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11/07/2012

“Je n’ai jamais fait partie de la majorité”

emeli.jpegNouvelle voix soul, Emeli Sandé a d’abord servi les autres par sa plume… Sa voix soul et ses mots résonnent dans le monde de la pop depuis un petit temps déjà. Mais son nom n’y était pas forcément associé. Après un Heaven un rien électronique l’été dernier, Emeli Sandé a proposé ses services à Professor Green pour un Read All About It synonyme de carton Hip-hop. Enfin l’Écossaise sortait de l’ombre de sa plume.


Car avant d’en arriver à la publication d’un premier album solo, Our Version of Events (dont l’extrait Next To Me a tourné en boucle ces derniers mois), Emeli a prêté ses talents d’écriture à Susan Boyle et Tinie Tempah, entre autres. Un tremplin, qu’elle ne compte pas abandonner (pour l’instant) au profit d’un succès plus personnel…

 

Les gens commencent à vous reconnaître dans la rue, même ici en Belgique…

 

“Oui ! À Bruxelles, on cherchait à se situer sur une carte et une voiture s’est arrêtée à notre hauteur en disant : Emeli, on va te montrer où tu es ! Et c’était un couple âgé.”

 

Vos fans ne vous poursuivent pas encore dans la rue ?

 

“Non, mais une fois il m’est arrivé un truc bizarre. C’était il y a déjà quelques années, je donnais un concert à Bristol. Une jeune femme m’a demandé de lui signer un autographe sur le bras. Plus tard, elle m’a envoyé une photo de son bras sur mon compte Twitter : elle avait transformé mon autographe en tatouage ! Et c’était énorme !”

 

Vous-même avez un tatouage de Frida Kahlo sur le bras…

 

“Oui parce que je l’adore. Je pense qu’elle est libre, dans son art et dans ses autoportraits, la façon dont elle se voit. Elle voyait tout : ses défauts, son côté obscur. Quand j’ai fait tatouer son portrait, c’est quand j’ai réellement pris la décision que je serais chanteuse, pas médecin. Ça me rappelle sans cesse d’être honnête avec qui vous êtes réellement.”

 

Vous dites ne jamais vous être sentie comme les autres…

 

“Oui, je n’ai jamais fait partie de la majorité. Et je suis ok avec ça. J’ai grandi en Écosse, j’étais la seule black, la seule à avoir une famille mixte dans le village. Personne n’écoutait la même musique que moi. J’étais très timide, je ne faisais pas partie des gens cool. Et je suis contente qu’aujourd’hui dans mon public les gens se retrouvent dans cette attitude-là. Moi, j’aime les artistes très différents, comme Nicky Minaj.”

 

Vous aviez l’habitude d’écrire pour les autres. Quand avez-vous découvert que votre voix aussi avait du potentiel ?

 

“Je suis un peu tombée dans l’écriture de chansons par hasard. Je suis allée à Londres, on m’a repérée comme auteur alors que j’étais en train d’essayer de travailler sur mes propres chansons. C’est quand j’ai publié Heaven que j’ai senti une ouverture, que c’était une bonne introduction de qui j’étais.”

 

Vous n’avez pas, à un moment, préféré rester dans l’ombre d’autres chanteurs ?

 

“Oui, il y a eu des moments où c’était très difficile de convaincre les gens de l’industrie comme une artiste. On me disait : tu es une très bonne auteure, continue, fais-toi de l’argent et relax ! C’est très chouette comme vie. Vous traînez dans les studios, rencontrez plein de gens, gagnez leur respect. Mais j’ai préféré m’exposer et laisser les autres juger. Certaines chansons que j’écris, je suis la seule à pouvoir les chanter, je ne veux pas les donner.”

 

Interview > Charlotte Vanbever
Emeli Sandé, Our Version of Events, EMI

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