand tu dois te décrire à quelqu’un, cela ne va pas être 100 % juste aux yeux de l’autre. Après le projet sud-africain (NdlR : invité par Oxfam pour produire un projet, appelé Calling Up Soweto, incluant des artistes de Johannesburg en 2007, il tombe amoureux du pays et de ses habitants), je devais écrire tellement de chansons pour savoir ce que je voulais mettre sur l’album, ce que je voulais raconter, ce que je voulais jouer live.”

Et quand celui qui passe pour le gendre idéal en Flandres dit “tellement”, c’est beaucoup. “J’ai écrit soixante chansons. Que j’ai enregistrées, parfois dans dix versions différentes. Un choix aussi parce que je voulais vraiment enregistrer tout ce que j’avais écrit. Et j’ai travaillé avec d’autres artistes à Berlin, Hambourg, Stockholm. J’ai travaillé avec des gens que je ne connaissais pas pour m’ouvrir. C’est un miroir. Tu fais connaissance avec toi-même quand tu travailles avec des gens que tu découvres. Mes soixante démos étaient une base pour me présenter aux autres. Par exemple, à Peter Kvint qui a bossé pour Britney Spears.”

Un choix intrigant pour le Belge qui, auparavant, déversait une certaine mélancolie, les touches de son piano au bout des doigts. “Peter Kvint a la capacité de pousser la personnalité de quelqu’un. Quand il travaille avec Metallica, ça va être plus Metallica qu’avant. C’est un mec très ouvert. J’ai appris beaucoup de lui.”

Le Suédois est intervenu comme mixeur mais aussi un peu comme producteur ? “Au début, j’ai travaillé sur I’m not Ready to love you like I do. Ça a cliqué entre nos personnalités. On a fait la fête ensemble, j’ai été dans sa famille. Après ça, je lui ai demandé de faire le mixage. Sa profession, c’est écrire des morceaux pour les autres. Eskobar, avec Someone new, c’est lui qui a créé le morceau, par exemple. J’ai créé les morceaux avec plein de gens, une dizaine de personnes différentes.”

Dont le guitariste Frédérik Segers. “C’était un projet magique avec Frédérik, un de mes meilleurs amis dans la musique. Il est très critique. Il y a eu un échange entre nous, suite à quoi j’ai changé des choses. On a déjà fait tous les arrangements nous-mêmes avant de demander aux musiciens de les interpréter. Ils ont en plus ajouté leur expérience, leur groove. Les musiciens ont été surpris. Cet album est plus accessible au public, du moins l’esprit. Mais c’est aussi un album que tu peux aimer comme musicien.”

Frédérik Sioen a Damon Albarn comme modèle. “C’est mon héros. Comme lui, je veux faire plein de choses. De la musique de film, des productions pour le théâtre.” Ou des albums aussi réussis comme ce Sioen.

Basile Vellut

Sioen, Sioen. (Kabron)

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