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13/07/2012

Son dernier adieu à Amy

amy.jpgMitch Winehouse consacre un livre à sa fille. Les bénéfices iront à une fondation. “Je me suis récemment fait cette réflexion : l’album qui s’est le mieux vendu en Angleterre au XXIe siècle parle du pire salaud que la terre ait porté. Ironique, non ?” Mitch Winehouse ne mâche pas ses mots quand il s’agit d’évoquer, dans le livre qu’il vient de consacrer à sa fille, Blake Fielder-Civil. Pour lui, c’est clair : l’éphémère mari d’Amy a été son pire cauchemar. Celui par lequel tous ses malheurs sont arrivés.


Car si jusque-là , la chanteuse avait souffert – pour preuve son premier album, Frank, qui évoquait ses peines de cœur –, la descente aux enfers va véritablement commencer lors de sa rencontre avec Blake. Du cannabis, Amy Winehouse passe au crack et à l’héroïne. Elle boit, de plus en plus, pour noyer son trac, son chagrin, ses doutes, son manque de confiance en elle. Elle sombre et de la noirceur des abîmes qu’elle côtoie elle extrait un album paradoxalement lumineux : Back to black. Le fameux album qu’évoque Mitch, à la page 98 du livre qu’il vient de publier.

 

Comme s’il lui avait fallu tout ce temps, à lui aussi, pour encaisser la réalité et toutes ces pages, surtout, pour que l’on comprenne qu’Amy n’était pas cette pochtronne incapable de tenir sur ses fragiles gambettes, un soir de concert tragique à Belgrade…

 

Mitch raconte l’enfance, plutôt paisible d’Amy. Ses tours de petite fille, son amour de la musique et de la chanson. Ses colères, sa différence et son QI élevé qui l’amène à s’ennuyer ferme à l’école. Dont elle change assez souvent, n’y trouvant pas ce qu’elle y cherche. Papa Winehouse évoque aussi son divorce, dont il n’a mesuré que bien plus tard, au détour des paroles d’une chanson de sa fille, qu’il avait bouleversé la vie d’Amy et, qui sait, son rapport aux hommes.

 

De petits jobs en petits concerts, la chrysalide se transforme et l’artiste se fabrique. Les photos qui illustrent cette biographie que Mitch aurait préféré ne jamais écrire – comme il le dit dans l’avant-propos, jurant qu’il songeait à un livre sur sa famille au sens large, au moment du drame – montrent une petite fille souriante, puis une jeune femme à la beauté troublante dont le corps, peu à peu, s’illustre de pans de vie. Ainsi ce tatouage annonçant Daddy’s girl – la fille à son papa – sur le haut de son bras…

 

Un père très présent. Trop peut-être, aux yeux de certains, et qui, pourtant, n’a pas voulu croire, ou alors trop tard, que sa fille filait vraiment un mauvais coton. C’est lui, toutefois, qui tentera de faire entrer Amy et Blake en cure de désintoxication, en vain (d’où cette phrase de Rehab, “They try to make go to rehab and I say no, no, no”). L’âme damnée d’Amy ira même jusqu’à dire au père de celle-ci : “J’accompagne Amy sur l’île d’Osea pour son bien, mais moi, je n’ai aucune intention de décrocher, ça me plaît d’être toxico.” Sonné par un tel cynisme, Mitch Winehouse consignera le jour même cette phrase dans son journal… Comme beaucoup d’autres, qu’il exhume aujourd’hui avec le cœur gros et beaucoup, beaucoup de tendresse.

 

Isabelle Monnart
Mitch Winehouse, Amy, ma fille, Flammarion

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