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08/04/2012

“Je ne me suis pas laissé faire”

Bourgeois1.jpgPour son deuxième album, Sans amour, mon amour, Amandine Bourgeois a plus écouté ses envies. Difficile de parler d’Amandine Bourgeois sans évoquer sa victoire à La Nouvelle Star. Et pourtant, depuis quatre ans, de l’eau a coulé sous les ponts et la chanteuse de 32 ans sort déjà son deuxième album. Un opus plus moderne, très actuel, aux notes très anglo-saxonnes n’allant pas sans rappeler une certaine Amy Winehouse. Rencontre avec une artiste sympathique qui ne joue pas les langues de bois. Ouf !


Pour ce deuxième album, vous avez eu l’occasion de prendre votre temps…

 

“C’est important de prendre son temps pour la création. Il y a certains artistes qui mettent 4 ou 5 ans pour faire un album ! Finalement, j’ai été vite. Mais la création, c’est long, il faut digérer, prendre du recul. Il y a de nombreuses rencontres, nous avons travaillé en équipe.”

 

Vous avez enregistré dans plusieurs studios en Angleterre. L’album a une touche très anglo-saxonne !

 

“Oui, je recherchais vraiment ce son de la soul british. Je voulais la soul des années 60 et le rock des années 70. Même à La Nouvelle Star, on m’avait découverte avec des reprises de ce genre. Ma culture, c’est la soul. Mais à la sortie de La Nouvelle Star, il a fallu aller très vite pour sortir un album. Moi, je me cherchais, j’avais besoin d’explorer des choses. Il fallait faire un album en français. Je n’avais pas le temps de trouver les chansons que je voulais vraiment.”

 

Pour un premier album, ce n’est pas frustrant de devoir le sortir si vite, sans le peaufiner ?

 

“Oui, un peu car j’ai senti que je ne maîtrisais pas encore tout. Je déboulais de ma province. En trois mois, on devient surmédiatisée, on fait un album mais je ne connaissais pas les codes de ce métier-là. Je débarquais là-dedans sans tout comprendre. J’étais un peu perdue. Par contre, sur ce deuxième album, je ne me suis pas laissé faire. On ne pouvait plus trop m’embrouiller grâce au premier qui a été un album d’apprentissage. Même si j’en suis contente et que je n’aurais pas pu faire autre chose que ce que j’ai fait à ce moment-là. De toute façon, un album est toujours le brouillon de l’album d’après !”

 

Vous êtes auteur-compositeur. N’était-ce pas difficile de laisser la plume à quelqu’un d’autre ?

 

“Cela n’a pas été très difficile car je me considère plus comme une chanteuse interprète. Je compose des mélodies mais évidemment, face à un Boris Bergman, je me suis dit bon, c’est un peu la classe lui ! J’étais avec des gens de grand talent qui ont déjà fait leurs preuves, donc j’ai beaucoup appris d’eux.”

 

Ressentez-vous plus ou moins de pression qu’à la sortie de votre premier album ?

 

“Pour moi, c’est un peu pareil. Peut-être plus car je ne bénéficie plus de la médiatisation de La Nouvelle Star. C’est marrant car à la même époque, pour un album que je trouve moins abouti, j’étais déjà cinquième des ventes. Je passais sur toutes les radios en France. Là, non, je galère ! J’ai du mal à passer en radio, cela ne décolle pas vraiment. Et la presse française s’intéresse peu à moi.”

 

Cela vous déçoit ?

 

“Oui, je suis un peu déçue de me rendre compte qu’on ne vend pas toujours un album en fonction du contenu artistique et de la qualité. J’ai l’impression que les médias s’intéressent au côté spectaculaire. Peut-être que si je couchais avec untel et que je faisais la couverture des magazines people, cela irait mieux ! Mais bon, je suis en paix avec moi-même, je suis contente de cet album. Je suis fière de ce que j’ai fait. Et les fans avec qui je suis en contact sont très positifs. J’ai de bons retours.”

 

Un titre de l’album est en anglais. Aimeriez-vous faire un album entier dans la langue de Shakespeare ?

 

“Oui, ce serait bien ! Là, nous avons voulu relever le défi de faire de la soul-rock en français. Ce n’est pas évident. J’aime les textes en français. Les plus belles chansons d’amour sont en français ! L’album en anglais, j’aimerais beaucoup mais pas dans l’esprit de faire un album en anglais pour faire un album. Il faut que ce soit des rencontres, des auteurs anglais qui me touchent. Je ne veux pas forcer le truc. Mais je prends beaucoup de plaisir à chanter en anglais.”

 

Interview < Sophie Lagesse

Amandine Bourgeois, Sans amour, mon amour (Sony)

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