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09/05/2012

La délicatesse de Petula

petula.jpegLe 15 novembre, Petula Clark aura 80 ans. On lui en donne à peine la moitié… C’est à Paris, où elle a enregistré son dernier album en français, Petula, et où elle séjourne brièvement que l’on cueille la chanteuse. À 14h30 tapantes, elle est au bout du fil, enjouée, son délicieux accent en bandoulière. L’occasion d’une conversation en toute simplicité avec une artiste qui a su garder intacte l’étincelle de ses débuts.


Qu’est-ce qui vous a donné l’envie de retourner en studio, dans cette ambiance que vous connaissez si bien ?

 

“Je tourne beaucoup, je chante dans le monde entier. D’ailleurs, là, je viens de rentrer d’Australie… On m’avait demandé de me produire en France. J’en avais très envie mais par contre, je ne voulais pas chanter que des vieilles chansons. J’avais envie de nouveauté. Et pour ça, il fallait trouver les auteurs. Ensuite, il a fallu les enregistrer. Ça a été un peu compliqué parce que, je voyage énormément, et que j’enregistrais également un disque en anglais… D’ailleurs, mon producteur vient de me sermonner en me demandant si ça allait durer longtemps et quand je comptais rentrer !”

 

Sur votre album, on retrouve de jeunes artistes comme Mani, Joyce Jonathan, Ben l’Oncle Soul. Comment vous tenez-vous au courant de cette jeune scène-là ?

 

“Je viens de temps en temps à Paris, j’ai des amis ici. Je viens en touriste. Je regarde la télévision et c’est là que j’ai découvert Ben l’Oncle Soul et je l’ai trouvé merveilleux. Mani, je l’ai rencontré au Studio, à Paris, alors que j’étais en train de vaguement choisir mes chansons. Il était adorable, j’ai entendu sa voix et je l’ai trouvée magnifique. Avec Joyce, par contre, on n’était pas ensemble au studio.”

 

S’il y a des chansons plus rythmées, il se dégage beaucoup de délicatesse de Petula…

 

“Il y a certaines chansons qui doivent êtres plus poussées et certaines qui doivent être plus délicates, c’est vrai. Mais je ne pense pas trop à tout ça : je suis une chanteuse, une interprète. On me donne une chanson, je l’aime ou pas. Si je ne l’aime pas, je ne l’enregistre pas… Ce qui est épatant, c’est que je peux m’exprimer différemment dans chaque chanson. Après tout, je suis aussi une femme et j’ai des facettes différentes.”

 

Dans une interview qui date d’un an ou deux, vous disiez, à propos des années 60, que vous étiez une usine à faire des disques…

 

“J’ai dit ça, moi ? J’étais partout à la fois. J’avais déjà une grande carrière en France, je chantais dans tous les pays francophones. Quand Downtown est sorti aux USA, j’étais au Canada. J’avais deux enfants, j’essayais d’avoir une vie privée, je vivais à Genève et j’enregistrais partout en français, en italien, un peu en allemand. Avec le succès aux États-Unis, je me suis mise à réenregistrer des titres à Los Angeles, New York ou Las Vegas où je me suis beaucoup produite. Donc, oui, c’était un peu l’usine. Même si ce n’est pas un très joli mot.”

 

Vous reprenez aussi un titre d’Adamo. C’est une vieille histoire avec lui ?

 

“Oui, on se connaît depuis très longtemps même si on ne se voit pas beaucoup ces dernières années. Mais c’est toujours une joie fantastique de le croiser. Il ne change pas. Je n’avais, là encore, pas l’intention d’enregistrer un titre d’Adamo et puis on m’a fait écouter La vie comme elle passe. Il la chante tout à fait autrement, mais j’ai entendu quelque chose dans cette chanson qui me plaisait. L’idée. J’ai fini mon spectacle au Casino de Paris avec ce titre.”

 

Interview > Isabelle Monnart

Petula Clark, Petula, Sony

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