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13/05/2012

Retour dans leur étrange pays

keane_2012.jpegTom, Tim et Hughes ont grandi; Jesse les a rejoints. Strangeland, leur bébé, vient de sortir. Dans le couloir de la maison de disques où se déroulent les interviews, le temps d’un break, Tom Chaplin fait des vocalises. C’est plus fort que lui, faut qu’il chante. Du reste, après une journée passée à parler, en boucle, du dernier album de son groupe, Keane, le garçon peut légitimement avoir envie de se détendre les cordes vocales…Visage rond et yeux rieurs, il ne fait définitivement pas ses 33 ans. Pas plus que Richard Hugues, ses 36. Encore que…


Où se trouve-t-il, cet étrange pays qui donne son nom à votre nouvel album ?

 

Tom : “Il est partout autour de nous. Et, émotionnellement, tout au fond de nous. Dans nos histoires, en tant qu’êtres humains. Le titre vient d’une chanson que Tim (Rice-Oxley, le principal compositeur du groupe, NdlR) avait écrite il y a quelques années et qui racontait un voyage, fait d’espoirs, d’aspirations et de cette impression que l’on a, parfois, que l’on est invincible. Et puis le voyage prend un tour complètement différent et imprévu. Parfois c’est agréable, parfois, pas du tout. On s’est dit que ça convenait bien à ce qu’on racontait, dans l’ensemble, dans cet album. Même si, au final, la chanson ne le faisait pas !”

 

Strangeland sonne un peu comme Wonderland. Au final, le voyage peut donc être merveilleux ?

 

Richard : “Il peut l’être, oui… C’est parfois tentant de simplifier les choses de la vie, de les diviser en bonnes ou mauvaises, noires ou blanches. Mais néanmoins, ce qu’on tenait à dire dans cet album, c’est qu’il y a des hauts et des bas… Wonderland, le pays des merveilles que vous évoquez, doit faire partie de tout ça. Il y a des chansons pleines d’énergie, comme On the road, qu’on peut classer dans cette zone-là. Et puis, il y a des titres comme Sea Fog qui parlent de… dépression ! Cet album dit aussi que le monde n’est peut-être pas aussi rigolo et simple qu’on l’imagine quand on est môme.”

 

Tom : “Vous savez, j’ai été très fâché contre moi, pour certaines conneries que j’ai faites (son addiction à l’alcool et autres substances, NdlR), j’ai été très énervé qu’il y ait parfois des tensions dans le groupe, des incompréhensions. Et puis, en vieillissant, vous vous rendez compte que tout ça fait simplement partie de la vie. Les hommes sont pleins de fragilités et ce sens de l’empathie, nous tenions à ce qu’il soit là sur le disque. Si c’est un album qui parle du passé et du présent, c’est surtout un album qui tend à aider à comprendre le futur.”

 

Avez-vous l’impression d’avoir tellement grandi depuis le dernier album ? N’auriez-vous pas pu écrire celui-ci plus tôt ?

 

Richard : “Non, je suis certain qu’on n’aurait pas pu faire cet album plus tôt. Il n’aurait absolument pas sonné comme il le fait aujourd’hui. Nous avons gagné en maturité…”Tom : “Quand vous êtes jeunes, vous pensez que vous savez tout. Et puis vous vous rendez compte que ce n’est pas le cas. Du tout. Et j’espère que ça nous a rendus un peu plus humbles, au passage ! Mais le succès peut être un tel aphrodisiaque… Certaines personnes seraient prêtes à tout pour ça.”

 

 

 

Vous êtes attentifs à ce que vos albums suivent un fil, du premier au dernier morceau…

 

Richard : “Oui. Nous savons bien que certaines personnes achètent un morceau par-ci par-là et ça nous va très bien. Mais nous concevons un album comme quelque chose de construit. Sans doute parce que nous sommes vraiment passionnés par ce que nous faisons !”

 

Interview > Isabelle Monnart

Keane, Strangeland, Universal

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